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Au sud du Liban, les habitants de Kfarchouba dénoncent l'occupation de l'armée israélienne

Au sud du Liban, les habitants de Kfarchouba dénoncent l'occupation de l'armée israélienne

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Au Liban, l’armée israélienne occupe 600 kilomètres carrés du sud du pays. Malgré un cessez-le-feu en vigueur et des négociations en cours, elle continue de raser des villages entiers, de dynamiter des zones entières, d’avancer sur le territoire libanais, de causer des destructions massives… Et de faire régner la peur, notamment dans les régions qui vivent comme dans des zones occupées. RFI est allé à la rencontre des habitants de Kfarchouba et Halta, au sud-est du Liban, à quelques kilomètres de la frontière avec Israël et la Palestine historique.

De notre envoyée spéciale à Kfarchouba et Halta,

À Kfarchouba, les habitants disent vivre sous une occupation qui ne dit pas son nom. Une occupation qui se traduit, chaque jour, par des restrictions et une peur permanente. Ferial Abdel Aal, 43 ans, raconte : « On ne sait pas à quel moment Israël peut entrer chez nous, dans nos maisons. Il n’y a aucune sécurité. Premièrement, à cause d’Israël, qui peut entrer dans le village, et deuxièmement, on ne peut pas aller sur nos terres. Ils tirent dès qu’ils voient quelqu’un, les drones sont au-dessus de nos têtes. »

La quadragénaire estime que le gouvernement libanais les a abandonnés: « Malheureusement, l’État ne s’occupe absolument pas de nous. Au minimum, qu’il nous envoie une force de l’armée libanaise pour qu’elle soit stationnée à l’entrée du village. Comme ça, nous pourrions, dans une certaine mesure, nous sentir en sécurité. Si Israël venait et voulait entrer, l’armée nous préviendrait. »

Pour le maire de KfarChouba, Kassem Kadri, le village est dans une zone grise. « Kfarchouba a souffert de lourdes destructions lors des guerres précédentes. Cette année, la municipalité a dû se plier aux exigences israéliennes pour les éviter. »

À Halta, à quelques minutes en voiture de Kfarchouba, Fadi Shebli, 53 ans, dit avoir toujours vécu sous occupation israélienne. L’an dernier, alors qu’il s’occupait de ses abeilles, il a lui aussi été pris pour cible. « J’ai pris une balle juste à côté de moi, ici, et la poussière m’est arrivée dessus. Je me suis levé, complètement hors de moi. Le poste était à environ 500 mètres de moi. Je me suis mis à crier : "Sur quoi tu tires ? Espèce d’animal !" Ma voix a porté jusque-là. Je leur ai crié que j’avais une autorisation et que je voulais savoir sur quoi ils tiraient. Je me suis mis à crier, à les insulter », raconte-t-il.

Dans ce sud du Liban, malgré la peur, les destructions et l’absence de garanties sur leur sécurité, les habitants restent. Pour eux, quitter leur terre, serait aussi abandonner ce qui leur reste.

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