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Avec la guerre au Moyen-Orient, les transporteurs tentent de s'adapter

Avec la guerre au Moyen-Orient, les transporteurs tentent de s'adapter

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Ne pas céder à la panique, c'est, pour résumer, la devise des grands transporteurs de marchandises. Habitués aux risques et aux catastrophes du monde, les grands groupes internationaux souffrent depuis deux semaines des conflits au Moyen-Orient. Le blocage du détroit d'Ormuz au large de l'Iran illustre l'un de leurs plus grands problèmes. Entre montée du prix du fuel et risques d'attaques contre les entrepôts, les transporteurs tentent de s'adapter. On pourrait les croire en cours de gym tellement ils insistent sur les mots agilité et flexibilité. En résumé : même pas mal, on en a vu d’autres ! Il n’empêche, au terme de cette deuxième semaine de conflits au Moyen-Orient, la question clé chez les gros transporteurs internationaux tient en quatre mots : combien de temps encore ? DHL, transporteur mondial rassurant Lorsqu’il a répondu à nos questions, John Pearson, le patron de l’entreprise DHL, repérable sur la planète grâce entre autres à ses camions jaunes, inaugurait un lot d’entrepôts nouveaux ultra-modernisés au Vietnam, en Asie. L'Asie, un continent très dépendant des importations d’énergie du Moyen-Orient et affecté par les difficultés de circulation dans le détroit d'Ormuz au large de l'Iran. « Pour nous, les effets les plus importants des conflits actuels au Moyen-Orient sont la montée des prix en général et la fermeture de certains grands aéroports, explique John Pearson. Heureusement, le secteur du transport de marchandises est moins touché que celui des voyages de passagers. Aujourd’hui les avions cargos, ceux qui transportent des marchandises, ne sont pas stoppés. Certains seulement sont restreints, mais sur des périodes de temps limitées. En revanche, les difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz au large de l’Iran obligent les navires à retarder les arrivées dans les ports de destination. Mais nous tenons à rassurer nos clients : avec notre système de compensation sur le prix du fuel, nous arrivons à équilibrer nos prix de transport. Autre chose importante… Nous tenons au courant nos clients et tous nos personnels sur les trajets et la sécurisation des marchandises. » À lire aussiDétroit d’Ormuz bloqué: peut-on vraiment contourner cette route clé du pétrole mondial? Un centre de stockage Amazon incendié Des tirs au début du mois de mars ont touché un centre de données numériques du groupe Amazon aux Émirats arabes unis. L’entreprise n’a pas détaillé la nature ni l’ampleur de l’accident. Mais il a été suffisamment important pour déclencher un incendie et paralyser l’activité du bâtiment conçu pour résister aux catastrophes naturelles mais pas aux tirs militaires. « Aujourd'hui les centres de données numériques, les data centers, sont devenus des infrastructures à risque en cas de guerre, analyse Clément David, fondateur de l’agence d’intelligence artificielle Theodo Data & AI. Vous, les transporteurs, vous utilisez de plus en plus l'intelligence artificielle (entrepôts automatisés, calcul des routes et des risques météo…) pour le transport des marchandises. Un centre de données numériques n'est pas un centre de ressources solides, ces données sont virtuelles ! C'est très différent d'un aéroport ou d'une centrale nucléaire. Le seul moyen de protéger une centrale nucléaire, c'est de la bunkériser, de la protéger avec des épaisseurs de murs. Pour les centres de données, si vous faites bien votre travail, vous ne craignez rien puisque vous avez sécurisé vos données auprès d'experts informatiques pour pouvoir dupliquer les données, avertit-il ses clients. Vous pourrez les transférer dans un autre centre situé dans un autre pays du monde si le centre est attaqué ou victime de dommages collatéraux. Toute la question, c'est que ce duplicage coûte cher ! Et que beaucoup d'entreprises évitent de la faire pour ne pas dépenser d'argent. L'exemple d'Amazon aux Émirats nous montre l'importance de le faire, sinon vous n'aurez que vos deux yeux pour pleurer en cas d'accident… ​​​​​​» Le Moyen-Orient en débat à OPTIM SALON et SITL 2026 Quelle que soit l’issue et la durée des conflits au Moyen-Orient, la diversification de l’énergie, des routes et des sites de stockage sera au cœur des discussions aux grands salons du transport marchand : l’OPTIM SALON à Deauville (8-10 avril) ou le SITL à Paris (31 mars-2 avril). À lire aussiDIRECT – Guerre au Moyen-Orient: les États-Unis frapperont l'Iran «très fort au cours de la semaine prochaine»
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