Chine: deux journalistes arrêtés après une enquête sur des faits de corruption au Sichuan
カートのアイテムが多すぎます
カートに追加できませんでした。
ウィッシュリストに追加できませんでした。
ほしい物リストの削除に失敗しました。
ポッドキャストのフォローに失敗しました
ポッドキャストのフォロー解除に失敗しました
-
ナレーター:
-
著者:
概要
Le 1er février dernier, le journaliste chinois Liu Hu a été arrêté par la police de Chengdu, dans le sud-ouest du pays. Le même jour, à 1 500 km de là, son confrère Wu Yingjiao est lui aussi arrêté. Les deux journalistes venaient de publier un article sur des faits de corruption au Sichuan. Une publication introuvable depuis. Leur arrestation illustre la situation des derniers journalistes d'investigation exerçant encore en Chine.
Diffusion de « fausses accusations » et « opérations commerciales illégales ». Telles sont les charges retenues contre Liu Hu et Wu Yingjiao. Un classique de la politique chinoise de répression des journalistes pour Aleksandra Bielakowska, chargée de plaidoyer de Reporter sans frontières en Asie-Pacifique. « C'est exactement le type d'accusations portées contre tous les journalistes d'investigation ou ceux qui publient des enquêtes. Si vous voulez être enregistré comme un média en Chine, alors il faut accepter de devenir un média d'État, ou alors se plier au traitement des seules informations autorisées par l'État ou à la censure. Liu Hu et Wu Yingjao paient le prix d'être journalistes indépendants. »
Ce n'est pas la première arrestation pour Liu Hu, un vétéran du journalisme d'enquête en Chine, l’un des « 100 héros de l’information » de RSF en 2014. En 2013 déjà, après avoir enquêté sur de hauts gradés de l'administration chinoise qui se seraient enrichis lors de la privatisation d'entreprises étatiques, il avait été arrêté et emprisonné pendant un an. Cette fois-ci avec Wu Yingjao, journaliste d’investigation et photographe indépendant, il publie sur le réseau WeChat un article sur des faits de corruption dans le Sichuan. Le titre : « Le secrétaire du Parti d’un canton du Sichuan qui, par le passé, poussa un professeur à se donner la mort, mène aujourd’hui des entreprises à la banqueroute ».
Une lutte anticorruption sélectiveAprès la publication, ils reçoivent un message de la Commission disciplinaire du Parti communiste dans le Sichuan : « Ce genre d'affaire doit être porté à la connaissance des autorités chinoises, pas publié en ligne. » Ils sont arrêtés quelques jours plus tard. Signe de la politique répressive du parti, que déplore Aleksandra Bielakowska. « Ce qui est scandaleux, c'est que Xi Jinping dit sans cesse que la règle, c'est de lutter contre la corruption. On l'a vu ces dernières années avec de grandes campagnes au sein du parti. Mais lorsqu'une enquête indépendante n'est pas liée à la bataille politique entre Xi et ses opposants politiques, les journalistes qui en sont à l'origine sont immédiatement arrêtés pour leur travail ».
Une situation irrespirableLe pays est la plus grande prison du monde pour les journalistes selon Aleksandra Bielakowska de RSF. « Il y a environ 120 journalistes emprisonnés en Chine. Parmi eux, beaucoup sont enfermés depuis longtemps, ça veut dire que peu de journalistes ont été arrêtés ces dernières années. Mais surtout qu'il n'y a plus personne qui ose enquêter en Chine, moins de journalistes à arrêter. Donc si des journalistes enquêtent et signent de leur nom dans le pays, c'est plus qu'un acte de bravoure. »
En 2025, au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, la Chine est 178e sur 180.
À lire aussiChine: deux journalistes indépendants arrêtés, RSF dénonce «un acte de persécution»