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À Séville, le défi de s'adapter à des températures record

À Séville, le défi de s'adapter à des températures record

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Alors que les très hautes températures et les vagues de chaleur touchent toute l’Europe, le sud de l’Espagne offre un laboratoire intéressant : comment l’Andalousie, qui depuis des années connaît des températures record, s’adapte face à ces conditions de vie difficiles ?

De notre envoyé spécial à Séville,

Séville, la capitale de l’Andalousie, est la première grande ville espagnole à avoir été déclarée « en situation d’émergence climatique et écologique », en juillet 2019. À Las Vegas, l’un des quartiers les plus pauvres de l’Union européenne, les installations sont vétustes, il n’y a pas de piscine, presque pas d’ombre, et on souffre, d’autant que les coupures de courant sont fréquentes et durent parfois des semaines entières, voire des mois entiers. « Moi, quand je n’ai plus l’électricité, je sors et je vais dans un centre commercial, jusqu’à ce que le courant revienne, témoigne Juan Antonio, chauffeur, car on ne peut pas vivre avec 40°C chez soi. »

L’immense majorité des Sévillans recourt à la climatisation, ils disent que c’est une nécessité, pas un luxe, dans une ville où les 40°C sont fréquents entre juin et octobre. D’ailleurs, elle est partout : dans les boutiques, les transports publics, les restaurants, les cafés. Mais dans les maisons, cela coûte cher, tout le monde ne peut l’utiliser tout le temps.

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Des arbres pour faire baisser les températures

Selon les experts, la climatisation ne peut être la seule solution. Soigner les arbres en est une autre, très importante. « C’est le meilleur remède qui existe pour affronter les vagues de chaleur, défend Antonio Fajardo, l'un des meilleurs spécialistes du sujet, des vagues de chaleur qui sont de plus en plus fréquentes et intenses. »

Antonio Fajardo fait partie d’un réseau de citoyens dont l’objectif est d’obliger la mairie à aménager un « anillo verde », une ceinture verte, un réseau d’espaces verts, de places arborées, de parcs, qui pourrait abaisser la température de 8 à 10°C. « On ne parle pas seulement d’arbres, on parle de santé, souligne Lola Luque, cette professeure est la coordinatrice de ce vaste collectif citoyen. Il faut faire un effort là-dessus et mettre les citoyens comme priorité par rapport à d’autres problématiques comme la circulation, le tourisme, la touristification. »

La mairie conservatrice a voté en faveur de cette ceinture verte. Elle devrait donc se faire en théorie, mais les travaux n’ont pas commencé. Ismael Sanchez, élu d’opposition à gauche, est méfiant et critique plus généralement la passivité de la mairie face au changement climatique : « Le discours existe mais il ne s’accompagne pas de mesures, de politiques, ni de réalités budgétaires pour rendre tout cela réel. Pire, la tendance est exactement à l’inverse. »

La mairie se défend en promettant la neutralité climatique d’ici 2030 et en affirmant qu’elle investit massivement pour agrandir les espaces verts et lutter contre les îlots de chaleur. Lorsqu’on interroge les Sévillans, la grande préoccupation est de parvenir à dormir la nuit, avec ces températures tropicales allant jusqu'à 30 degrés.

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