『«Passeur(s)», thriller graphique au plus près des trafiquants d’êtres humains』のカバーアート

«Passeur(s)», thriller graphique au plus près des trafiquants d’êtres humains

«Passeur(s)», thriller graphique au plus près des trafiquants d’êtres humains

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Basé sur les enquêtes et reportages du journaliste belge Frédéric Loore, un roman graphique raconte le trafic d’êtres humains vu par ceux qui l’organisent.

Des récits sur les filières migratoires et la traite des êtres humains, il y en a à foison. Mais raconter les migrations du point de vue non pas des migrants ou des ONG, mais du point de vue du passeur, voilà qui est beaucoup plus rare. C’est le défi relevé avec succès par cet album dessiné avec la force des nuances de gris, de noir et de sépia par l’Argentin Fernando Baldó : ses plans serrés sur des visages - parfois taiseux mais toujours très expressifs- donnent un relief impressionnant à la tension narrative du scénario de Damien Perez et Frédéric Loore.

Journaliste indépendant, collaborateur régulier de l’édition belge de Paris Match, Frédéric Loore enquête depuis des années sur le trafic de migrants et la traite des êtres humains. Ses reportages ont évidemment nourri le scénario concocté avec Damien Perez, journaliste membre de la rédaction du journal Spirou. En ressort un album profondément humain, qui permet au lecteur de s’immerger dans une réalité dont il ignore souvent la complexité.

Un anti-héros ambigu

Au cœur du récit, Awar, un anti-héros particulièrement ambigu, à l’abord impénétrable et dont on découvre au fil des pages le douloureux passé, qui continue à le tourmenter. Kurde de Syrie installé à Londres, il est envoyé en Turquie pour convoyer jusqu’en Angleterre une soixantaine de « touristes » comme il les appelle. En réalité, des migrants exploités qui payent cher leur passage vers un faux eldorado qui n’est qu’un mirage. Parmi eux, une très jeune fille kurde, Esrin, qui fuit les combats en Syrie, et dont le caractère farouche et révolté s’accommode bien mal des mauvais traitements dont elle et ses congénères sont les victimes.

« Traite » et « trafic » des êtres humains : deux notions différentes

À la fin de l’album, un dossier très complet explique les fondements juridiques de la traite des êtres humains (TEH), crime contre la personne et violation des droits humains fondamentaux, qui « correspond à de l’esclavage moderne, à l’exploitation de personnes (en situation de vulnérabilité, dans la grande majorité des cas) » avec ou sans consentement, qu’il s’agisse d’exploitation économique, sexuelle, par mendicité forcée, par criminalité forcée ou à des fins de prélèvements d’organes. Une notion différente du trafic d’êtres humains qui désigne « l’organisation d’un passage illégal de frontière d’une personne qui y est consentante, contre de l’argent ou un autre type de rétribution ». Des cartes et un QR code apportent également des précisions bienvenues. L’album est soutenu par la Fondation Samilia -reconnue d’utilité publique en Belgique- qui lutte contre le trafic d’êtres humains.

Passeur(s), de Frédéric Loore, Damien Perez et Fernando Baldó (Dupuis).

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