『Comment peut-on mourir de soif au Soudan?』のカバーアート

Comment peut-on mourir de soif au Soudan?

Comment peut-on mourir de soif au Soudan?

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る

今ならプレミアムプランが3カ月 月額99円

2026年5月12日まで。4か月目以降は月額1,500円で自動更新します。

概要

La question de l'eau est centrale est dans la guerre civile soudanaise, déclenchée il y a tout juste trois ans. L'eau est une arme de guerre, aggravée par la crise climatique. On meurt de soif au Soudan, et l'énoncé de cette phrase peut paraître inconcevable, nous ramenant à l'injustice la plus cruelle de l'humanité, dans l'un des guerres les plus cruelles de la planète – une guerre civile qui a éclaté il y a tout juste trois ans, le 15 avril 2023. La question de l’eau est centrale dans ce conflit qui a provoqué des dizaines de milliers de morts, et plus d’une dizaine de millions de personnes déplacées. En novembre dernier, quand les paramilitaires s’emparent d’El-Fasher, la grande ville du Darfour, des milliers et des milliers d’habitant s’enfuient et prennent la route pour rejoindre, ou tenter de rejoindre, la ville de Tawila. « Il fallait traverser cette immensité, marcher pendant 70 kilomètres sans accès à l'eau pour des personnes qui étaient extrêmement dénutries. Les gens qui ont pu arriver ont rapporté qu'ils ont dû abandonner familles et amis sur la route, parce qu'eux-mêmes ne pouvaient pas les porter. Ils étaient trop faibles et ils en sont morts », raconte Amande Bazerolle, responsable des opérations d'urgence de l'ONG Médecins sans frontières au Soudan. Morts, viols et maladies L'eau est aussi une arme de guerre au Soudan. Des infrastructures ont été bombardées, souvent de manière volontaire. Le manque d'électricité empêche aussi les pompes de fonctionner. Dans certaines régions, selon l'Unicef, plus de la moitié des systèmes d'eau sont hors service. Et quand il y a de l'eau disponible, il faut souvent marcher des kilomètres pour aller la chercher, au risque de se faire violer. « Ce sont très souvent les femmes ou les enfants qui ont la charge d'aller chercher de l'eau et qui sont extrêmement exposés et vulnérables, souligne Amande Bazerolle. Dans cette guerre, on a aussi vu que le viol a été utilisé comme une arme de guerre pour faire plier la société soudanaise. Certaines ethnies sont ciblées et sont donc les plus exposées de manière quotidienne à ces risques de viol ». Le manque d'eau entraine aussi des maladies. Des épidémies de choléra, notamment, ont tué des milliers de personnes. La crise de l'eau aggrave la crise humanitaire. Certains en sont réduits à boire l’eau du Nil. « Avec mon petit frère, on ramène tous les jours deux gros seaux et trois petits. Ce n’est pas assez, mais on se débrouille. On s’en sert pour cuisiner, se laver et boire. L’eau est sale, elle nous rend malades, mais on n’a pas le choix », témoignait une petite fille de la banlieue de Khartoum, Iman Abdallah, au micro de l’envoyée spéciale de RFI Gaëlle Laleix. La crise climatique aggrave la crise humanitaire La guerre au Soudan a en fait aggravé une situation déjà dramatique. Avant le conflit, on estimait qu'un Soudanais sur trois n'avait pas accès à l'eau potable, et le changement climatique n'arrange rien, avec une aggravation des phénomènes extrêmes, de graves inondations en saison des pluies, et des sécheresses plus intenses qu'avant. « Dès que la saison des pluies arrive, elles sont très intenses et ont tendance à dégrader et à éroder les terrains avec le risque d'abimer les cultures, explique Amande Bazerolle de MSF. Aujourd'hui, on voit que les précipitations se sont réduites ces dernières années. La saison des pluies n'apporte plus autant d'eau qu'avant, ce qui pèse évidemment sur les nappes phréatiques pour le reste de l'année pour les populations ». Le Soudan endure à la fois une crise climatique, une crise humanitaire et une crise de l'eau. Même dans un pays traversé par l'un des plus grands fleuves au monde, on peut manquer d'eau, et en mourir.
まだレビューはありません