À la Une: Washington frappe Kabila, Jacquemain Shabani sauvé de justesse, un mort-né au ministère des Mines
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On ouvre avec le trihebdomadaire Ouragan qui titre : « Washington frappe Joseph Kabila ». Les États-Unis ont sanctionné jeudi l’ancien président congolais, l’accusant de contribuer à l’instabilité dans l’est du pays via un soutien présumé aux groupes armés M23 et Alliance Fleuve Congo. Pour l’Ouragan, ces sanctions constituent « un instrument supplémentaire » mobilisé par Washington pour tenter de freiner l’escalade des violences dans cette région en proie à des conflits persistants.
Dans Infos27, le ton est plus tranché : « Sanctions américaines contre Kabila, un isolement financier, politique et diplomatique à effets immédiats », écrit ce quotidien de Kinshasa. Le journal estime que l’ancien chef de l’État entre désormais dans une véritable zone d’exclusion internationale. Gel des avoirs, rupture avec les circuits bancaires mondiaux, interdiction de transactions avec des entités américaines : ces mesures « dépassent le symbole », insiste le quotidien. Elles visent, selon lui, à désorganiser les réseaux de soutien aux conflits armés et à réduire les marges de manœuvre de l’ex-président. Infos27 souligne également que cette inscription sur la liste noire américaine devient un marqueur global de risque. Elle entraîne une marginalisation progressive dans les réseaux économiques et commerciaux, tout en installant une pression politique et diplomatique durable sur l’ancien dirigeant congolais.
Jacquemain Shabani sauvé de la guillotine politiqueChangeons de registre avec Le Potentiel. La motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité a été rejetée dès l’étape de recevabilité, sans examen du fond. En cause : des irrégularités jugées graves dans la collecte des signatures, relevées lors de la plénière. Pour le quotidien kinois, il s’agit d’un « échec cuisant » pour les initiateurs de la motion, permettant à Jacquemain Shabani de conserver son poste au sein du gouvernement Suminwa II. Mais pour Le Potentiel : « Lorsque les mécanismes de procédure prennent le dessus sur le débat de fond, certains y voient une dérive formaliste qui affaiblit le rôle de contre-pouvoir du Parlement. D'autres, au contraire, y verront le respect strict des règles du jeu démocratique, évitant des initiatives jugées irrégulières ou politiquement opportunistes », fin de citation.
Le Nouvel Observateur estime pour sa part que l’issue était prévisible. Le journal critique sévèrement les députés de l’Union sacrée de la Nation, accusés de loyauté partisane et d’intérêts financiers. Il évoque même des pratiques de corruption persistantes à l’Assemblée nationale, rappelant plusieurs scandales passés restés sans sanctions.
Un mort-né au ministère des MinesEt nous terminons avec Africanews et la polémique autour de la « Garde minière ». Présentée comme une réforme majeure du secteur minier, cette force paramilitaire de 20 000 agents devait être financée à hauteur de 100 millions de dollars grâce à des partenariats avec Washington et Doha. Mais l’annonce n’aura tenu que 24 heures.
Le 28 avril, l’ambassade des États-Unis à Kinshasa a catégoriquement démenti toute implication financière. Un désaveu cinglant qui fragilise le projet dès sa naissance. Africanews parle d’une « gifle institutionnelle » révélant une improvisation au sommet du ministère des Mines. L’ancien ministre Eugène Diomi Ndongala dénonce, lui, une initiative inconstitutionnelle et dangereuse, franchissant plusieurs lignes rouges.
Conclusion du tabloïd : un projet coûteux, risqué et mal conçu, qui s’effondre avant même d’avoir pris forme. Une réforme avortée en 24 heures.