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Comment les pollutions sonores et lumineuses affectent-elles le vivant?

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概要

Humains, oiseaux, baleines ou plantes, nous sommes tous victimes des excès de bruit et de lumière qui accompagnent la présence humaine sur la planète, dans les villes en particulier. Elles ne figurent pas au menu du « Giec de la pollution », le groupe d’experts et de politiques sur la pollution chimique qui tient sa première réunion cette semaine à Genève. Et pourtant… Les pollutions sonores et visuelles sont elles aussi sources de quelques dégâts pour le vivant. Commençons par nous, humains, avec la pollution sonore, et avec un exemple tout bête, et vraiment bête : une moto qui traverse Paris la nuit, avec un pot d'échappement troué, réveille 300 000 personnes. La pollution sonore est source de stress et de maladies cardio-vasculaires. Rien qu'en Europe, le bruit provoque 20 000 décès prématurés chaque année. À lire aussiSous les vagues, la pollution sonore Le bruit perturbe aussi les autres animaux. Et en particulier les oiseaux, comme le merle qu’on commence à entendre très tôt le matin à Paris. Serait-il insomniaque ? « Les chants servent à deux choses : "Je suis chez moi, je ne veux pas que tu rentres chez moi". Ça sert aussi à dire à une femelle qui passerait : "Je suis tout seul"… pas besoin de faire un dessin, sourit Frédéric Malher, ornithologue à la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux. Donc les merles chantent plus tôt le matin à cause du bruit, ou plutôt de l’absence de bruit. » Plus fort ou plus aigu Pour dépasser le bruit des voitures, d'autres oiseaux, comme le rossignol, chantent plus fort. La mésange charbonnière, elle, chante plus aigu, « parce que le bruit de fond de la ville est dans les graves. Donc la mésange charbonnière a une note de son chant plus haute en ville », explique Frédéric Malher. Mais toutes ses stratégies déployées par les oiseaux en ville représentent « semble-t-il une dépense d’énergie supplémentaire ». En mer aussi, la pollution sonore perturbe la communication. Et à cet égard, on est loin du Monde du silence, comme le commandant Cousteau avait baptisé les mers et les océans. « Le son circule cinq fois plus plus vite que dans l’air. Surtout, les océans sont un open-space, il n’y a pas de barrière qui limite le son. Les baleines bleues, par exemple, vont pouvoir communiquer à plus de 100 kilomètres de distance, probablement jusqu’à 1000 kilomètres, selon certains chercheurs », explique Olivier Adam, bio acousticien à l'Université Paris Sorbonne. Pertes de repères Mais le bruit des bateaux, des sonars militaires ou des éoliennes est lui aussi sans limite. Et les conséquences peuvent être mortelles pour les cétacés, les baleines ou les cachalots. « Si les intensités sonores sont trop fortes et qu’ils ont une perte même temporaire de leur système auditif, ils perdent tout moyen de se repérer et peuvent aller s’échouer très facilement. Pour des baleines grands plongeurs comme les baleines à bec qui descendent à deux ou trois kilomètres de profondeur pour s’alimenter, elles peuvent remonter trop vite "en mode panique" et avoir des problèmes irréversibles au niveau de la décompression », souligne Olivier Adam. À lire aussiFrance: le bruit, une pollution qui coûte plus de 150 milliards La colonisation de la planète par l’espèce humaine engendre une autre pollution : la pollution lumineuse rendue possible grâce à la fée électricité. Une pollution à laquelle les oiseaux migrateurs sont particulièrement vulnérables. « Elle peut détourner ces oiseaux parce qu’ils sont attirés par la lumière, précise Frédéric Malher de la LPO. Quand il y a du brouillard, ils sont complètement perdus et c’est à ce moment-là qu’on peut avoir des massacres d’oiseaux qui se sont précipités sur les vitres des bâtiments parce qu’ils sont perdus dans un brouillard lumineux où il n’y a plus du tout de repères. » Le progrès nous aveugle Les lumières de la ville perturbent aussi les plantes. « Une plante éclairée la nuit ne repère pas que c'est la nuit. Donc elle continue sa vie, elle continue sa photosynthèse et produit donc un excédent de sucre, racontait pour « C’est dans ta nature » Louis Gerin, qui avait mis au point un lampadaire sans lumière bleue, la plus nuisible au vivant. Avec la lumière, il y a plein d'insectes. Et comme c'est plus sucré, ils viennent la voir ! Et comme elle ne peut pas dormir la nuit, elle est encore plus fatiguée, elle s'épuise et se retrouve plus vulnérable face aux parasites et aux maladies. » Humains, nous sommes nous aussi plus vulnérables face à la lumière artificielle. Les leds, les lampes nouvelles générations, certes économes, abiment la rétine et notre vue vieillit plus vite. Parfois le progrès nous aveugle.
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