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Arancha González Laya : «L’escalade est déjà là au Moyen-Orient»

Arancha González Laya : «L’escalade est déjà là au Moyen-Orient»

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概要

Cette semaine, nous recevons Arancha González Laya, ancienne ministre des Affaires étrangères espagnole et actuelle doyenne de la Paris School of International Affairs à Sciences Po. Elle revient sur le conflit au Moyen-Orient et le risque d’embrasement de la région ainsi que sur la brouille diplomatique entre les États-Unis et l’Espagne, seul pays européen à avoir ouvertement condamné les frappes américaines et israéliennes comme une violation du droit international. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël bombardent la République islamique d’Iran. De son côté, Téhéran lance des missiles contre des bases américains et contre les alliés de Washington dans la région. Ni prévenus, ni partie prenante, les Européens sont pris de court et craignent un embrasement du Moyen-Orient. « L’escalade est déjà là », estime Arancha González Laya, ancienne ministre des Affaires étrangères espagnole. « L’Iran a décidé que la manière de se défendre était d’étendre le conflit à d’autres pays de la région. On est donc dans un conflit à dimension régionale avec des conséquences globales », dit-elle en référence au blocage du détroit d’Ormuz par les Gardiens de la révolution entraînant un ralentissement de l’économie mondiale. La doyenne de la Paris School of International affairs à Sciences Po Paris dénonce le « choix » de Washington et Tel-Aviv d’attaquer l’Iran « sans l’accord des alliés, notamment ceux de l’OTAN ». « Ce n’est pas une guerre de nécessité, dénonce Arancha González Laya. Il n’y avait pas une urgence ou un risque imminent qui demandait une riposte de la part des États-Unis et d’Israël. Et ce n'est pas non plus une intervention à caractère humanitaire car chaque jour qui passe, on voit bien les conséquences de cette guerre sur les populations civiles. » En Europe, les Vingt-sept sont partagés sur ces frappes. Pourtant, certains pays font partie du théâtre des opérations, à l’image de Chypre visée par des missiles iraniens lancés sur une base militaire britannique installée sur l’île. « L’Europe se retrouve à devoir réagir, mais elle réagit de manière prudente, en disant ne pas vouloir rentrer dans l’offensive, explique Arancha González Laya. Mais il est aussi clair qu’ils sont prêts à se défendre quand ils sont attaqués, d’où l’envoi par certains pays européens, y compris l’Espagne, de moyens militaires, surtout navals, en Méditerranée. » Seule l’Espagne condamne les bombardements et dénonce clairement une violation du droit international. Une position qui déplaît à Donald Trump et qui l’a fait savoir en s’en prenant vertement à Pedro Sanchez, lors d’un point presse en compagnie du chancelier allemand Friedrich Merz. « Ce n’est pas la première fois que le président des États-Unis a une posture dure vis-à-vis d’un leader européen », nuance l’ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, prenant en exemple les brouilles avec l’Ukraine, le Danemark ou le Royaume-Uni. « Les leaders de ces pays ont eu des postures non-alignées avec les intérêts des États-Unis, donc Donald Trump les menace d’embargo. Le langage de la force est le seul que comprend Trump. Là où il voit de la faiblesse, il s’acharne. C’est une leçon que nous avons apprise depuis son retour à la Maison Blanche et qu’il nous faut garder à l’esprit quand nous avons un sujet sur lequel nous ne voulons pas transiger. »
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