Au Japon, le tourisme chinois dégringole suite à la détérioration des relations bilatérales
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概要
La tension ne retombe pas entre Pékin et Tokyo. Depuis les propos de la Première ministre japonaise sur une éventuelle action de son pays en cas d’attaque chinoise sur Taïwan, la Chine a multiplié les mesures de rétorsion. Restrictions des exportations de terres rares, sanctions envers des hommes politiques, mais aussi limite du tourisme vers le Japon qualifiant le pays de « dangereux » pour ses ressortissants. Résultat, 54 % de visiteurs chinois en moins depuis le début de l’année. Une chute considérable alors que les plus de neuf millions de touristes chinois annuels représentaient une manne financière conséquente pour l’industrie du tourisme japonaise.
De notre envoyé spécial à Tokyo,
À Tokyo, l’industrie du tourisme japonais subit de plein fouet la baisse du nombre de visiteurs chinois, qui représentaient encore il y a peu la majorité de la clientèle. « Maintenant, il y a autant de touristes chinois que de visiteurs qui viennent d’autres pays. Mais avant, ils représentaient 70 % de nos clients », constatent les responsables d’une boutique locale. Tous deux sont Chinois et font partie de Yi Tiao Long (« un dragon », en français), surnom donné à l’industrie du tourisme spécialisée dans l’accueil des visiteurs venus de Chine. Ce secteur pesait près de 11 milliards d’euros l’année dernière.
« Quand la baisse des clients chinois a débuté, nous avons vraiment vu notre activité chuter. Mais maintenant, les Occidentaux viennent de plus en plus, tout comme les clients d’autres régions du monde, donc cela compense un peu », explique l’une des employées. Une autre ajoute : « Certains autres magasins ont connu un impact plus lourd que le nôtre. Plusieurs boutiques de location de kimono ont même dû fermer, car elles dépendaient à 80 ou 90 % des touristes chinois. Même si les Européens et les Américains viennent, ils ne consomment pas autant. Les Chinois, eux, sont souvent plus dépensiers. » Surtout lorsqu’ils voyagent en groupes organisés.
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« Nous n’avons plus que des voyageurs individuels, qui viennent seuls ou en famille. Mais les groupes de touristes, il n’y en a plus. Cela semble interdit côté chinois pour le moment », précise-t-elle. Les restrictions sur le nombre de vols et la pression exercée sur les agences de voyages illustrent la stratégie de Pékin, qui semble déterminée à maximiser la pression sur le secteur touristique nippon.
Face à cette situation, les autorités japonaises tentent de s’adapter. Takeshi Nakano, vice-commissaire de l’Agence du tourisme du Japon, reconnaît la tendance : « Le nombre de visiteurs chinois est en baisse, mais de plus en plus de touristes viennent d’autres pays et de régions du monde. » La stratégie japonaise est claire : atténuer les effets de cette chute drastique. « Actuellement, les visiteurs du monde entier, et particulièrement d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Australie, sont de plus en plus nombreux. Nos efforts visent donc à attirer encore plus de visiteurs en provenance de ces pays. En plus, la tendance actuelle est à la hausse des voyageurs individuels, en dehors des groupes de touristes. C’est pourquoi nous renforçons nos efforts pour attirer ce type de voyageurs », détaille-t-il.
Le Japon nourrit une ambition ambitieuse : atteindre 60 millions de visiteurs d’ici 2030. Un objectif paradoxal dans un pays où la population locale se montre particulièrement hostile au sur-tourisme.
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