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À la Une: l'Europe de l'Ouest face à un épisode de chaleur «inédit»

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« C’est encore le printemps en Europe, mais la chaleur bat déjà des records », s’étonne le New York Times. « Des files d’attente de Londoniens devant les piscines et les étangs publics. Des brumisateurs qui arrosent les spectateurs du tennis à Roland-Garros. Des usagers entassés dans des transports en commun étouffants à Londres, Paris ou Madrid. Et l’été n’a même pas commencé », s’exclame le journal. « Les vagues de chaleur en Europe sont devenues plus fréquentes et plus intenses ces dernières années », constate le New York Times. Pourquoi ? Réponse du quotidien américain : « Les scientifiques attribuent régulièrement ce phénomène à la hausse des températures mondiales, principalement due à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. » Confirmation : « Une étude publiée hier sur site Climamètre, menée par des climatologues de plusieurs pays conclut que ces pics de température extraordinaires "sont principalement attribuables au changement climatique d’origine humaine". » Et il n’y a pas que l’Europe, pointe encore le New York Times : « L’Asie est également confrontée à des chaleurs record. Ces deux dernières semaines, les températures en journée ont dépassé les 45 degrés dans le centre et le nord de l’Inde, ainsi qu’au Pakistan. » Des données scientifiques sans équivoque… Friederike Otto, professeure de climatologie à l’Imperial College de Londres, confirme dans les colonnes du Guardian : « Cette chaleur record porte indéniablement la marque du changement climatique, affirme-t-elle. Des températures de cette ampleur étaient autrefois exceptionnelles, même en plein été. Observer 35 degrés au Royaume-Uni au printemps est absolument stupéfiant, mais les données scientifiques sont sans équivoque : le changement climatique rend ces vagues de chaleur plus intenses, plus longues et bien plus fréquentes. » Et la climatologue britannique de prévenir : « Le climat dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est tout simplement pas celui que nous avons connu, et nos bâtiments et infrastructures sont terriblement mal préparés à ce qui nous attend. » « Exceptionnel, historique, inédit… » « Ils n’ont plus les mots », constate pour sa part Libération à Paris. « Face à l’épisode de chaleur précoce qui s’abat depuis la fin de semaine sur la France et plus largement sur l’Europe de l’Ouest, même les scientifiques commencent à manquer de vocabulaire : "Exceptionnel, historique, inédit…" Si les climatologues alertent depuis plusieurs années sur l’inévitable accroissement d’épisodes caniculaires plus intenses, plus durables et toujours plus tôt dans l’année, en raison du réchauffement climatique induit par les activités humaines, force est de constater que tout le monde reste pris de court, pointe le journal. Chez Météo France, la saison des canicules et les vigilances qui y sont liées ne commencent d’habitude pas avant le 1er juin. La météo des forêts, lancée en 2023 et qui n’est pas censée démarrer avant début juin, va être lancée dès demain jeudi. Du côté du gouvernement, relève encore Libération, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, n’a prévu de réunir ses ministres que de demain "pour faire le point sur la préparation des services de l’État" face à un épisode de chaleur déjà largement en cours. En attendant, les ministères de la Santé et de la Transition écologique ont organisé, en catastrophe, des conférences de presse hier pour répéter les mêmes discours de prévention, d’ordinaire martelés durant l’été : boire beaucoup d’eau, fermer ses volets, limiter la consommation d’alcool, réduire l’activité physique… » Un été sec ? Inquiétude également en Suisse où la sécheresse menace… « Météo Suisse indique que le pays vient de connaître l’un des printemps les plus secs depuis 1901, rapporte Le Temps à Genève. Les experts notent que "la situation à l’approche de l’été n’est pas sans rappeler les sécheresses historiques de 1944 et 1976". » Alors va-t-on vers un été caniculaire ? s’interroge Le Soir à Bruxelles. « Faire des prévisions à long terme n’est jamais aisé pour les météorologues, mais Pascal Mormal de l’Institut royal de météorologie ose s’y aventurer cette fois, pointe le journal, car il constate la présence de "quelques signaux : les modèles météo que nous utilisons présentent déjà des esquisses permettant de penser que l’on va connaître un été chaud, annonce-t-il. Ces modèles se basent sur des données telles que la température des océans. Tous les modèles sont cohérents entre eux pour dire que cet été sera plus chaud que la moyenne". »
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