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«Les fils de l’Aigle», comment être pacifiste pendant la guerre du Vietnam

«Les fils de l’Aigle», comment être pacifiste pendant la guerre du Vietnam

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En suivant les traces de deux mutins américains pendant la guerre du Vietnam, Antonin Varenne livre un roman puissant qui raconte la pacifisme des années 70 tout en interrogeant notre rapport à l’engagement, au courage et à nos choix individuels et collectifs.

Claude McKay et Alvin Glatkowski. Les noms de ces deux marins américains sont très peu connus, ils ont pourtant participé à un des épisodes les plus singuliers de l’histoire contemporaine des États-Unis : la mutinerie du SS Columbia Eagle, en 1970.

Une cargaison de 10 000 tonnes de napalm

Singulière aussi, la cargaison du cargo : affrété par le département américain de la Défense, ses cales transportent des bombes au napalm destinées à l’US Air Force engagée au Vietnam contre les communistes. 10 000 tonnes ! Suffisamment dangereux pour justifier le versement aux marins d’une prime de risque rondelette. Et pour susciter la colère de deux jeunes pacifistes, dans une Amérique embourbée dans un conflit bien meurtrier.

Deux enfants de l’Amérique des années 70

Si Antonin Varenne a choisi Les Fils de l’Aigle comme titre de son nouveau roman, ce n’est pas seulement à cause du nom du bateau. C’est surtout parce que les deux jeunes hommes sont des enfants de l’Amérique des années 70 : deux fils de militaires en rupture de ban avec un père absent, militaire raté ; deux jeunes engagés dans la marine marchande pour prendre enfin les rênes de leur destin ; deux pacifistes convaincus, mais de manière différentes : Claude McKay, engagé dans le syndicalisme marxiste, est un révolutionnaire convaincu ; Alvin Glatkowski est en revanche moins politisé : traumatisé lors d’une escale au Vietnam, il est cependant devenu objecteur de conscience. Ensemble, ils vont fomenter un projet complètement fou : prendre le contrôle du bateau et le détourner. À deux contre quarante. Mais pour sauver des vies.

Une profonde humanité et d’âpres questionnements

Cette histoire, Antonin Varenne nous la raconte à travers une conversation dans un bar désert de Los Angeles entre deux autres personnages, très complémentaires eux aussi : Tim O’Brien, un flic angoissé après le départ de son fils au Vietnam et qui est confronté aux manifestations et aux « happenings » des babas cools et autres pacifistes ; et le journaliste Richard Linnett. C’est ce dernier qui tisse peu à peu les fils d’un récit dont le souffle – à la fois romanesque et cinématographique-, est empreint d’une profonde humanité et d’âpres questionnements sur l’engagement, les convictions pacifistes, le courage individuel et collectif, la fragilité corporelle et psychologique, les raisons et l’impact de nos choix…

Les fils de l’Aigle, Antonin Varenne (Gallimard).

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