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Israël convoite-t-il l'eau du Liban?

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概要

Des discussions de paix s'ouvrent ce mardi à Washington entre Israéliens et Libanais, alors que l'État hébreu entend occuper le Sud-Liban jusqu'au fleuve Litani. En raison de ses ressources hydriques, le Liban est considéré comme le château d'eau de la région. La gestion de l'eau est-elle une des raisons de cette guerre ? Ce sont les premières discussions directes depuis 1993. Les ambassadeurs israéliens et libanais aux États-Unis se retrouvent ce mardi à Washington pour tenter de mettre fin aux bombardements de l’armée israélienne et du Hezbollah. Et ce alors que l'État hébreu entend instaurer une zone tampon au Sud-Liban, jusqu'au Litani, le fleuve de 170 kilomètres qui traverse le pays d’est en ouest, qui ne coule dans aucun autre pays en prenant sa source dans la Bekaa et en se jetant dans la Méditerranée. Le Litani est un pilier du Liban, et le Liban est une exception dans une zone où l'eau est rare. À tel point que le pays du Cèdre est aussi surnommé « le château d'eau » de la région. « Dans la région, le Liban est le seul pays qui dispose de ressources naturelles très diversifiées, par comparaison avec l'état de la ressource en eau des pays voisins, souligne Charlotte Touzot-Fadel, docteure en droit, spécialisée en droit de l'environnement. Le Liban est traversé par plusieurs cours d'eau, dont le fleuve Litani, dont on parle beaucoup. Et il y a surtout une quantité assez importante de neige, ce qu'il n'y a pas dans les pays voisins. Ces neiges vont alimenter également les cours d'eau, le fleuve Litani, les nappes phréatiques. Ce bon état de la ressource en eau naturelle du pays le caractérise et en fait vraiment un objet de convoitise ». En particulier de la part d’Israël. « Frontière naturelle » Avant même la création du futur État juif, le mouvement sioniste parle du fleuve Litani comme d'une « frontière naturelle d'Israël ». Dans les années 70, l'armée israélienne lancera même « l'Opération Litani ». Plus tard, de 1982 jusqu’en 2000, Israël occupera le Sud-Liban jusqu'au fleuve. Et aujourd'hui, c'est une zone tampon qu'Israël veut instaurer jusqu'au cours d'eau, en expulsant toutes les populations et en tentant d’y rendre la vie impossible. Officiellement, c'est une question de sécurité face au Hezbollah, mais dans la région, la question de l'eau est omniprésente. « Depuis la première partie du XXe siècle, cette question de la raréfaction de la ressource en eau se pose. Et en raison des conséquences du changement climatique, cette ressource va devenir dans la région un point crucial de négociation, de marchandisation et de pression de façon globale », estime Charlotte Touzot-Fadel. Pour Israël, la question de l'eau est majeure. Structurellement, le pays est en déficit hydrique. Et l'histoire des annexions territoriales peut se lire aussi comme la volonté de sécuriser son accès à l'eau. C'est le cas de l'occupation du plateau du Golan, depuis 1967, déclenchée en partie par la volonté des pays arabes de détourner une partie de l’eau du Jourdain. Après la guerre des Six-jours, Israël va s’assurer le contrôle de ses eaux. Arme de guerre et but de guerre L'implantation des colonies en Cisjordanie est aussi une question d'eau, qu'Israël partage à son gré, et le partage est très inégal. Selon une étude d'Amnesty international, il y a quelques année, 80% de l'eau revient aux Israéliens, les 20% restants aux Palestiniens. L'eau est même devenue une arme pour chasser les Palestiniens, comme nous le racontait l'an dernier Alice Moreno dans un reportage tourné après le sabotage, par des colons, d'une station de distribution d'eau. « Ils ont pris le contrôle des ordinateurs qui permettent normalement d'envoyer l'eau vers les villages. Couper l'eau comme ça, c'est un moyen d'assoiffer les gens et de tenter de les déplacer », témoignait un Palestinien. On parle ainsi d'une militarisation de l'eau. L'eau est une arme de guerre, et une raison de faire la guerre. « La valeur d'un territoire se mesure, notamment par la présence ou non de ressources naturelles et notamment de la ressource en eau. Donc derrière la militarisation de la ressource, c'est le contrôle tout simplement de la ressource et donc le fait de monopoliser ou non cette ressource qui va être un enjeu clé ensuite, non seulement de géopolitique dans un premier temps, mais ensuite de construction et de développement d'une société », analyse Charlotte Touzot-Fadel. L'eau se fait de plus en rare, les guerres de moins en moins.
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