エピソード

  • Les «Big Pharma» occidentales achètent en masse des médicaments expérimentaux en Chine
    2026/10/14
    Depuis plusieurs années, les grands groupes pharmaceutiques occidentaux ont multiplié les accords de licence pour obtenir des droits de commercialisation sur des médicaments expérimentaux développés en Chine. Une frénésie qui inquiète notamment aux Etats-Unis. C'est la dernière annonce en date. Le géant pharmaceutique suisse Roche vient de conclure un accord de licence avec une société de biotechnologie chinoise. Un accord à plus d'un milliard de dollars qui concerne un médicament expérimental contre l’obésité. Début octobre, le suisse Novartis signait un accord avec la société chinoise Abogene pour une thérapie expérimentale à base d’ARN pour les maladies auto immunes. En septembre, c'était au tour du groupe suisse Novo de signer un accord de licence pour une pilule expérimentale pour la perte de poids. L'américain Merk pour un médicament novateur contre le cancer. La liste est longue. Si on ne prend que les grands groupes pharmaceutiques américains, 32 accords de licence ont été signés entre janvier et juillet 2026 selon les informations de Bloomberg. À écouter aussiJusqu’où nous entraînera l’ARN Messager ? Coulisses d’une révolution scientifique Des entreprises chinoises qui développent ces médicaments ne concèdent pas tous les droits Les entreprises chinoises de biotechnologie conservent souvent leurs droits nationaux et leurs brevets et s'assurent donc de futurs revenus. Elles concèdent en revanche des licences pour que leurs médicaments puissent passer des essais cliniques et être commercialisés en dehors de Chine. En échange, les grands groupes pharmaceutiques eux financent et prennent en charge une partie du développement clinique et ont ainsi accès à des traitements de pointe, à moindre coût. L'appétit des grands groupes pharmaceutiques pour ces accords de licence prouve que la Chine n'est plus seulement un grand marché de fabrication de médicaments. Elle est devenue un acteur majeur de la recherche, notamment dans la lutte contre le cancer. À lire aussiComment la Chine est passée de «copieuse» de médicaments à championne de la recherche pharmaceutique Une frénésie à l'approche de la « falaise des brevets » Si les accords se multiplient c'est aussi en raison de l'arrivée à expiration en 2030 de très nombreux brevets protégeant des médicaments. C’est ce qu’on appelle la « falaise des brevets ». Or, certains de ces médicaments génèrent à eux seuls plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaire annuel. C’est le cas de certaines immunothérapies anticancéreuses. Le lancement de génériques, moins chers, va représenter pour ces groupes une perte très importante de chiffre d'affaire. Mais le rapprochement avec la Chine dans le domaine médical est un sujet politique Un nombre croissant de voix s'élèvent, notamment aux Etats-Unis pour alerter sur les conséquences d'une telle collaboration en matière médicale avec la Chine. Selon eux, l'injection de capitaux et de savoir-faire américains dans les entreprises chinoises pourrait menacer la domination américaine en biotechnologie. Certains parlementaires font donc pression pour ralentir le rythme des investissements.
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  • Industrie ferroviaire: pourquoi le marché mondial des trains est en pleine explosion
    2026/09/30
    Le marché ferroviaire mondial se porte bien. Portés par les investissements publics, les enjeux climatiques et le développement des transports collectifs, les fabricants de trains, de locomotives, de métros et de tramways voient leurs carnets de commandes se remplir. Mais derrière cette croissance se joue aussi une bataille industrielle entre l'Europe et la Chine. Une fois n'est pas coutume, un secteur se porte bien ! Il s'agit du ferroviaire. Les fabricants de trains, de locomotives, de métros ou de tramways profitent d'un véritable appétit pour le rail partout dans le monde. Le marché mondial des équipements ferroviaires devrait ainsi progresser de 3,2% par an dans les prochaines années. Le train revient tout simplement à la mode. Un peu partout sur la planète, les gouvernements investissent dans le rail. Il y a évidemment l'enjeu climatique : le train permet de transporter des voyageurs et des marchandises avec moins d'émissions de CO2 que l'avion ou la voiture. Mais les investissements répondent également à des enjeux très concrets d'aménagement du territoire et de développement économique. Et le ferroviaire ne se résume pas aux trains à grande vitesse. Le marché englobe également les trains régionaux, les métros, les tramways, le fret et les locomotives. Il faut y ajouter toute une industrie moins visible, mais essentielle au fonctionnement des réseaux : la signalisation, la maintenance, les infrastructures et les systèmes de contrôle. À lire aussiTrain à grande vitesse: l’Europe met 500 milliards sur la table pour relier toutes ses capitales d’ici 2040 Des réseaux de plus en plus intelligents Ces systèmes évoluent eux aussi pour rendre les réseaux plus efficaces et donc plus intéressants économiquement. Car construire une nouvelle ligne de chemin de fer coûte extrêmement cher et prend des années. Avant même d'imaginer de nouveaux kilomètres de voies, les industriels cherchent donc à mieux utiliser ceux qui existent déjà. Une meilleure signalisation, des systèmes automatisés ou encore la maintenance prédictive peuvent permettre de réduire les temps d'attente, d'éviter certaines interruptions et donc d'augmenter la capacité d'un réseau. Cette évolution est particulièrement importante dans les grandes métropoles, où la demande de transport augmente alors qu'il est souvent très difficile de construire de nouvelles infrastructures. C'est aussi un terrain sur lequel les industriels innovent beaucoup. L'intelligence artificielle et l'automatisation doivent notamment permettre de mieux anticiper les pannes, d'améliorer la maintenance et de fluidifier la circulation des trains. Le ferroviaire devient ainsi progressivement un secteur de plus en plus technologique, au-delà de la seule fabrication des trains. À lire aussiLa compagnie italienne Trenitalia veut devenir le géant européen du train à grande vitesse L'Europe face à la concurrence chinoise Cette dynamique profite notamment à l'Europe, qui dispose de plusieurs champions mondiaux du ferroviaire : Alstom en France, Siemens en Allemagne, Stadler en Suisse ou encore CAF en Espagne. Ces entreprises sont capables de fabriquer des trains à grande vitesse, des métros, des trains régionaux ou encore des systèmes de signalisation. Mais l'Europe reste un marché très fragmenté. Un train qui circule en France ne peut pas forcément circuler tel quel en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Les normes, les procédures et parfois les systèmes de signalisation restent différents. Pour les industriels, c'est un vrai problème. Plus il faut adapter un train aux règles de chaque pays, plus sa fabrication coûte cher. À l'inverse, certains concurrents disposent de marchés domestiques gigantesques et peuvent produire en beaucoup plus grandes séries. C'est notamment le cas de la Chine, avec CRRC, le premier constructeur ferroviaire mondial. Les trains chinois commencent d'ailleurs à s'exporter en Indonésie, au Laos, en Malaisie, aux Émirats arabes unis ou encore au Kazakhstan. Pour l'instant, on est loin d'une déferlante chinoise en Europe comparable à celle observée dans l'automobile électrique. Mais la concurrence est là et elle est appelée à s'intensifier. Autre enseignement : la croissance du marché ferroviaire est très inégale selon les régions. Elle devrait atteindre 5,5% par an en Amérique latine, contre 3,7% en Europe occidentale. La tendance reste donc positive: la demande mondiale progresse, les investissements repartent et les industriels innovent. Bref, le ferroviaire semble bien parti pour rester sur de bons rails.
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  • Montres connectées: comment les marques de luxe essaient de reconquérir nos poignets
    2026/10/23
    Les montres traditionnelles doivent faire face à une concurrence croissante des montres connectées. Suivi de l’activité physique, surveillance du sommeil et notifications : ces nouveaux usages séduisent les consommateurs, notamment les jeunes générations. Pour les horlogers traditionnels, y compris les grandes maisons du luxe, l’enjeu est de continuer à faire désirer un objet dont la fonction première, donner l’heure, est devenue presque secondaire. Pendant longtemps, les montres ont rempli une fonction essentielle, celle de donner l’heure. Mais aujourd’hui, avec les smartphones et les montres connectées, cet usage est devenu presque secondaire. Et pour les horlogers traditionnels, cette évolution est prise très au sérieux. Selon une étude du cabinet Deloitte, la proportion de consommateurs qui portent une montre traditionnelle est passée de 46 % en 2020 à 26 % en 2025. À l’inverse, les montres connectées ont le vent en poupe. Elles permettent de suivre son activité physique, de surveiller son sommeil ou encore de recevoir des notifications. En somme, elles deviennent de véritables assistants personnels au poignet. Cette évolution a des conséquences économiques pour les fabricants. L’Américain Fossil, positionné sur le marché du milieu de gamme, a ainsi vu son chiffre d’affaires lié aux montres traditionnelles chuter de 67 % entre 2015 et 2025. Même les grandes maisons du luxe ressentent les effets de cette transformation des usages. Une Apple Watch et une Rolex ne répondent pas aux mêmes attentes. La première coûte quelques centaines d’euros et sera généralement remplacée au bout de quelques années. La seconde est un objet de prestige, un symbole de réussite, parfois même un héritage familial. Mais ces deux univers ont un point commun : ils se disputent une place au poignet des consommateurs. Et, jusqu’à preuve du contraire, on ne porte généralement qu’une montre à la fois. À lire aussiComment le chinois Xiaomi talonne Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone Horlogerie suisse : les montres de luxe résistent à la concurrence Pour le moment, les volumes donnent un avantage considérable aux montres et bracelets connectés. Selon les estimations du cabinet d’études de marché IDC, ces accessoires devraient représenter environ 200 millions d’unités vendues dans le monde en 2026. En comparaison, l’horlogerie suisse de luxe écoule autour de 15 millions de montres par an. Pour autant, le secteur traditionnel n’est pas condamné. Les derniers chiffres de la Fédération de l’industrie horlogère suisse montrent même un redressement des exportations. En septembre 2026, celles-ci ont progressé pour le quatrième mois consécutif, sous l’impulsion notamment des montres de luxe. Cette résistance s’explique par la différence de valeur entre les deux catégories de produits. Là où les montres connectées misent principalement sur les fonctionnalités technologiques, les montres de luxe reposent aussi sur le savoir-faire, l’histoire des marques et leur prestige. Les grandes maisons doivent néanmoins s’adapter à de nouvelles habitudes de consommation. L’objectif n’est pas nécessairement de rivaliser directement avec les fabricants de technologies, mais de trouver des moyens de coexister avec leurs produits, voire de nouer des alliances. Bagues connectées et partenariats : comment les marques de luxe veulent reconquérir les poignets Pour riposter, les marques traditionnelles peuvent notamment miser sur des collaborations avec les fabricants de montres connectées. Hermès s’est ainsi associé à Apple pour proposer des bracelets en cuir destinés à l’Apple Watch. Une manière pour la maison française de faire entrer son savoir-faire dans l’univers des objets connectés. Une autre piste, plus inattendue, se dessine avec les bagues connectées. Leur avantage est simple, elles permettent de suivre certaines données liées à l’activité physique ou au sommeil sans occuper le poignet. Les consommateurs peuvent donc conserver les fonctionnalités technologiques qu’ils recherchent tout en portant une montre traditionnelle. La marque américaine Oura illustre l’essor de ce marché. Selon un article du Financial Times, elle a vendu 3,6 millions de bagues en douze mois. Pour les horlogers, le pari est que ces accessoires puissent libérer de la place au poignet et redonner de l’attrait aux montres classiques. Reste un défi majeur : séduire les jeunes générations, davantage attirées par les fonctionnalités connectées. Pour les grandes maisons, il faut parvenir à renouveler leur clientèle sans perdre ce qui fait leur valeur : le savoir-faire, l’histoire et le prestige. Elles misent notamment sur leurs modèles iconiques, reconnaissables au premier coup d’œil, y compris sur les réseaux sociaux. Car une montre de luxe est désormais bien plus qu’un instrument qui donne l’...
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  • Made in Europe: le Royaume-Uni s'inquiète de la nouvelle politique industrielle de l'UE
    2026/09/29
    Le Royaume-Uni veut bénéficier des nouvelles règles européennes destinées à favoriser les produits fabriqués en Europe. Mais Londres se heurte aux réticences de plusieurs États membres, notamment la France, qui lui reprochent de vouloir profiter des protections européennes tout en conservant sa liberté commerciale depuis le Brexit. La Manche est calme mais ses côtes s'agitent. Nouvelle source de tensions entre Londres et l’Union européenne : Bruxelles prépare un texte destiné à renforcer l’industrie européenne face à la concurrence étrangère, avec des règles de préférence au « Made in Europe », autrement dit aux produits fabriqués en Europe. Le problème, c’est que le Royaume-Uni, qui a pourtant quitté l’Union européenne, aimerait pouvoir bénéficier de ces dispositifs. L’argument britannique est simple. Son industrie est tellement imbriquée avec celle du continent qu’il serait absurde de l’exclure. C’est particulièrement vrai dans l’automobile. Les pièces, les batteries et les voitures circulent entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Selon la fédération britannique des constructeurs automobiles, les échanges de marchandises entre les deux marchés représentent environ 80 milliards d’euros. Pour le secteur automobile, l’enjeu est donc important. Si les produits britanniques sont exclus des dispositifs liés au « Made in Europe » ou de certains marchés européens, cela pourrait fragiliser les chaînes de production, des deux côtés de la Manche. À lire aussiRoyaume-Uni: le choc démographique qui menace l’économie britannique La France défend une conception restrictive du « Made in Europe » Mais au sein de l’Union européenne, le débat est loin d’être tranché. La France défend une définition relativement restrictive du « Made in Europe ». Pour Paris, l’argent des contribuables européens doit d’abord soutenir les usines et les travailleurs européens. L’Allemagne et plusieurs autres pays défendent au contraire une conception plus large, qui pourrait davantage relever du « Made with Europe », ou « fabriqué avec l’Europe ». Dans cette logique, certains pays partenaires, comme le Canada ou le Royaume-Uni, pourraient bénéficier de ces dispositifs. Derrière ce débat se trouve une autre question essentielle : celle de la concurrence chinoise. L’Union européenne cherche à protéger son industrie face aux produits chinois, notamment dans le secteur des voitures électriques. Bruxelles reproche justement à Londres de vouloir bénéficier de la protection européenne tout en conservant une politique commerciale différente. L’Union européenne a instauré des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques chinoises afin de protéger ses constructeurs. Le Royaume-Uni, lui, n’a pas suivi la même stratégie. Les Européens craignent donc que le Royaume-Uni ne devienne une porte d’entrée pour les produits chinois. Pour reprendre l’exemple des voitures électriques, des produits arrivant sur le marché britannique pourraient ensuite, selon Bruxelles, bénéficier de l’intégration des chaînes de valeur européennes et concurrencer les constructeurs du continent. Le « Made in Europe », révélateur des limites du Brexit La Commission pousse donc Londres à se rapprocher de la politique commerciale européenne et à s’aligner davantage sur ses règles pour pouvoir bénéficier des protections européennes. C’est un véritable bras de fer. Le gouvernement britannique veut conserver sa liberté commerciale, l’un des arguments mis en avant lors du Brexit. Mais, dans le même temps, Londres souhaite que ses industriels soient considérés comme européens lorsqu’il s’agit d’accéder aux dispositifs destinés à protéger l’industrie du continent. Autrement dit, le Royaume-Uni veut rester en dehors de l’Union européenne tout en profitant de certains de ses avantages. Le « Made in Europe » devient donc, en quelque sorte, le révélateur des limites du Brexit. On peut quitter l’Union européenne, mais il est beaucoup plus difficile de s’affranchir de ses règles quand son industrie reste aussi étroitement liée au marché européen.
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  • Turquie: les fonds d’investissement face à une crise majeure
    2026/09/28

    En Turquie, plusieurs fonds d’investissement qui avaient attiré des centaines de milliers d’épargnants se retrouvent aujourd’hui incapables de répondre à leurs demandes de retrait. Les autorités ont ordonné la liquidation de 131 fonds pour tenter d’éviter une nouvelle déstabilisation de la Bourse d’Istanbul.

    Pour comprendre cette crise, il faut rappeler que la Turquie vit depuis plusieurs années avec une inflation très élevée. Plutôt que de laisser leur épargne sur des comptes bancaires offrant des rendements relativement faibles, de nombreux Turcs ont donc préféré se tourner vers la Bourse et les fonds d’investissement. Concrètement, au lieu d’investir seul son argent en Bourse, l'épargnant confie son capital à une société de gestion. Celle-ci rassemble l’argent de milliers d’investisseurs et l’utilise pour acheter différents actifs, comme des actions ou des obligations. L’idée est donc de mutualiser l’épargne et de laisser des professionnels gérer les investissements, avec l’objectif d’obtenir des retombées intéressantes pour les épargnants. Et si de nombreux Turcs ont fait ce choix, c’est notamment parce que les rendements affichés par certains fonds étaient particulièrement alléchants. Le rendement de l’un d’entre eux aurait ainsi dépassé 66 000% en trois ans. Des performances spectaculaires qui ont évidemment attiré énormément d’argent.

    À lire aussiPourquoi les fonds d’investissement prennent la place des banques et suscitent l'inquiétude

    Des rendements spectaculaires qui ont fini par inquiéter

    Le problème est que certains de ces fonds avaient investi dans de petites entreprises dont très peu d’actions étaient disponibles sur le marché. Comme ces titres étaient rares, le moindre achat pouvait faire grimper leurs prix de manière spectaculaire et, mécaniquement, augmenter la valeur du fonds. Cette situation pouvait alimenter une dynamique de hausse particulièrement fragile. Mais cette mécanique fonctionne jusqu’au moment où les investisseurs veulent récupérer leur argent.

    C’est précisément ce qui s’est produit ces dernières semaines. Les autorités turques ont commencé à durcir les règles concernant certains de ces investissements. Les épargnants se sont inquiétés et ils ont été de plus en plus nombreux à demander le remboursement de leur argent. Or, pour rembourser les investisseurs, les fonds doivent disposer de liquidités. Et pour récupérer cet argent, ils doivent notamment vendre les actions qu’ils détiennent. Le problème est que ces ventes font baisser la valeur des titres et donc celle des fonds. Cette baisse inquiète à son tour les épargnants, qui peuvent être tentés de demander leur remboursement. Les fonds doivent alors vendre davantage d’actifs, ce qui accentue encore la baisse : un mécanisme de spirale difficile à arrêter.

    Cinq milliards de dollars retirés et 131 fonds liquidés

    Entre la fin du mois d’août et la mi-septembre, près de cinq milliards de dollars ont ainsi été retirés des fonds d’investissement turcs. Certains gestionnaires se sont même retrouvés dans l’incapacité de rembourser leurs clients. Face à cette situation, les autorités ont ordonné la liquidation de 131 fonds, ce qui concerne plusieurs centaines de milliers d’épargnants. Pour ces investisseurs, une question reste désormais en suspens : récupéreront-ils la totalité de leur épargne, avec les gains espérés, ou seulement une partie de leur mise de départ ?

    Au-delà des fonds eux-mêmes, le principal risque est désormais celui d’une crise de confiance qui pourrait s’étendre à l’ensemble de la Bourse turque. Pour tenter de contenir la situation, la banque centrale a apporté davantage de liquidités au système financier. Le fonds souverain turc a également acheté des actions de grandes entreprises afin de soutenir le marché et d’éviter une nouvelle dégringolade. L’objectif des autorités est désormais clair : restaurer la confiance dans les marchés financiers turcs.

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  • Outre-mer: quels sont les atouts économiques des territoires ultramarins
    2026/10/01
    À l’occasion du premier sommet Choose Outre-mer, organisé ce jeudi 1er octobre à Paris, les territoires ultramarins veulent mettre en avant leurs atouts économiques et attirer davantage d’investisseurs. Avec près de trois millions d’habitants et une présence française sur plusieurs océans, les Outre-mer disposent de nombreux atouts, mais doivent aussi diversifier leurs économies et faire émerger de nouvelles filières. Quand on parle d’économie française, on pense spontanément à la métropole et aux grands pôles industriels de l’Hexagone. Beaucoup moins aux Outre-mer. Pourtant, ces territoires représentent pratiquement trois millions d’habitants et donnent à la France une présence économique et stratégique sur plusieurs océans. Au total, les Outre-mer représentent environ 2,45 % du PIB français. Mais leur importance dépasse largement leur poids économique. Grâce à ses territoires ultramarins, la France possède près de 11 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive (ZEE). Il s’agit d'un espace maritime dans lequel un État dispose de droits exclusifs pour explorer, exploiter, gérer et conserver les ressources naturelles, tout en conservant certains droits à l'égard des activités qui s'y déroulent. Cette immense superficie maritime fait de la France la deuxième puissance maritime mondiale, derrière les États-Unis. Elle lui donne surtout des points d’ancrage dans plusieurs grandes régions du monde. La Guyane ouvre ainsi une fenêtre sur l’Amérique du Sud et accueille le Centre spatial guyanais. La Réunion et Mayotte placent la France dans l’océan Indien. Les Antilles l’inscrivent dans la région caraïbe, tandis que la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna l’installent au cœur du Pacifique. Cette présence est évidemment importante sur le plan diplomatique et militaire, mais elle possède également une dimension économique. Les territoires ultramarins constituent des relais d’influence de la France et peuvent servir de plateformes pour travailler sur les différents marchés régionaux. Un potentiel qui, selon les promoteurs de Choose Outre-mer, reste encore largement à exploiter. À lire aussiEn France, les investissements étrangers de recherche et développement en chute libre Des filières historiques confrontées à de nouveaux défis C’est tout l’enjeu du premier sommet Choose Outre-mer, organisé ce jeudi 1er octobre à Paris : attirer des investisseurs pour faire évoluer les activités locales et en faire émerger de nouvelles. Plusieurs filières historiques arrivent aujourd’hui à maturité ou connaissent des difficultés. C’est notamment le cas de la banane, de la canne à sucre, de la pêche ou encore du nickel en Nouvelle-Calédonie. La concurrence internationale et le changement climatique contribuent, parmi d’autres facteurs, à faire évoluer ces secteurs. En Nouvelle-Calédonie, le nickel reste un pilier central de l’économie. Mais la filière est déficitaire depuis plusieurs années et particulièrement exposée aux cours mondiaux ainsi qu’à la concurrence internationale. Son modèle économique doit donc évoluer. Autre exemple : la Guyane et le spatial. Le Centre spatial guyanais constitue une activité à forte valeur ajoutée pour le territoire. Mais l’arrivée de nouveaux acteurs privés, comme SpaceX, transforme le secteur spatial mondial et ouvre de nouvelles perspectives pour le site de Kourou. L’enjeu est alors que cette richesse bénéficie davantage à l’économie locale, notamment à travers la sous-traitance et le développement d’un véritable écosystème autour du spatial. Économie bleue, numérique et agriculture : les relais de croissance L’ambition est donc de diversifier les activités pour trouver de nouveaux relais de croissance. Parmi les pistes identifiées figure notamment l’économie bleue, avec la pêche, l’aquaculture ou encore les biotechnologies marines. Les Outre-mer peuvent également miser sur le numérique et l’intelligence artificielle, mais aussi sur l’agriculture et la valorisation de produits locaux, comme la vanille. L’idée, à chaque fois, est la même. Créer davantage de valeur sur place, développer les entreprises et les emplois, et faire des Outre-mer non seulement des territoires où l’on investit, mais aussi des territoires capables d’exporter davantage et de rayonner sur leurs marchés régionaux. C’est précisément l’un des objectifs affichés par Choose Outre-mer : faire connaître ces opportunités aux investisseurs et contribuer à faire émerger de nouvelles activités économiques dans les territoires ultramarins.
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  • Shein: pourquoi la rentabilité du géant de la fast fashion s’effondre
    2026/10/05
    Le géant chinois de la fast fashion traverse une période de turbulences. Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires de Shein a quasiment stagné tandis que son résultat d’exploitation a été divisé par deux. Entre droits de douane, hausse des coûts de transport et concurrence accrue, le modèle économique qui a fait son succès est désormais sous pression. Shein, le géant chinois de la fast fashion, traverse une période de turbulences. Les résultats publiés ces derniers jours montrent que son modèle est sous pression. Un chiffre résume bien la situation : au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires de Shein a quasiment stagné. Et surtout, dans le même temps, son résultat d’exploitation, c’est-à-dire ce que l’entreprise gagne réellement grâce à son activité, a été divisé par deux. Autrement dit, Shein continue à vendre énormément, mais chaque dollar de chiffre d’affaires lui rapporte beaucoup moins qu’avant. Cette situation s’explique d’abord par le modèle économique de l’entreprise. Shein a bâti son succès sur des vêtements à très bas prix, fabriqués essentiellement en Chine et vendus directement aux consommateurs occidentaux. Sa grande force est d’avoir réussi à produire extrêmement vite. C’est ce modèle qui a fait exploser les ventes pendant la pandémie de Covid-19. Mais aujourd’hui, plusieurs éléments viennent gripper cette mécanique. À lire aussiPendant que Shein et Temu font débat en France, Jumia trace sa route en Afrique Droits de douane et coûts de transport pèsent sur le modèle Shein Si Shein perd de la vitesse, il faut d'abord regarder du côté des États-Unis. Pendant longtemps, Shein y a bénéficié d’un avantage important : les colis d’une valeur inférieure à 800 dollars pouvaient entrer aux États-Unis sans droits de douane. Pour une entreprise qui expédie directement des millions de petits colis aux consommateurs, c’était évidemment un avantage considérable. Mais cette exemption a été supprimée par l’administration américaine en mai 2025 pour les marchandises provenant de Chine et de Hong Kong. L’Europe a également pris une décision comparable cet été. Depuis juillet, les petits colis de moins de 150 euros sont soumis à un droit de douane forfaitaire de 3 euros. Pour Shein, ces quelques euros supplémentaires pèsent lourd. Quand l’entreprise vend un tee-shirt cinq euros ou une robe dix euros, trois euros de droits de douane représentent une part considérable du prix du produit. À cela s’ajoutent les coûts de transport. La flambée du prix du pétrole et surtout des coûts du fret, dans le contexte des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a fortement pesé sur les bénéfices de Shein. Le problème est donc là : les ventes résistent, mais les coûts augmentent beaucoup plus vite. Et comme Shein vend des vêtements à quelques euros, l’entreprise dispose de très peu de marge pour absorber ces surcoûts sans augmenter ses prix. Shein face à une concurrence accrue et à un nouveau défi de rentabilité Cette situation est d’autant plus problématique que Shein évolue sur un marché où la concurrence est devenue extrêmement forte. Il y a évidemment les acteurs traditionnels de la fast fashion, comme Zara ou H&M. Mais surtout de nouvelles plateformes chinoises comme Temu ou AliExpress, qui proposent elles aussi des produits à prix cassés. Les investisseurs sont donc beaucoup plus prudents avec Shein. Ils ne parient plus sur une croissance exponentielle de l’entreprise. Ils veulent désormais savoir si elle peut continuer à se développer tout en améliorant sa rentabilité. Le changement est particulièrement visible depuis l’entrée en Bourse de Shein à Hong Kong. Valorisée autour de 100 milliards de dollars en 2022, l’entreprise a réussi son introduction en Bourse sur une valeur d’environ 26 milliards de dollars seulement. Pour répondre à ces difficultés, le groupe cherche à stocker davantage ses produits près de ses clients, et non plus uniquement en Chine. Il cherche également à monter en gamme. Mais cette stratégie pose elle aussi un problème. Plus Shein stocke ses marchandises près de ses clients, plus l’entreprise immobilise du capital. Et plus elle monte ses prix, plus elle risque de perdre son cœur de cible. C’est tout le défi pour Shein. Le géant chinois de la fast fashion ne s’effondre pas : il continue à vendre massivement. Mais son modèle économique est désormais confronté à des coûts plus élevés, à davantage de concurrence et à un environnement commercial moins favorable. Shein traverse ainsi une transition mouvementée entre l’hypercroissance et la rentabilité.
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  • La dette mondiale atteint un montant record de 365000 milliards de dollars et inquiète les États
    2026/10/06
    La dette mondiale a atteint un nouveau record de 365 000 milliards de dollars au premier semestre 2026, selon l’Institut de la finance internationale (IIF). Un chiffre vertigineux, qui recouvre les dettes des États, des ménages et des entreprises. Mais au-delà du montant, c’est surtout le coût de cette dette qui devient préoccupant, alors que les taux d’intérêt ont fortement augmenté ces dernières années. Nouveau record mondial ! Il n'est pas sportif mais bien financier. En effet, la dette mondiale a atteint un nouveau record. Selon l’Institut de la finance internationale, elle s’élève désormais à 365 000 milliards de dollars, soit environ 310% du PIB mondial. Autrement dit, l’ensemble des dettes accumulées dans le monde équivaut à un peu plus de trois années de richesse produite par la planète. Attention toutefois à la comparaison : cela ne signifie évidemment pas qu’il faudrait rembourser trois années de PIB d’un seul coup. La dette est un stock, tandis que le PIB correspond à la richesse produite chaque année. Cette dette mondiale comprend celle des États, mais aussi celle des ménages et des entreprises, financières ou non financières. Et la dynamique est claire : elle continue d’augmenter. Au premier semestre 2026, elle a ainsi progressé de 10 000 milliards de dollars en seulement six mois. À lire aussiFrance : comment gérer la dette qui s'accumule? Une augmentation parce que les États continuent d’emprunter pour financer leurs déficits, tandis que les entreprises et les ménages continuent de recourir au crédit. Mais surtout, de nouvelles dépenses structurelles apparaissent. L’IIF parle même d’un « super-cycle » de dette. L’endettement ne répond donc plus seulement à des crises ponctuelles : il sert désormais aussi à financer des transformations de long terme. L’inflation donne un trompe-l’œil sur le niveau d’endettement À première vue, le ratio entre la dette mondiale et le PIB est pourtant moins inquiétant qu’il y a quelques années. Il a diminué d’environ 25 points depuis son sommet de 2021. Mais cette amélioration est en partie trompeuse. L’explication tient à l’inflation. En faisant augmenter les prix, l’inflation fait mécaniquement progresser le PIB en valeur. La dette paraît donc moins importante rapportée au PIB, sans que les économies se soient réellement désendettées. C’est comme si l’on prenait un gâteau pour représenter le PIB et que sa taille augmentait uniquement parce que les prix montent. La part correspondant à la dette paraît alors plus petite. Mais dans les faits, la dette n’a pas diminué. Et cette inflation a créé un deuxième problème. Pour la combattre, les banques centrales ont relevé leurs taux d’intérêt. Aujourd’hui, c’est donc le coût de la dette qui commence à devenir préoccupant. Le mécanisme est assez simple. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le coût des nouveaux emprunts augmente lui aussi. Pour les États, le problème est d’autant plus important qu’une dette ancienne doit progressivement être refinancée. Lorsqu’une obligation arrive à échéance, il faut emprunter à nouveau pour la remplacer, potentiellement à des taux beaucoup plus élevés qu’il y a quelques années. Le risque d’un cercle vicieux pour les États On arrive alors à un cercle vicieux. Plus la dette est importante, plus les intérêts augmentent, plus les intérêts augmentent, plus les déficits se creusent, et plus les déficits se creusent, plus il faut emprunter. C’est tout le risque de la situation actuelle. Les marges de manœuvre des États se réduisent. Lorsque les intérêts représentent une part croissante du budget, il reste moins d’argent pour investir, financer les services publics ou même répondre à une nouvelle crise. C’est pourquoi, derrière le chiffre spectaculaire des 365 000 milliards de dollars, le véritable sujet n’est peut-être pas tant le montant de la dette que son coût. D’autant que les besoins d’investissement ne disparaissent pas, bien au contraire. Défense, énergie, intelligence artificielle, transition écologique et technologique : autant de secteurs qui nécessitent des investissements considérables et donc, pour partie, des financements publics et privés. À lire aussiLa dette des États flambe sur fond de crise énergétique et d'inflation Le problème est aussi politique. À l’approche des élections, les gouvernements disposent de moins de marge pour prendre des mesures budgétaires impopulaires. L’Institut de la finance internationale met justement en garde contre le risque de voir les trajectoires d’endettement continuer à se dégrader. Le Fonds monétaire international appelle de son côté les États à assainir leurs finances publiques. Dans un scénario défavorable, la dette publique mondiale pourrait atteindre un niveau rapporté au PIB jamais observé depuis 1948. L’enjeu est...
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