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«La découvreuse oubliée» de la trisomie 21, le théâtre rend justice à Marthe Gautier

«La découvreuse oubliée» de la trisomie 21, le théâtre rend justice à Marthe Gautier

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概要

Au Théâtre de la Reine Blanche, Marie-Christine Barrault et sa petite-fille Marie Toscan se mettent dans la peau de Marthe Gautier, médecin brillante mais largement spoliée de sa découverte : la trisomie 21.

Physicienne -elle est spécialiste de la mécanique de la rupture des matériaux-, Elisabeth Bouchaud est aussi comédienne, autrice et directrice depuis avril 2014 du Théâtre de la Reine Blanche, théâtre indépendant du XVIIIè arrondissement de Paris, dont la programmation est largement inspirée des sciences dans toutes leurs diversités. Depuis 2022, elle y propose la série théâtrale Les Fabuleuses, qui retrace le parcours de femmes de science méconnues. La découvreuse oubliée en est le quatrième volet.

Invisibilisée

Le titre du spectacle reprend l’expression que Marthe Gautier (1925-2022) utilisait à propos d’elle-même : découvreuse en 1958 de l’anomalie génétique baptisée trisomie 21 ; mais oubliée, parce qu’elle fut longtemps invisibilisée, jusqu’à ce que le comité d’éthique de l’INSERM finisse par lui rendre justice.

Marie-Christine Barrault donne corps avec une émouvante sobriétés aux fêlures de cette femme brillante et droite, passionnée par ses recherches scientifiques et par la spécialité médicale à laquelle elle consacrera sa vie : la cardio-pédiatrie. À l’heure du bilan, la dame aux cheveux blancs raconte son parcours à une jeune journaliste (Marie Toscan), qui devient aussi sur scène la jeune Marthe : le passage de relais entre les deux comédiennes résonne avec d’autant plus de force que la plus jeune est à la ville la petite-fille de l’autre !

Ce n’est que l’un des clins d’œil de la mise en scène de Julie Timmerman, remarquablement rythmée et teintée d’humour, notamment à travers les rôles secondaires incarnés par le génial Mathieu Desfemmes, qui endosse tour à tour le costume de l’huissier, la blouse du médecin et la soutane du pape Jean-Paul II, grand ami du professeur Jérôme Lejeune !

Généticien sans gêne

C’est ce dernier qui se retrouve avec le mauvais rôle, lui qui fut pourtant longtemps considéré comme le véritable découvreur. Tout en regards matois, Matila Malliarakis forge la légende d’un jeune généticien aussi ambitieux que peu scrupuleux, catholique fervent dévoué à ses patients, qui -non content de s’attribuer éhontément les résultats obtenus par sa collègue-, alla même jusqu’à trahir celui qui lui offrira la succession qu’il guignait.

Mais ce que l’on retient, c’est aussi le poids de la société patriarcale. « Dans les années cinquante et soixante, le monde de la médecine était un monde d’hommes avides de pouvoir, qui n’hésitaient pas à s’entre-déchirer pour obtenir la première place, le meilleur poste, les honneurs. Les femmes, elles, ne pouvaient que se taire, pardonner à ceux qui les dépouillaient de leurs résultats et des récompenses qui leur revenaient », dit Marthe Gautier à la jeune journaliste. On mesure le chemin parcouru. Mais pas sûr qu’on soit au bout.

La découvreuse oubliée, au Théâtre de la Reine Blanche jusqu’au 29 mars 2026.

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