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À quoi ça sert de savoir si les oiseaux se portent bien ou mal?

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Le premier baromètre avifaune publié en France par la Ligue pour la protection des oiseaux présente un bilan contrasté. La chute des espèces communes est un signal d'alerte pour la santé humaine.

Un bilan mitigé, avec quelques bonnes nouvelles, et beaucoup de mauvaises. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) vient de publier son premier Baromètre de l’avifaune sur l’état des populations d’oiseaux en France. Des données précieuses, auxquelles l’espèce humaine ne devrait pas rester insensible. Si les oiseaux vont mal, peut-être que nous, humains, n’allons pas très bien. Les oiseaux sont des espèces de lanceurs d'alerte, malgré eux, sur l'état de la nature.

« L'oiseau est reconnu comme le meilleur bioindicateur permettant de prendre la température de l'état de la nature, précise Cédric Marteau, le directeur général de la LPO. Si les oiseaux augmentent, c'est que notre environnement s'améliore : la qualité de l'air, de l'eau, de l'alimentation, des sols… À l'inverse, quand les oiseaux chutent, c'est qu'il y a encore des problèmes à régler ».

Succès des plans de conversation

C’est la bonne nouvelle de ce premier baromètre de la LPO : certaines espèces d’oiseaux se portent bien, grâce aux politiques de conservation et de réintroduction d'espèces menacées. « Si on prend soin de la nature et notamment des oiseaux, on arrive à les sauver. Cela a été le cas de la cigogne, des grands rapaces, comme des vautours, des espèces emblématiques... On a mis beaucoup d'énergie à les sauver et cela a fonctionné. Et c'est tant-mieux, évidemment. Malheureusement, pour les petites espèces, et notamment celles qui sont les plus nombreuses, il n’y a pas de plan de conservation spécifique. Et qu'est-ce qu'on constate ? Un effondrement des populations », déplore Cédric Marteau.

Ces petites espèces, comme les hirondelles, les moineaux ou les rouges-gorges, qui représentent 90% des oiseaux de France, sont en constante diminution, avec une chute des populations de 18,2% en 25 ans. L'ennemi numéro 1 de ces oiseaux, c'est l'agriculture intensive, les pesticides qui privent les oiseaux de nourriture.

Les oiseaux victimes de l'agriculture

« Les espèces qui disparaissent le plus sont les espèces qu'on va retrouver dans les plaines agricoles, et elles disparaissent principalement à cause de l'agriculture chimique avec son cortège de produits phytosanitaires. Les pesticides provoquent la disparition de la nourriture des oiseaux. On note plus de 80% de diminution des insectes sur les 30 dernières années, c’est donc autant de nourriture en moins pour les poussins. C’est d’ailleurs la première cause de mortalité chez les oiseaux », souligne Cédric Marteau. À l'échelle de l'Europe, ce sont ainsi 800 millions d'oiseaux qui ont disparu en 40 ans, à cause des pesticides, mais aussi de la mécanisation et de l'arrachage des haies.

Une solution existe pourtant : un autre modèle agricole. « Le système agricole industriel est à bout de souffle et il est temps de le changer pour les oiseaux, et à travers eux, pour notre santé. Cela devient vital, insiste le directeur de la LPO. On le voit avec les cancers pédiatriques, la qualité de l'eau… tout ça ne peut plus durer. Nous devons changer de système. Il en va de notre propre santé ». Parce que tant que les oiseaux chanteront, nous, humains, nous pourrons danser.

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