«Le tarbouche magique», d’Emmanuel Villin et Zeina Abirached, conte moderne entre Orient et Occident
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Invitée du Lyon BD Festival dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, la dessinatrice libanaise Zeina Abirached publie avec Emmanuel Villin un conte pour enfants aux allures d’Aladin.
De [Beyrouth] Catharsis et 38, rue Youssef Semaani (Cambourakis, 2006) à son adaptation du livre de Khalil Gibran Le Prophète (Seghers, 2023), le Liban et sa capitale sont toujours en toile de fond des albums de l’auteure et dessinatrice franco-libanaise Zeina Abirached. Rien d’étonnant qu’elle figure parmi les invités que le Lyon BD Festival a choisi de mettre à l’honneur, en partenariat avec la Saison Méditerranée 2026. Elle y propose jusqu’au 31 juillet une exposition dont le titre « Il fallait un peu de rêve » entre en résonnance avec le court roman jeunesse qu’elle a illustré il y a quelques mois dans la collection Mouche de l’École des Loisirs.
Pas de lampe merveilleuse dans ce conte écrit par Emmanuel Villin, mais un autre objet qui donne son titre au récit : Le tarbouche magique. Le couvre-chef -de couleur rouge vif- apparaît au centre de la couverture, sur la tête de Zalfa, la petite fille qui en est l’héroïne.
De Zalfa à ZeinaLa coiffure de Zalfa ressemble à s’y méprendre à la chevelure de la dessinatrice. Et comme leurs deux prénoms commencent par la même lettre, le lecteur averti n’aura aucun mal à faire le rapprochement avec la dessinatrice, et à passer de Zalfa à Zeina. Pourtant, aucune mention de Beyrouth, ni du Liban, ni d’aucun autre lieu géographique, si ce n’est la maison des grands-parents de la fillette. Nous sommes bien dans un conte contemporain, dans une histoire universelle susceptible d’intéresser tous les enfants du monde, ceux qui rêvent de tablettes ou de téléphones.
Tarbouche et babouchesPourtant, un autre clin d’œil à la culture orientale se glisse dans le texte et le dessin : les babouches -dont le nom -faut-il le préciser- rime avec tarbouche-, d’ailleurs du même rouge vif. Ces deux objets appartiennent au passé du grand-père, une vie antérieure inconnue de sa petite-fille, et constituent autant de portes d’entrée potentielle vers l’imaginaire et la culture orientale.
Un autre tarbouche dans Le Piano orientalUn tarbouche, il y en avait aussi un dans l’un des grands succès de Zeina Abirached, Le Piano oriental (Casterman, 2019). C’était l’un des principaux attributs du héros, Abdallah Kamanja, l’inventeur du dit instrument, capable de rapprocher les traditions musicales d’Orient et d’Occident. Petit détail : le personnage était… le grand-père de la narratrice ! A se demander si ce nouveau conte illustré n’est pas le petit-frère du roman graphique.
Le tarbouche magique, Emmanuel Villin & Zeina Abirached (L’École des Loisirs)