Au Brésil, une loi pour partager la garde des animaux de compagnie
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Au Brésil, le Parlement a adopté, au mois d’avril, une loi encadrant la garde partagée des animaux de compagnie lors d’une séparation. Une décision historique dans un pays où l’on compte plus d’animaux de compagnie que d’enfants.
De notre envoyée spéciale à São Paulo,
Sara Donaire présente Simba, Pandora et Oliver, ses trois chats dont elle partage aujourd’hui la garde avec son ancienne compagne par période de 15 jours. Un droit qu’elle a obtenu après une longue bataille judiciaire. Et deux ans et demi sans les voir.
« Je n’avais aucune nouvelle. La communication avec mon ex était rompue, donc je ne savais même pas où ils habitaient, parce qu’elle avait déménagé. C’était une période très angoissante, j’avais même déposé plainte », confie-t-elle.
À l’époque, en 2022, aucune loi n’encadrait cette situation, qui dépendait de l’analyse du juge, au cas par cas. Sara a vécu une période de grave dépression. Elle raconte le calvaire qu'elle a vécu : « Ça a été un vrai traumatisme qu’on me les arrache de cette façon, sans savoir ce qu’il se passerait, sans avoir aucun soutien juridique pour espérer les revoir un jour. C’était un moment très confus, très sombre, sans espoir ».
C’est grâce à Catarina Modena, avocate spécialisée dans le droit des animaux, que Sara a pu obtenir une sentence favorable et la garde partagée de ses chats. Les efforts de Sara pour adapter sa maison, et les diverses consultations de vétérinaires comportementalistes ont joué en sa faveur.
« Il y a désormais une vraie attention pour l’intérêt de l’animal. « Aujourd'hui, quand le juge est face à ce type de situation, il devra analyser dans quel environnement vivra l’animal et le temps de qualité qu’il pourra passer avec son tuteur », explique l'avocate.
La nouvelle loi donne une sécurité juridique aux tuteurs, en faisant de la garde partagée une règle s’il n’y a pas de consensus après une séparation. Car des cas comme celui de Sara sont désormais quotidiens dans la justice brésilienne.
Une loi qui va dans le bon sens pour Sara : « C’était courant que les personnes renoncent à leurs animaux. Mais aujourd’hui, on voit que les animaux sont considérés comme des membres de la famille. C’est pas comme un meuble qu’on peut racheter, on comprend maintenant que chaque chat, chaque chien est un être unique ».
Au Brésil, il y aurait 160 millions d’animaux domestiques pour 213 millions d’habitants. Il était temps que la loi s’adapte selon Catarina Modena : « Le pouvoir législatif doit prendre en compte l’évolution de la société. À partir du moment où il y a plus d’animaux que d’enfants dans les maisons brésiliennes, nous devons prendre en compte ces animaux et ces familles. »
Autre aspect important de la loi : la garde ne sera pas accordée si l’une des deux parties présente des antécédents judiciaires ou des risques de violence domestique.
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