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Céréales, les grandes inconnues qui rythmeront le marché en 2026

Céréales, les grandes inconnues qui rythmeront le marché en 2026

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À quoi va ressembler l'année 2026 sur le marché des céréales ? En 2025, les prix du blé et du maïs se sont négociés à des niveaux historiquement bas. L'évolution des prix cette année dépendra de trois principaux facteurs : la guerre en Ukraine, l'appétit de la Chine et le prix des engrais.

La première inconnue, c'est l'évolution de la situation en Ukraine. Depuis le début de la guerre, il y a quatre ans, le secteur est sans cesse ciblé et ne connaît pas de répit, rappelle Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media, dans un entretien à l'Agence France-Presse. Les frappes ont affecté la capacité énergétique, et les infrastructures d'exportation. Or l'Ukraine est un des quatre gros fournisseurs mondiaux de maïs, et on sait que la demande mondiale est forte, et les stocks en baisse.

Sur cette saison, l'Ukraine a environ 4 à 5 millions de tonnes de retard dans ses exportations de grains jaunes, explique Damien Vercambre, du cabinet Inter-courtage. Ce retard est dû, au-delà de la guerre, à une récolte plus lente liée à la météo, avec une humidité qui requiert un temps de séchage plus long.

L'Ukraine est également un fournisseur majeur de tournesol, un secteur qui n'est pas épargné non plus par le conflit : une des dernières attaques de drones russes a ciblé en début de semaine une usine de trituration – qui transforme les graines en huile – de l'américain Bunge à Dnipropetrovsk dans le centre-est du pays.

Quid de l'appétit de la Chine ?

La Chine et son niveau d'importation est un des autres facteurs qui vont compter. Le géant asiatique a acheté environ deux fois moins de blé l'année dernière que les deux années précédentes. Cela a largement contribué à faire chuter les cours. En un an, les prix européens ont baissé de 5 %. Si la Chine se réveille, ce sera évidemment un facteur de reprise des prix.

L'Empire du Milieu joue aussi un rôle crucial sur le marché du soja. Cette graine oléagineuse, qui sert essentiellement à nourrir le bétail, fait l'objet d'un bras de fer entre Pékin et Washington. Les deux pays se sont accordés sur un niveau d'importation de soja américain de 12 millions de tonnes par la Chine. « Si les Chinois dépassent cet objectif, cela pourrait faire bouger le marché », selon Damien Vercambre.

La pression des engrais

On peut ajouter au paysage de 2026 une autre inconnue, le prix des engrais. Ils ont rarement été si déconnectés du prix des céréales, selon Sébastien Poncelet. C'est surtout vrai pour l'urée, un des engrais les plus répandus au monde : à titre d'illustration, le prix de l'urée d'Égypte – hors transport maritime – a augmenté de 10 % en un an, de 32 % en deux ans et de 85 % par rapport au niveau d'il y a 5 ans alors que les blés français et russes ont retrouvé leur prix bas de 2020.

Avec un tel décalage, les cours des céréales ne couvrent plus les coûts de production de nombreux agriculteurs, en particulier en Europe. C'est une des raisons de leur colère. Ils demandent depuis plusieurs semaines que la taxe carbone aux frontières de l'UE en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier ne soit pas appliquée aux fertilisants. Une doléance en passe d'être entendue.

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