『Clémence de Vimal et l’inceste au théâtre, planches de salut』のカバーアート

Clémence de Vimal et l’inceste au théâtre, planches de salut

Clémence de Vimal et l’inceste au théâtre, planches de salut

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る

Dans un seule en scène émouvant et parfois drôle -si, si…- Clémence de Vimal raconte l’inceste et le combat pour la vérité, la justice et la résilience.

« Il n’est point de secret que le temps ne révèle », dit Narcisse dans Britannicus. En montant son spectacle, Clémence de Vimal avait en tête les mots de Racine. J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume est le fruit d’une longue maturation personnelle et artistique, nourrie par le mouvement #MeToo, mais aussi par ses propres écrits, par exemple dans le secret du journal intime de l’adolescente qu’elle était. Vingt ans d’écrits qui ont servi de matériau de base à l’écriture du spectacle, de même que les pièces du dossier judiciaire, puisqu’elle a porté plainte contre son agresseur.

Pulsion vitale

Elisabeth, le personnage que le spectateur découvre sur le plateau, est donc le double théâtral de l’autrice, metteuse en scène et comédienne. Comme elle, elle a grandi au sein d’une famille nombreuse, pétrie de bons sentiments et de bonne éducation aristo-catholique, qui a coutume de se retrouver chaque année pour les vacances d’été, dans un château au bord de l’eau. C’est là que se produira l’événement qui aurait pu détruire sa vie, si elle n’était pas animée par cette pulsion vitale qui irradie le spectacle et qui accompagne son appétit de vérité et de justice aussi bien que sa volonté de témoigner, de sensibiliser et d’aider à la libération de la parole et à la résilience.

Apparence de conte de fées

J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume est un seule en scène, mais à 16 voix, toutes interprétées et incarnées par Clémence de Vimal elle-même. Il suffit de changer de timbre, d’intonation, de débit et de posture, et la magie du théâtre opère, servie par les accessoires démesurés qui accompagnent la mise en scène. L’artiste dit s’être inspirée d’Alice au pays des merveilles pour donner au spectacle cette apparence de conte de fées qui rappelle l’enfance et le sentiment de « bizarre » qui sourd peu à peu dans la tête d’Elisabeth.

Le ton juste

Ce choix permet aussi aux spectateurs de prendre un peu de distance par rapport à l’âpreté du vécu du personnage. Le texte est aussi parsemé de traits d’humour et d’ironie qui font mouche et qui apportent des respirations bienvenues. On rit, on est ému parfois à en pleurer : à n’en point douter, Clémence de Vimal a su trouver le ton juste pour aborder sans faux-fuyant un sujet intime et difficile, lui donner une dimension universelle, et susciter chez les spectateurs émotions et réflexion. Tout en criant à la face du monde que la vie est belle, malgré tout.

J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume, au Théâtre Transversal (Festival d’Avignon Off) jusqu’au 25 juillet 2026 à 10h45 (relâche le mercredi).

adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません