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Face à la montée des eaux de l'Atlantique, la France déménage tout un village

Face à la montée des eaux de l'Atlantique, la France déménage tout un village

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Le réchauffement planétaire entraîne une augmentation du niveau de la mer. Un phénomène qui s’accélère et alors qu’une personne sur dix vit sur les côtes et que 14% du PIB mondial y est concentré, il devient nécessaire de s'adapter à cette nouvelle réalité. En France, dans la Collectivité d'outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large du Canada, le village de Miquelon va ainsi être entièrement relocalisé pour échapper à la mer. L'île de Miquelon a été colonisée à l'origine par des pêcheurs français qui se sont logiquement installés en bord de mer au raz de l'eau. Le village compte aujourd’hui 600 habitants. L'ennui c'est que le sol sous leurs maisons est fait de sable et galets. Le village est donc particulièrement vulnérable aux submersions marines et à l'érosion côtière. Il a déjà été plusieurs fois inondé sous l'effet des vagues, des fortes marées ou des tempêtes et chaque hiver, régulièrement, l’eau s’infiltre dans les caves. À Miquelon, le risque d'inondation vient aussi du sous-sol. La nappe phréatique affleure et lors de fortes pluies, quand elle est pleine, elle déborde. Ces risques sont connus de la population sauf que s'y ajoute le réchauffement climatique et la montée du niveau de l'océan. Selon les experts, d’ici la fin du siècle, le niveau de l’océan devrait augmenter d’un mètre. Miquelon fait face à des événements climatiques « de plus en plus fréquents, plus violents, et le village doit faire face à des dégâts de plus en plus récurrents », dès les années 2000, note la géographe Xénia Philippenko, qui a travaillé sur l’île. Les autorités ont donc pris la décision de déménager tout le village. En 2014, François Hollande est alors président de la République. Il est en visite à Miquelon – la première visite d'un président français sur l'île – il arrive avec un plan de prévention des risques. À la surprise générale, le village est décrété à risque de submersion dans son intégralité. Miquelon pourrait disparaître, il n'est plus possible d'y construire. Il faut déménager. Du rejet à l'adhésion de la population « Les habitants le prennent très mal », raconte Quentin Lucas, en charge de l'adaptation au changement climatique à la mairie de Miquelon. « En signe de contestation, ils accrochent des bouées à leur maison. Seule solution qui reste à leurs yeux face à la montée du niveau de la mer », car ils se refusent à quitter leur lieu de vie. S'ensuivent des années de concertation, de réunions publiques, d'explications scientifiques et puis « en 2018, deux tempêtes successives font de gros dégâts », il y a alors une prise de conscience explique Xénia Philippenko, et « un retournement de l’opinion » en quelques mois, au village des irréductibles. Les habitants, les jeunes en particulier, ceux qui s'installent, en viennent même à manifester pour réclamer cette fois qu'on leur cède de nouveaux terrains constructibles sur les hauteurs, hors de danger. Longtemps certains ont pourtant espéré d’autres solutions d’adaptation. « La seule alternative aurait été de construire des digues sur plusieurs kilomètres », selon Quentin Lucas. « Mais leur efficacité aurait été très limitée, puisque sous le village on a quand même la nappe phréatique qui remonte, donc si on a un phénomène de grande marée, de vents violents et d’augmentation du niveau marin dans 50 ans, et que tous ces phénomènes sont augmentés, même si on a des digues, l’eau, par capillarité, reviendra toujours ». À cela s’ajoute le coût élevé des digues et de leur entretien, surtout sur une île où il faut faire venir les matériaux depuis le continent. Le nouveau village sort de terre Passé le cap essentiel de l’adhésion de la population, celui du financement et des nombreuses démarches, études et autorisations administratives, les travaux sont maintenant lancés. La mairie rachète, petit à petit, les anciennes maisons grâce à un fonds de l'État. Les propriétaires qui ont alors suffisamment d'argent, peuvent se construire un nouveau logement, au sec, sur les terrains mis à disposition par la Collectivité territoriale. Aujourd’hui, sur un promontoire au-dessus de Miquelon, les 28 premières maisons commencent à sortir de terre. Les travaux doivent s'étaler jusqu'en 2100 pour construire les 300 autres habitations, les bâtiments publics et déménager la place du village. L'ancien Miquelon, lui, doit être rendu à la nature. Le projet, pourrait constituer un « cas emblématique d’adaptation territoriale » pour d’autres territoires confrontés à des difficultés similaires, estime Xénia Philippenko. Reste de nombreux défis techniques et environnementaux avec le dérèglement climatique qui menace, un coût forcément faramineux – sur cette question, Quentin Lucas « préfère botter en touche », et le risque de ...
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