『À la Une: le Washington Post dans la tourmente』のカバーアート

À la Une: le Washington Post dans la tourmente

À la Une: le Washington Post dans la tourmente

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る

概要

« La démocratie meurt dans l’obscurité » : c’est la fière devise du Washington Post affichée chaque jour en première page sous le titre du journal. Et il semble bien que des jours sombres s’annoncent pour le plus prestigieux des quotidiens américains. « Un jour de deuil et de colère, prévisible et redouté, s’exclame Le Monde à Paris. Ainsi a été vécu ce mercredi 4 février au sein de la rédaction du Washington Post, déjà traumatisée par une crise interne, éditoriale et économique, depuis plusieurs années. Dans la matinée, au cours d’une réunion en ligne, le directeur exécutif Matt Murray a annoncé un plan de licenciements massif, touchant tous les services. L’entreprise, qui appartient à Jeff Bezos, le patron du groupe Amazon, va se séparer d’environ un tiers de ses employés, et notamment de 300 journalistes sur un total de 800. Ces mesures drastiques sont censées répondre aux pertes financières qui s’accumulent depuis 2023. (…) Des pans entiers du journal seront décimés, précise Le Monde : l’information locale, les sports, le service livres et la couverture internationale, avec la fermeture de postes pourtant emblématiques, comme à Jérusalem ou à Kiev. "Renvoyée du Washington Post, en compagnie de toute la brochette des correspondants au Moyen-Orient", confirmait sur X hier la correspondante au Caire, Claire Parker. (…) "Je viens juste d’être licenciée par le Washington Post au milieu d’une zone de guerre, écrit la correspondante à Kiev, Lizzie Johnson. Je n’ai pas de mots. Je suis dévastée". » Un véritable « bain de sang » « La démocratie meurt dans l’obscurité »: cette fière devise du Washington Post était affichée en Une du journal depuis 2017, relève la Repubblica à Rome : « une forme d’avertissement et d’engagement à défendre la vérité avec ferveur, pris en pleine première ère Trump. Une devise qui s’est muée en une prophétie tragique. » En effet, soupire le quotidien italien, « un véritable "bain de sang", comme l’ont décrit sur les réseaux sociaux les journalistes licenciés sur-le-champ. Avec pas moins de 76 prix Pulitzer remportés par le journal au fil des ans, rendu prestigieux depuis les années 70 par sa légendaire directrice Katharine Graham, ce journal a été un moteur d’enquêtes qui ont contribué à écrire l’histoire américaine, des Pentagon Papers sur la guerre du Vietnam, au scandale du Watergate qui a conduit à la démission de Richard Nixon. En 2013, le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, l’avait racheté aux héritiers de la famille Graham pour 250 millions de dollars. Le milliardaire, qui s’est récemment rapproché de Donald Trump, à tel point qu’il a financé le documentaire sur sa femme Melania à hauteur de 75 millions de dollars, le milliardaire a donc décidé d’éteindre ce phare de l’information. » Bouleversements en série Déjà rappelle le Wall Street Journal, « ces dernières années, le Washington Post avait procédé à plusieurs vagues de rachats et de licenciements, supprimant des centaines d’emplois dans tous les services. Il y avait eu aussi ce tollé général à l’automne 2024 après que Jeffe Bezos avait retiré son soutien à la vice-présidente Kamala Harris juste avant l’élection présidentielle. En quelques jours, le Washington Post avait perdu plus de 250.000 abonnements. Et l’année dernière, rappelle encore le Wall Street Journal, le milliardaire avait déclaré vouloir recentrer la section Opinions du Washington Post sur la défense des libertés individuelles et du libre marché, plutôt que d’offrir un espace d’expression à une diversité de points de vue. Une décision qui avait entraîné la démission et le départ de nombreux journalistes et chroniqueurs. » Enfin ce commentaire de Marty Baron, ancien rédacteur en chef du Washington Post, à lire dans le New York Times : « la journée d’hier a été l’un des jours les plus sombres de l’histoire de l’une des plus grandes organisations de presse au monde. Les ambitions du Washington Post seront fortement réduites, son personnel talentueux et courageux décimé et le public sera privé des reportages de terrain, factuels et essentiels dans nos communautés et à travers le monde, dont nous avons plus que jamais besoin. »
まだレビューはありません