Campus de légende: au Ghana, l'Institute of African Studies de Legon, lieu de rayonnement du panafricanisme [1/6]
カートのアイテムが多すぎます
カートに追加できませんでした。
ウィッシュリストに追加できませんでした。
ほしい物リストの削除に失敗しました。
ポッドキャストのフォローに失敗しました
ポッドキャストのフォロー解除に失敗しました
-
ナレーター:
-
著者:
Pendant les trois week-ends à venir, RFI visite des campus de légende en Afrique, qu'ils aient autrefois été témoins de débats intellectuels majeurs ou qu'ils soient les lieux où s'invente aujourd'hui l'Afrique de demain. Au Ghana, le campus de Legon abrite l'Institute of African Studies, créé par le père de l'indépendance, Kwame Nkrumah, pour développer une pensée africaine affranchie des modèles coloniaux. Plus de soixante ans après sa fondation, l'établissement reste très actif et s'implique dans les débats sur la décolonisation des savoirs ou les réparations.
De notre envoyée spéciale à Accra,
La nuit tombe, au sommet du campus de Legon, l'historien Samuel Ntewusu, professeur à l'Institute of African Studies, montre la colline qui domine la capitale ghanéenne : « D'ici, c'est toute Accra qui s'étend à nos pieds. »
Depuis ce promontoire, le regard porte jusqu'à l'aéroport et l'océan Atlantique. Pour Samuel Ntewusu, cette position dominante raconte aussi quelque chose de l'histoire de Legon. Une histoire intimement liée aux aspirations d'émancipation qui traversent alors la Gold Coast britannique. « À cette époque déjà, les habitants de la Gold Coast s'engageaient sur le chemin de l'indépendance, avec l'éducation comme moteur. »
Fondée en 1948, l'université accompagne cette marche vers l'indépendance. Quelques années plus tard, Kwame Nkrumah fonde l'Institute of African Studies. Lors de son inauguration en 1962, il prononce un discours fondateur, The African Genius.
Samuel Ntewusu : « Dans son discours The African Genius, Kwame Nkrumah explique comment l'institut doit fonctionner : il est créé pour étudier, enseigner et défendre l'Afrique à partir de méthodes de recherche centrées sur les réalités africaines. »
Un « carrefour d'échanges intellectuels »Penser l'Afrique à partir de l'Afrique : l'ambition est révolutionnaire. Il a fallu pour cela faire de l'institut un lieu carrefour, comme l'explique Philip Owusu, conservateur du musée de l'Institute of African Studies : « L'Institute of African Studies est rapidement devenu un véritable carrefour d'échanges intellectuels. Grâce à ses publications, ses ateliers d'écriture et ses clubs littéraires, des chercheurs qui ne se seraient jamais rencontrés ont pu échanger leurs idées. L'institut est ainsi devenu un point de rencontre majeur pour les intellectuels du continent et de la diaspora. »
Cette circulation des idées continue aujourd'hui d'alimenter les grands débats africains et de former une nouvelle génération de chercheurs. Comme Emmanuel Amoah Darkwah, doctorant en relations internationales : « À l'Institute of African Studies, les chercheurs travaillent sur les réparations, la colonisation ou encore l'esclavage. C'est un véritable centre de production des savoirs sur l'Afrique. »
Parmi ces débats, celui des réparations. Emmanuel Amoah Darkwah rêve désormais de porter cette réflexion au sein des grandes institutions internationales : « Le développement de l'Afrique ne doit pas être pensé ailleurs pour les Africains. Les idées et les solutions aux problèmes du continent doivent être imaginées et mises en œuvre par les Africains eux-mêmes. »
Plus de soixante ans après The African Genius, Legon continue de penser l'avenir du continent depuis l'Afrique.