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Afghanistan: menaces sur les ondes, l'enquête de Forbidden Stories

Afghanistan: menaces sur les ondes, l'enquête de Forbidden Stories

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概要

Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, au moins 75 journalistes ont été arrêtés, des milliers ont dû quitter la profession, notamment des femmes, et certains forcés de fuir pour leur vie. C'est le cas de Sultan Ali Jawadi, rédacteur en chef de Radio Nasim, un média local qui enquêtait sur le gouverneur de la province du Daykundi et la corruption endémique. L'ONG Forbidden Stories a poursuivi son travail et dresse cette semaine un portrait effrayant du désormais gouverneur de Kaboul, un homme aux deux visages. L’architecte de la répression d’une rédaction. « Si on est expulsé vers l’Afghanistan, on sera emprisonné ou tué par les Talibans », confie la peur au ventre Sultan Ali Jawadi. Il nous appelle depuis sa cachette pakistanaise. Impossible de sortir, le jeune trentenaire craint chaque jour les raids de la police qui ont renvoyé près d’un million d’Afghans l’année dernière. Pour le rédacteur en chef de Radio Nasim, le retour signifie la peine de mort. À la tête de ce média local, sa liberté de ton, sa couverture de l’actualité locale et ses enquêtes sur le gouverneur de la province ont déplu aux talibans. L’ONG Forbidden Stories a repris son travail, révélant l’ampleur de la répression des journalistes et l’étendue du détournement de l’aide humanitaire, le tout sous la férule d’un homme : Aminullah Obaid, gouverneur de la province du Daykundi. « Double visage » « La situation sécuritaire au Daykundi était très mauvaise après la prise de pouvoir des talibans, se rappelle Sultan Ali Jawadi. Il était nécessaire de faire une interview avec le gouverneur et que nous l'interrogions sur la situation ». En décembre 2021, à peine trois mois après la chute de Kaboul, Radio Nasim interview l’homme qui signera l’arrêt de mort du média. « Il est très affable, il a l'air bonhomme, il a toujours un sourire », décrit Eloise Layan, journaliste derrière l’enquête de Forbidden Stories. Mais c’est un homme au double visage ». « En apparence il traite les gens tout à fait correctement, mais il frappe par derrière », explique Sultan, dont le calvaire commence peu de temps après l’interview. Alors que le gouverneur veut se donner initialement une image d’homme modéré, ses actes sont rapidement plus éloquents que sa communication. Après une première arrestation, en octobre 2023, la radio est perquisitionnée, plusieurs journalistes arrêtés. Dont Sultan Ali Jawadi qui raconte avoir subi « des tortures physiques et psychologiques aux mains des talibans ». Deux mois plus tard, il est condamné à un an de prison après une longue procédure judiciaire. « C’est l’un des rares journalistes à avoir eu un procès, ou en tout cas des documents administratifs de la Cour suprême de l’État islamique qui décrivent les chefs d’accusation », explique Eloise Layan. Propagande, espionnage au service de l’Occident, collaboration avec des organisations étrangères, incitation de « la population à se soulever contre l’Émirat islamique » autant d’éléments qui révèlent les méthodes de répression des talibans, et du premier d’entre eux dans la province. « Sultan Ali Jawadi est accusé d’avoir dit que les gens dans la région vivaient dans la pauvreté, que des écoles pour filles avaient fermé, poursuit la journaliste de Forbidden Stories. On voit bien que le régime ne supporte aucune critique. » Détournement d’aide humanitaire Un harcèlement des autorités lié notamment à l’intérêt de la rédaction pour un sujet : le détournement de l’aide humanitaire. « Il a parfois maltraité des ONG et les a rackettés », explique le rédacteur en chef. « C’est comme si une ligne rouge avait été franchie, analyse Eloise Layan. C'est à partir du moment où des reportages paraissent en mettant en cause directement Aminullah Obaid dans le détournement de l’aide humanitaire que ses problèmes débutent ». Malgré cette condamnation et le harcèlement constant des autorités, Sultan Ali Jawadi poursuit son travail. Jusqu’à ce mois d’août 2025. Sa douzième arrestation est celle de trop. « Les talibans nous ont dit : Si vous continuez votre travail, vous serez tués ». Radio Nasim cesse d’émettre, ses journalistes prennent la fuite. Mais Forbidden Stories n’a pas laissé l’ex-gouverneur de la province s’en sortir sans encombre. L’enquête remarquable détaille le parcours et la corruption de celui qui était un véritable inconnu en 2021, et qui désormais a « pris une autre dimension » en devenant gouverneur de Kaboul. C’est un proche d’un co-fondateur du mouvement taliban, mollah Abdul Ghani Baradar », pointe Eloise Layan. Clairement, notre enquête fait ressortir le fait qu’Aminullah Obaid était extrêmement impliqué dans le détournement de l’aide à tel point que plusieurs ONG ont décidé d’arrêter de ...
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