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À la Une: l’Europe suffoque à nouveau

À la Une: l’Europe suffoque à nouveau

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Encore un nouvel épisode de chaleur intense à partir de ce jeudi, encore une canicule… C’est l’Europe entière qui est concernée. Le Guardian à Londres s’interroge : « L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement par rapport au reste du monde, pourquoi ? (…) Pourquoi l’Europe est-elle le continent le plus touché par le réchauffement climatique ? » Il y a quatre explications, avance le quotidien britannique. Tout d’abord, la proximité avec l’Arctique : « L’Arctique est la région du globe qui se réchauffe le plus rapidement, malgré l’absence de terres émergées. Ceci s’explique par la fonte rapide de la calotte glaciaire polaire, qui réfléchit normalement la majeure partie du rayonnement solaire vers l’espace. De ce fait, l’océan, plus sombre, absorbe davantage de chaleur, ce qui accélère la fonte des glaces et crée un cercle vicieux. » Autre explication, pointe le Guardian : en 20 ans, l’Europe a perdu un tiers de sa couverture neigeuse. Là aussi, comme au pôle Nord, toute cette neige réfléchissait la lumière du soleil et apportait de la fraîcheur. Il y a aussi la modification du courant-jet : cette bande de vents d’ouest puissants qui maintenait l’air frais maritime soufflant de l’Atlantique vers l’Europe. Ce courant-jet est moins régulier qu’auparavant, il se divise, avec des zones de vents faibles où la chaleur peut rester piégée pendant des jours. Urgent de réduire rapidement les émissions de CO2 ! Enfin, relève le quotidien britannique : la réduction de la pollution atmosphérique observée en Europe a favorisé le réchauffement… En effet, la limitation des émissions industrielles a certes amélioré la qualité de l'air pour les Européens, mais a également réduit la quantité de particules en suspension dans l’air. Or, ces particules peuvent réfléchir les rayons du soleil ou favoriser la formation de nuages. Donc la baisse de la pollution a accentué le réchauffement… En tout cas, conclut le Guardian, « le réchauffement observé en Europe entraine une intensification des feux de forêt, des sécheresses, des tempêtes, des pluies torrentielles et des inondations. Tous ces phénomènes affectent profondément les vies et les moyens de subsistance sur le continent et continueront de s’aggraver jusqu’à ce que les émissions nettes atteignent la neutralité carbone. Il est urgent de réduire rapidement les émissions de CO2 et de mettre en œuvre des mesures de protection des citoyens ». Comment payer la facture ? Sur le plan économique, ces canicules à répétition ont un impact certain. En France, « la facture risque d’être salée : jusqu’à 15 milliards d’euros, selon Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique ». C’est ce que pointe Le Monde. Le Monde qui cite aussi cette étude de la société d’investissement néerlandaise, Triodos Bank qui affirme que « les températures extrêmes pourraient amputer de 1 point et demi la croissance du pays en 2026 et la faire basculer en territoire négatif, à − 0,7 % ». Attention, prévient pour sa part Le Figaro : « Face à la lourde facture de la canicule, l’État est nu. (…) Endettée jusqu’au cou, croulant sous les déficits, incapable d’enrayer la fuite en avant de la dépense publique, la France n’a plus aucune ressource pour faire face aux circonstances exceptionnelles. (…) 10 milliards ? 15 milliards ? La facture sera salée, pointe encore Le Figaro, et il faudra bien la régler. Les assurances ne combleront pas tout. Les agriculteurs, premières victimes de la sécheresse, réclament déjà des "milliards" à l’État ». Changer l’esthétique des villes ? Enfin, quelles solutions pour se protéger de la chaleur ? Libération prend l’exemple de Paris. « Avec ses toits en zinc et ses façades haussmanniennes, la capitale a montré son impréparation face aux derniers épisodes caniculaires », pointe le journal. Mais cela n’est pas une fatalité… « Architectes, ingénieurs et artistes ont anticipé des solutions pour rafraîchir la ville, à la condition de voir le paysage parisien transformé » : des toits végétalisés, des panneaux solaires installés à large échelle, des ombrages dans les rues, des auvents, des claustras… et même des double-peaux isolantes pour les tours en verre… Conclusion d’un des architectes cités par Libération : « il nous faut un nouveau Baron Haussmann écologique. Paris est belle en raison de l’homogénéité de son langage. Il faut maintenant la repenser à l’aune du climat qui change ».
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