Au Musée de Nantes, l’histoire de l’esclavage et de la traite se raconte avec les Africains
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概要
La Marche du monde enregistrée en public au Musée d’Histoire de Nantes pour la 4ème édition d’Expressions décoloniales. Une invitation à revisiter l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière en donnant de l’espace à de nouveaux récits historiques et artistiques pour interroger quatre siècles d’une histoire monde dont nous sommes toutes et tous les descendants.
C’est notre Histoire partagée et RFI est très fière de s’associer comme chaque année au Temps des mémoires, temps des commémorations de l’esclavage, de ses victimes et des combats pour son abolition.
Le Musée d’Histoire de Nantes est devenu une référence internationale pour la qualité de ses différents parcours proposés sur l’histoire longue de la ville, notamment pour son parcours muséal sur l’histoire de l’esclavage et de la traite. Au fil des œuvres, les visiteurs découvrent comment la ville de Nantes est devenue le premier port français de traite des êtres humains avec plus de 42% des départs d’expéditions de traite entre 1707 et 1793. Un commerce des esclaves dans lequel se sont spécialisées des familles d’armateurs tout comme de nombreuses activités économiques de la ville et de la région.
Pour sa quatrième édition, la manifestation « Expression (s) décoloniale (s) » initiée par la directrice scientifique du Musée Krytel Gualdé invite trois personnalités, à la croisée de l’histoire, de l’art et de la mémoire: les artistes Rosana Paulino et Omar Victor Diop, et l'historienne Lylly Houngnihin.
L’historienne ouest-africaine Lylly Houngnihin, fondatrice et directrice de Totems Afrikaraïbes, interpelle les visiteurs par une dizaine de textes mêlant histoire, mémoire, poésie, culture et sensibilité, attachés à des objets choisis dans le parcours permanent. Dans une démarche historique, elle envisage les collections du musée de manière transversale : « Mon travail s’oriente vers une exploration des objets comme matrices de mémoire. Je souhaite mettre en lumière ce que j’appelle des « persistances atlantiques » : les formes symboliques, plastiques et rituelles qui ont circulé de l’Afrique vers d’autres territoires, souvent en dépit des violences extrêmes de la traite. Les objets deviennent alors des passeurs d’expérience : ils condensent des récits de perte, de déplacement, mais aussi de recréation esthétique, social, et culturelle. »
Depuis Sao Paulo, Rosana Paulino, artiste incontournable de la scène artistique brésilienne, investit, avec plus d’une dizaine d’œuvres majeures, le parcours d’exposition. Dessins, peintures, sculptures, vidéos, et installations en regard des documents historiques du musée sur plusieurs thématiques rendant hommage aux femmes afro-brésiliennes. Les femmes victimes de la traite atlantique et de l’esclavage colonial furent-elles des victimes comme les autres ? Quelles formes particulières de violence leur furent-elles infligées ? Quel rôle fondamental jouèrent-elles dans la transmission des savoirs hérités du continent africain ? Enfin, derrière le silence et le déni, de quelle force de résilience disposèrent-elles pour tenir ? Rosana Paulino, à travers les réponses que ses œuvres nous apportent, nous éclaire sur ces points en explorant ce qui subsiste et ce qui disparait.
Enfin, l’artiste sénégalais Omar Victor Diop présente deux séries de photographies emblématiques. La première, intitulée Diaspora, inspirée de portraits réalisés entre le 15ème et le 19ème siècle, met en valeur des personnes ayant traversé les lignes de l’histoire coloniale européenne à l’époque moderne. Ainsi, c’est l’agentivité de ceux qui, depuis l’Afrique, furent les victimes ou les acteurs de ce passé, qui est mise en avant, leur individualité faisant force. La seconde série, intitulée Liberty évoque des moments-clés, fondateurs et fondamentaux, de la protestation noire à l’échelle mondiale et dans une dimension historique, des luttes anticoloniales dans les Caraïbes, à celles menées sur le continent africain jusqu’aux mouvements antiségrégationnistes et aux manifestations contemporaines contre les violences racistes.
Un grand merci à toute l’équipe du musée d’Histoire de Nantes dont le formidable parcours d’exposition est à découvrir ici.