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Cisjordanie occupée: les travaux au caveau des Patriarches à Hébron augmente les tensions entre Israéliens et Palestiniens

Cisjordanie occupée: les travaux au caveau des Patriarches à Hébron augmente les tensions entre Israéliens et Palestiniens

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Alors que le lieu de prière est fréquenté à la fois par les juifs et les musulmans, les travaux d'entretien dans le caveau des Patriarches, également appelé la mosquée Ibrahimi, illustrent les tensions entre les colons israéliens et les Palestiniens. Car le monument se trouve sur la partie sous contrôle militaire israélien de Hébron. Difficile alors pour des Palestiniens de se rendre dans ce lieu sacré pour les trois religions monothéistes et qui abrite les sépultures d'Abraham, Jacob, Isaac et Rebecca. De notre envoyée spéciale à Hébron, Lieu de prière et de tension entre les deux communautés, les fidèles juifs et musulmans viennent se recueillir sur la sépulture d’Abraham à Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie occupée. Les uns l’appellent le caveau des Patriarches, les autres, la mosquée Ibrahim. D’après les accords d’Oslo, signés en 1997, la ville inclut une zone sous contrôle militaire israélien, la zone H2, précisément où se trouve le monument. Impossible pour les 40 000 Palestiniens de circuler librement dans la zone, contrairement aux 200 familles de colons israéliens. Face à la polémique entre Israéliens et Palestiniens autour des travaux d’entretien, l'enjeu est désormais politique. Devant l’entrée du sanctuaire, côté juif, l’accès se fait sous escorte militaire car les Israéliens ont commencé les travaux il y a dix jours. « Il faut refaire le toit », explique Aaron Maruani, l’adjoint au maire de la colonie voisine d’Hébron, Kyriat Arba. « C’est l’endroit où tout a commencé pour nous. C’est un lieu de prière aujourd’hui pour les Israéliens, l’autre moitié pour les musulmans. La chambre principale du côté israélien est découverte, quand ils prient, ils sont sous la pluie. C’est vraiment un besoin basique d’avoir un toit, c’est devenu un drame mondial, mais il n’y a rien de spécial. » En vertu du protocole d’Hébron, signé au moment des accords d’Oslo en 1997, c’est la municipalité palestinienne qui assure l’entretien des édifices publics. Le dossier traîne depuis des années. Pour Anouar Abud Eisheh, ancien ministre de la Culture palestinien, la bataille autour du lieu de culte est surtout politique. « Cela fait 14 siècles que c’est le patrimoine des autochtones musulmans. Quand les colons arrivent, qu’ils veulent gérer la mosquée d’Abraham et qu’ils disent : "C'est le caveau des Patriarches et les musulmans n’ont pas le droit d’être là." C’est de l’occupation. » À lire aussiCaveau des patriarches : heurts entre Palestiniens et soldats à Hébron La mosquée Ibrahim « est en train d’être confisquée doucement par les colons » La configuration du sanctuaire est particulière, explique Johanna, une Israélienne juive venue prier. « On est très très attachés à Hébron. Les musulmans prient de l’autre côté, chacun a son entrée, chacun se respecte. » Surtout personne ne se croise et chacun rappelle les massacres passés à Hébron : 70 juifs avaient été assassinés par des Arabes en 1929, et puis en 1994, un colon a tué 29 musulmans lors de la prière, dans la mosquée. Aujourd’hui, les militaires israéliens sont présents partout des deux côtés et aux checkpoints, comme l’explique Hicham Sharabashi, activiste palestinien. « Aujourd’hui il n’y a qu’un accès, une entrée, un checkpoint pour aller à la mosquée et après la prière vous ne pouvez pas rester, il faut quitter la zone. » L’armée dit assurer la sécurité des colons. La question des travaux va donc bien au-delà du simple toit et le rabbin Ben le concède volontiers : « Si vous faites des travaux de rénovation dans votre maison, ça signifie bien que c’est votre maison. Donc on montre que nous sommes les propriétaires de la maison. » C’est précisément ce que craint Anouar Abu Eisheh : « On sent le danger. On sent que le patrimoine de mes parents, de mes grands-parents est en train d’être confisqué doucement par les colons. » Le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich a récemment déclaré avoir retiré aux Palestiniens leur autorité sur le monument : il assume une forme d'annexion rampante dans la zone. À lire aussiCisjordanie occupée: Israël renforce un peu plus son contrôle sur la mosquée d'Ibrahim
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