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Au cœur d'une expérience de Sophie Adenot à bord de la Station spatiale internationale

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Depuis quatre mois, l’astronaute française Sophie Adenot est à bord de la Station spatiale internationale, où elle réalise 200 expériences scientifiques. Parmi elles, une dizaine ont été préparées en France par le Cnes, le Centre national d’études spatiales. Nous avons pu assister en direct à l’une d’entre elles depuis la salle de contrôle du Cnes à Toulouse. Une immersion au plus près du quotidien de la Française. Lorsqu’on y pénètre pour la première fois, le Centre d'aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (ou Cadmos) a de quoi désorienter. Un immense mur d’écrans, plusieurs rangées d’ordinateurs… Pas de doute, nous sommes bien au cœur du réacteur. « C’est ici que sont opérées toutes les expériences à bord de la Station spatiale internationale (ISS) dont le Cnes a la charge, explique Didier Chaput, responsable des vols habités au Cnes. Les écrans nous permettent d’avoir une vue sur le planning des astronautes et nous renvoient des images en direct de l’ISS. Actuellement, Sophie Adenot se prépare à réaliser l’expérience PhysioTool. » Sur les écrans de la salle de contrôle, la Française apparaît bardée de capteurs reliés à une sorte de console de jeu vidéo qu’elle tient entre ses mains. L’expérience PhysioTool, dont la tricolore est le sujet, vise à étudier le déconditionnement du corps et l’altération des fonctions cognitives en apesanteur. C’est sur ce second aspect que se concentre la manipulation du jour, explique Benoît Bolmont, enseignant-chercheur et professeur à l’université de Lorraine, qui parraine l’expérience. « Depuis le sol, on lui propose des tâches à l’écran de sa petite console et, dès lors qu’elle appuie sur un bouton ou manipule un joystick, nous avons en temps réel les réponses qu’elle apporte », développe le chercheur. À lire aussiDe la mécanique familiale à l'ISS : Sophie Adenot, une trajectoire en apesanteur Ces manipulations de la console permettent aux équipes scientifiques d’évaluer plusieurs paramètres cognitifs, « la mémoire, la prise de risque, la concentration, que l’on va corréler avec des paramètres physiologiques comme la variabilité cardiaque. Cela nous indiquera le moment où l’astronaute pourrait avoir une augmentation du stress et un impact sur ses performances cognitives », explique encore Benoît Bolmont. L'identification de ces signaux permettrait de mieux suivre les astronautes avant, pendant et après leurs missions à bord de l’ISS. À terme, l’objectif est de préparer les missions de longue durée vers la Lune ou Mars, qui mettront à rude épreuve les capacités physiques et mentales des astronautes. Des opératrices prêtes à intervenir Au cours de l’expérience, Sophie Adenot interagit avec les équipes au sol. Dans la salle de contrôle du Cadmos, deux opératrices s’assurent du bon déroulement de l’expérience. Micro-casque sur la tête, les yeux rivés sur l’écran de son ordinateur, Julie Nadal ne rate rien de la manipulation en cours. « J’ai des fiches qui me permettent de suivre minute par minute ce que Sophie Adenot fait. S’il y a des déviations de la procédure ou des questions de sa part, on peut intervenir à tout moment. » L’opératrice interagit indirectement avec la Française. Ses messages sont relayés à Sophie Adenot par une collègue basée à Eurocom, la salle de contrôle de l’Agence spatiale européenne située à Munich. Et justement, Sophie Adenot rencontre une difficulté. Son casque Bluetooth, utile à l’expérience, ne semble pas fonctionner. Pas de panique pour Julie Nadal, qui a la solution. « N’importe quel autre écouteur fera l’affaire », répond-elle à sa collègue munichoise qui s’empresse de relayer le message à la tricolore. « Cet appel n’était pas prévu, reprend l’opératrice. Quand on peut, on essaie de les anticiper pour aller plus vite et éviter à l’astronaute de perdre du temps sur son programme. » « Mais avec Sophie Adenot, poursuit Julie Nadal, un problème n’en est jamais vraiment un. C’est un plaisir de travailler avec elle. Elle fait régulièrement des messages à notre intention pour dire que c’est très agréable de travailler sur nos expériences. On a l’impression d’avoir un contact avec elle. » La matinée de travail s’achève après cinq heures d’expérience. Il faudra encore attendre plusieurs minutes pour que les équipes du Cadmos récupèrent les données scientifiques tirées de l’expérience PhysioTool. Ce sera désormais aux scientifiques de les analyser. À lire aussiDécollage de Sophie Adenot vers l'ISS : qui sont les coéquipiers de l'astronaute française pour sa mission?
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