Comment la pollution sonore sous-marine impacte les animaux?
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Selon une enquête réalisée par Ipsos, pour l'ONG IFAW - le Fonds international pour la protection des animaux - publiée en mars 2026, 98% des personnes interrogées dans cinq pays européens estiment qu’il est important de protéger la vie marine. Or, seules 14% identifient le bruit sous-marin comme une menace pour la biodiversité marine.
Sous l’eau, le son est essentiel pour les animaux marins. Ces derniers se basent en effet principalement sur l'ouïe, leur sens principal, pour mener à bien toutes leurs fonctions vitales essentielles comme la recherche de nourriture ou de partenaires pour la reproduction. L’ouïe leur permet aussi de se diriger et de communiquer entre espèces.
Sauf que depuis une soixantaine d'années, l'intégralité des activités humaines qui s'est développée au-dessus et en-dessous de la mer est devenue source de nouveaux bruits qui perturbent les bruits naturels de l'océan. « Aujourd’hui, les scientifiques démontrent qu’il y a environ 150 espèces marines affectées par le bruit. Les impacts vont du simple stress à des réactions comportementales comme la fuite de l’habitat », explique Aurore Morin, chargée de campagne conservation marine pour IFAW France. « Mais cela peut avoir des conséquences beaucoup plus graves, comme entrainer des blessures physiques et même la mort de ces animaux, puisque nous avons déjà vu des échouages de baleines directement liées à l’utilisation par exemple de sonars militaires ». C'est donc une pollution invisible, mal connue et très majoritairement liée au trafic maritime.
Quelles solutions existent sur cette pollution spécifique ?Deux types de solutions existent face à cette problématique de taille. D’abord, il y a des solutions techniques sur du moyen et long terme pour réduire le bruit généré par les navires. IFAW recommande ainsi des travaux d'isolation des moteurs par exemple, ou des travaux pour optimiser la forme des coques pour un sillage uniforme sur l'eau afin de réduire le bruit.
Les solutions opérationnelles à court terme, elles, visent à éviter les zones à haut risque pour les baleines grâce au déroutage des navires pour repenser leurs trajets. La réduction de la vitesse des navires est aussi envisageable explique Aurore Morin : « Nous avons beaucoup d’études sur le sujet, notamment une qui date de 2019, et qui montre qu’une réduction de 10% de la vitesse de tous les navires dans le monde pourrait réduire la pollution sonore sous-marine d’environ 40%. C’est considérable pour une aussi petite réduction de la vitesse. Cette dernière diminuerait aussi de moitié le risque de collision avec les baleines. Cela permet aussi de réduire l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre. C’est donc un gagnant / gagnant pour l’industrie ».
Quelle législation pour lutter contre la pollution sonore marine ?À l'heure actuelle il n'existe qu'une seule directive européenne qui date de 2008. Le texte visait un bon état écologique des eaux européennes d'ici 2020, avec un critère sur le bruit sous-marin. Une directive relativement peu appliquée par les États membres. La commission européenne a commencé une révision de ce texte au début de l'année. Au niveau international, l'ONU a reconnu le bruit sous-marin comme une forme de pollution. Mais encore une fois, il s’agit de directives sans contrainte réelle.
IFAW appelle les citoyens du monde entier à prendre conscience de cette problématique, à réfléchir pour certains à l'utilisation des bateaux à moteur ou jet ski par exemple, ou encore à consommer local pour réduire les trajets maritimes.
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