Au Venezuela, le séisme a révélé une censure toujours bien présente
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Au Venezuela, le double séisme qui a gravement touché, le 24 juin dernier, plusieurs régions du centre et de l’ouest du pays, a fait au moins 6 509 morts, selon un nouveau bilan du gouvernement par intérim. Mais aussi des milliers de disparus et d’importants dégâts. Une catastrophe que les populations affrontent avec un accès toujours limité à une information libre et indépendante. Car malgré la disparition du président Nicolas Maduro, enlevé par les États-Unis le 3 janvier dernier, la censure n’a pas disparu. Les associations de journalistes dénoncent des années de contrôle de l’information et de répression du journalisme. Elles appellent les autorités à rétablir en urgence l’accès aux médias et aux outils d’information.
« Je suis certaine que si le séisme avait eu lieu avant le 3 janvier, la limitation d’accès aux zones sinistrées aurait été pire que ce que nous avons connu. Le contraste était saisissant. Nous, les journalistes, avons pu y accéder... », explique Delvalle Canelón, secrétaire de l’Ordre des journalistes du Venezuela. Il le reconnaît : avant le 3 janvier 2026, date de l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis, jamais les journalistes n’auraient pu accéder aux zones sinistrées comme ils ont pu le faire après le séisme du 24 juin dernier.
Mais cette ouverture nouvelle ne signifie pas la fin de la censure. La répression des journalistes et le contrôle de l’information, qui durent depuis de nombreuses années au Venezuela, n’ont pas disparu depuis que Delcy Rodríguez assure l’intérim du pouvoir. C’est ce qu’explique Alicia Quiñones, de PEN International, une organisation qui lutte pour la protection de la liberté d’expression dans le monde : « Même si on observe certains progrès, il y a toujours un dispositif mis en place contre la liberté d’expression, et qui s’inscrit dans un cadre juridique : c’est ce qui permet au gouvernement vénézuélien de restreindre et de criminaliser l’exercice de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Ce système perdure et existe toujours ».
Blocages des sites d'informationLe séisme a exacerbé ces restrictions. Si Twitter a été partiellement débloqué, permettant aux journalistes et aux citoyens de s’informer rapidement après le séisme, au moins 65 sites d’information nationaux et internationaux restent bloqués dans le pays, explique Alicia Quiñones : « Nous avons recensé des blocages de sites d’information, de réseaux sociaux, d’applications de messagerie, des mesures de surveillance à l’encontre de personnes, des piratages, des logiciels malveillants, des attaques, des usurpations d’identité et des cas de "doxing" visant les voix critiques, y compris celles des journalistes. Lorsqu'il y a eu le tremblement de terre, les autorités vénézuéliennes ont fait ce qu’elles savent si bien faire : contrôler l’information. Bloquer les sites d’information. Et ces blocages ne portent pas seulement atteinte à la liberté d’expression – ce qui est une atteinte aux journalistes –, mais aussi au droit à l’information. Dans un contexte comme celui d’un tremblement de terre, cela peut s’avérer catastrophique, l'information peut réellement sauver des vies. C'est essentiel pour les citoyens d’avoir accès à l’information ».
L’association Reporters sans frontières appelle les autorités à tout mettre en œuvre pour rétablir en urgence l’accès aux médias et aux outils d’information. Mais l’accès au pays reste lui aussi limité pour la presse internationale. Si beaucoup de journalistes étrangers ont finalement pu entrer au Venezuela après le séisme, RSF assure que l’incertitude demeure sur l’obtention des visas, des accréditations, des autorisations de déplacement et l’accès aux zones sinistrées.
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