À Saint-André avec Naheel
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Dans ce troisième épisode d’Échos de quartier, Naheel nous ouvre les portes de Saint-André, dans les quartiers nord de Marseille. Un territoire souvent raconté par d’autres, à travers les faits divers, les statistiques ou les clichés. Lui a choisi de raconter ce qu’il connaît : la vie quotidienne, les souvenirs d’enfance, les solidarités discrètes et les liens qui se tissent entre habitants.
Au fil de la conversation, il revient sur une réalité moins visible : celle des discriminations que rencontrent encore de nombreuses personnes issues des quartiers populaires. Malgré leurs diplômes et leurs compétences, elles se heurtent à des préjugés sociaux, raciaux ou territoriaux. Certains de ses amis sont même allés jusqu’à cacher leur adresse pour éviter d’être jugés avant même un entretien.
Pourtant, l’histoire que raconte Naheel ne se résume pas à ces obstacles. À Saint-André, il a grandi dans un environnement où se côtoyaient de multiples cultures. Comme il le dit lui-même, on y trouvait « des Gitans, des Maghrébins, des Noirs et plein d’autres communautés ». Derrière les étiquettes, il se souvient surtout des copains, des jeux dans la rue, des éclats de rire et des amitiés qui rendaient les préjugés bien moins solides que les discours qui les entretiennent.
Cette force du collectif apparaît aussi dans l’un des souvenirs les plus marquants de son enfance : le grand incendie de 2011. Lorsque sa famille s’est retrouvée dans l’impossibilité de vivre chez elle, les voisins et voisines ont répondu présents. Hébergement, aide matérielle, soutien moral : dans l’épreuve, le quartier a montré un autre visage, celui d’une communauté capable de se mobiliser pour les siens.
À travers son témoignage, Naheel ne cherche ni à idéaliser ni à condamner les quartiers nord. Il raconte un territoire complexe, traversé par de vraies difficultés, mais aussi par une richesse humaine, culturelle et sociale que l’on entend rarement. Un récit qui invite à regarder au-delà des réputations toutes faites et à écouter celles et ceux qui vivent ces quartiers de l’intérieur.