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Au Brésil, le bois du Pernambouc, utilisé en musique, est en voie de disparition

Au Brésil, le bois du Pernambouc, utilisé en musique, est en voie de disparition

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概要

Symbole national, le « bois Brésil », connu à l’étranger sous le nom de bois de Pernambouc, est utilisé pour la fabrication d’archets d’instruments de musique dans le monde entier. Mais l’essence, en voie de disparition, fait l’objet de trafic illégal.

Gabriela Queiroz est premier violon de l’orchestre symphonique brésilien. Elle a commencé à jouer à l’âge de 4 ans. Dès qu’elle est devenue professionnelle, à 17 ans, elle a eu son premier archet en bois de Pernambouc. Depuis, elle n’utilise que ce type d’archet. « L’élasticité de ce bois nous permet de réaliser des mouvements techniques, ce qu’on appelle les "coups", de manière beaucoup plus efficace, explique-t-elle, et le son est d’une grande qualité. »

Selon le Centre national de conservation de la flore, 84 % de ce bois sauvage brésilien aurait déjà disparu malgré l’interdiction de son commerce international depuis 2007. « Est-ce qu’on veut assister à l’extinction du bois de Pernambouc en écoutant de la musique classique et en applaudissant ?, s'indigne Felipe Guimarães, agent de l’Ibama, l’institut environnemental brésilien, et spécialiste du bois de Pernambouc. On ne peut pas en arriver là et c’est justement à ça que sert l’Ibama : pour la conservation et le contrôle. Nous nous battrons jusqu’au bout, pour que cet arbre ne disparaisse pas. »

En 2018, cet agent a participé à l’opération « Do-Ré-Mi » et a découvert un vaste réseau international de trafic illégal de ce bois sauvage. Car les archets peuvent valoir jusqu’à 25 000 euros quand ils sont vendus en Europe ou aux États-Unis.

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L'ipê à la place du bois de Pernambouc

À São Paulo, Daniel Lombardi confectionne des archets dans une autre essence de bois dotée des mêmes caractéristiques : l’ipê. « Ce que vous voyez là, ce sont les fils du bois, montre cet artisan. Vous voyez comme ils suivent le sens de la baguette ? Il n’y a pas de nœuds, ni de croisement. Donc, ce bois est idéal pour faire un archet. »

Mais les archets en pernambouc restent les plus demandés, regrette-t-il : « C’est dû à une certaine tradition, à un conservatisme, mais aussi à l’ignorance, au fait de ne pas connaître d’autres bois et de penser que le pernambouc est ce qu’il y a de mieux. Mais ce n’est pas le cas. C’est un très bon bois, tout comme l’ipê ou le massaranduba, qui sont aussi de grande qualité. »

Si Daniel Lombardi estime difficile de retracer l’origine du bois qu’on lui fournit, l’archetier préfère miser sur l’éducation et le changement des mentalités des musiciens. Il rêverait de pouvoir confectionner des archets en ipê pour tout un orchestre de musique de chambre et faire apprécier la qualité des essences de bois alternatives.

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