Comment des siècles de colonisation ont-ils exterminé des centaines d'espèces animales et végétales?
カートのアイテムが多すぎます
カートに追加できませんでした。
ウィッシュリストに追加できませんでした。
ほしい物リストの削除に失敗しました。
ポッドキャストのフォローに失敗しました
ポッドキャストのフォロー解除に失敗しました
-
ナレーター:
-
著者:
概要
Les humains ne sont pas les seules victimes de l'impérialisme : de nombreux animaux et plantes, comme le dodo, le bison ou le bois d'ébène, ont été victimes de la chasse et de la surexploitation des ressources.
Des massacres d’humains, mais aussi des massacres d’animaux et la destruction systématique d’espèces végétales. C’est le triste bilan de la colonisation partout dans le monde. L’histoire de la colonisation du point de vue de la biodiversité est édifiante. Le sort du dodo est à cet égard emblématique. Cet oiseau de la famille des pigeons ne vivait que sur l'île Maurice. Un très gros pigeon qui ne volait pas ; il n'en avait pas besoin puisqu'il n'avait pas de prédateurs. Jusqu'à l'arrivée des premiers colons.
Les colons ne sont pas venus seuls. Dans leurs bateaux, il y avait des chiens, des chats, des porcs et des rats. Les humains ont chassé le dodo, les animaux aussi, et ils ont mis moins d'un siècle à exterminer l'oiseau, parti pour un « dodo » éternel. L’histoire a même donné une expression en anglais : « dead as a dodo », soit « aussi mort qu'un dodo ».
Les îles vulnérablesÀ Maurice, une espèce végétale a aussi failli disparaître : un arbre, l'ébénier, qui donne le bois d'ébène, l'un des bois les plus chers au monde. Quand les colons hollandais sont arrivés à Maurice, l'île était recouverte d'ébéniers. Mais aujourd'hui l'arbre est sur la liste rouge des espèces en danger critique d'extinction. La biodiversité des îles, partout dans le monde, a été particulièrement vulnérable face à la colonisation : on a surexploité les ressources naturelles, on a introduit des espèces invasives, et sur un petit territoire cela fait tout de suite de gros dégâts.
La colonisation a fait de gros dégâts aussi en Amérique, avec la quasi-disparition du bison d'Amérique, un bovin, le plus gros mammifère terrestre du continent – certains mâles pèsent une tonne. Avant l'arrivée des colons européens, il y en avait plus de 50 millions. À la fin du XIXe siècle, on ne comptait plus que quelques centaines d'individus.
Au début, les colons européens ont chassé le bison pour sa peau, en laissant les carcasses pourrir sur place. Mais dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la chasse aux bisons est devenue une arme de guerre : contre les peuples amérindiens. L’idée était que, en éliminant les bisons, on privait les Amérindiens de leur principale ressource. La chasse est devenue industrielle, incarnée par le célèbre Buffalo Bill (buffalo étant le nom du bison en anglais). En quelques années, les bisons ont quasiment disparu, et les Amérindiens ont été massacrés. Un exemple d'un écocide qui a servi à un génocide.
L'Amérique, terrain de chasseMais les colons d'Amérique ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils s'en sont aussi pris à un oiseau, le pigeon migrateur (à ne pas confondre avec le pigeon voyageur), une espèce endémique que chassaient aussi les Amérindiens, pour se nourrir. Les colons, eux, les ont chassés parce que ces pigeons s'en prenaient aux récoltes. Et la chasse était facile contre ces oiseaux qui volaient groupés, parfois par nuage de dizaines de millions d'individus, selon des témoignages de l’époque : il suffisait de tirer dans le tas. Alors qu'il y avait des milliards de pigeons migrateurs au début du XIXe siècle, il n'en resta plus qu'un, en 1914, une femelle, appelée Martha, morte dans sa cage au zoo de Cincinnati.
Des centaines d'espèces ont ainsi disparu dans le monde à cause de la colonisation. La chasse, la destruction des habitats, l'introduction d'espèces invasives, la surexploitation des ressources et l'appât du gain sont les ingrédients de tous ces écocides.
Dernier exemple : le silphium, une plante aromatique et médicinale qui ne poussait qu'en Libye, et qu'on n'a jamais réussi à cultiver. Une plante découverte sous l'Antiquité par les Grecs, avant les Romains qui l'ont tellement exploitée qu'elle a fini par disparaître, il y a presque 2 000 ans. De tous temps, les colons se sont crus supérieurs à d'autres Hommes et à la nature.