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À la Une: l’Europe en panne sèche

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« La grande sécheresse ravage le cœur de l’Europe » : c’est le grand titre d’El Pais à Madrid. « La grande sécheresse européenne n'a pas seulement transformé une nature autrefois luxuriante en désert aride. Elle a déclenché une série complexe de crises aux multiples effets domino touchant d’innombrables secteurs, des prix alimentaires au transport de marchandises, en passant par la production d’énergie et les prévisions de croissance des principales économies, menaçant le PIB du continent : le choc économique à court terme, estime le quotidien espagnol, sera d’au moins 50 milliards d’euros ». El País donne des exemples : « l’Italie demande de l’eau à la Suisse afin de prévenir la destruction des rizières. La Hongrie a définitivement fermé sa seule centrale nucléaire qui était refroidie par les eaux désormais asséchées du Danube. Les péniches transportant des biens essentiels vers Rotterdam via le Rhin ne naviguent qu’à 30 % de leur capacité pour éviter de s’échouer. La production de blé au sein de l’Union européenne devrait chuter de 24 % cette année, ce qui représente un manque à gagner d’environ deux milliards d’euros pour les agriculteurs. » Les cours d’eau au plus bas… Le Temps à Genève publie une carte des cours d’eau en Europe. Tous les fleuves et rivières sont en rouge ou orange… Et le « rouge foncé couvre une très large part du continent, pointe le quotidien suisse, de la Loire au Pô en passant par le Rhin et le Danube. Signe d’un étiage – le plus bas niveau atteint dans l’année – sans équivalent depuis au moins trois décennies. » Le Temps qui relève aussi que « le château d’eau de l’Europe, la Suisse, est quasiment à sec, avec 83 % du réseau hydrographique en sécheresse sévère ou extrême. » Libération à Paris prend l’exemple des maraîchers bretons, « frappés de plein fouet par la sécheresse » : « certains n’ont pas d’autre choix que d’abandonner certaines parcelles pour en favoriser d’autres. » C’est le cas dans cette exploitation du Morbihan : « Un verger planté en agroforesterie, où les pommiers alternent avec des rangées de légumes, n’a pas reçu une goutte d’eau depuis des semaines. Sur les 2 000 salades que les maraîchers y avaient plantées, à peine 150 ont pu être sauvées. Le reste, invendable, est parti à la poubelle. Les autres légumes, courges, betteraves et carottes seront perdus. » Promesses gouvernementales « L’agriculture souffre et s’inquiète pour son avenir », soupire Le Monde. « Chute de production pour les légumes et les grandes cultures céréalières, manque de fourrage pour le bétail… L’ensemble des filières agricoles traversent un été catastrophique, dont les conséquences pourraient être sans précédent. Face à leur désarroi, le gouvernement promet une réponse "rapide et forte", (…) avec des "enveloppes ciblées" laissées "à la main des préfets" pour "soutenir les trésoreries et la remise en production", des fonds pour le dispositif public d’indemnisation des pertes, une baisse de la taxe foncière et de cotisations sociales pour les exploitations "les plus fragilisées" et enfin des mesures de soutien et d’investissement dans le projet de budget pour 2027, qui sera présenté fin septembre. » En attendant, pointe encore Le Monde, « après cet été historique, les agriculteurs savent qu’ils vont devoir adapter leurs modes de production ou d’élevage face à un climat qui s’annonce de plus en plus extrême. "Il faut travailler sur les fourrages, des variétés qui poussent plus tôt ou plus tard dans la saison et plus résistantes à la chaleur", avance l’un d’entre eux. "Plutôt que des carottes, peut-être qu’on fera des olives ou de la pistache dans la Manche d’ici quelques décennies", hasarde un autre. Tous savent aussi que l’irrigation sera un sujet, ce qui posera inévitablement le débat brûlant de l’accès à l’eau et de son partage. » Sombre constat Enfin, ce qui était une prédiction devient certitude, grimace la Repubblica à Rome : « D'ici 30 ans à 50 ans, les températures extrêmes et la sécheresse rendront une grande partie de la planète inhabitable. Il ne s’agit pas d’une simple prophétie apocalyptique de plus, mais d’un constat établi à partir d’études sérieuses, dont le nombre ne cesse de croître. » Déjà, pointe le quotidien italien, « l’ensemble du monde riche ferme ses frontières. Que se passera-t-il lorsque des milliards de personnes se déplaceront pour survivre ? » À lire aussiLes leçons d'un été brûlant: pourquoi la sécheresse de 2026 est-elle vraiment historique? (2/4)
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