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Pêche au maquereau en Europe: pourquoi les politiques n'écoutent pas les scientifiques?

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概要

L'Union européenne a finalement décidé d'autoriser davantage de captures du poisson à l'avenir menacé. Sur l'environnement, le climat, les pesticides, etc., les alertes de la science sont régulièrement ignorées ou marginalisées. Trois mois pour une volte-face. L’Union européenne révise finalement à la hausse les quotas de pêche du maquereau, en s’en tenant à une réduction de 48% des captures, alors que les scientifiques préconisent une baisse de 70% parce que la survie de cette espèce de poisson est en jeu. On est « au point de rupture », les populations de maquereaux ne seront bientôt plus assez importantes pour se reproduire suffisamment. D'où la nécessité de réduire la pêche. À lire aussiDix choses à savoir sur la surpêche, fléau des océans au fil des siècles L'Union européenne avait d'ailleurs, dans un premier temps, suivi les recommandations scientifiques. « Pendant des mois, on a entendu les dirigeants européens accuser les pays extra-européens que sont la Norvège, l'Islande, les Féroé et le Royaume-Uni d'être des États voyous parce qu'ils refusaient de se mettre en accord avec les recommandations scientifiques, souligne Fabien Randrianarisoa, responsable de la campagne pêche industrielle chez Bloom, l'ONG qui défend l'océan – et ceux qui y vivent. Et on se rend compte à peine trois mois plus tard que l'UE décide de ne plus respecter les avis scientifiques. Cette augmentation-là des captures de maquereaux par l'UE, pour nous, c'est le dernier clou dans le cercueil de cette espèce. » Travail de sape Plusieurs raisons expliquent cette volte-face européenne. D’abord, l’Union européenne n’a pas voulu laisser les pêcheurs britanniques ou islandais profiter de la manne abandonnée quand elle avait décidé, en décembre, de baisser de 70% ses prises de pêche. S’ajoutent le poids des lobbys de la pêche industrielle ainsi que le contexte actuel et la crise pétrolière provoquée par la guerre en Iran. « Il y a un certain nombre d'acteurs économiques, un certain nombre de lobbies industriels qui militent depuis des mois, accuse Fabien Randrianarisoa. Ce travail de sape est donc en train de porter ses fruits, dans un contexte où la pêche est totalement déstabilisée par les coûts du carburant et où les ministres tentent d'éviter un mouvement de colère de grande ampleur dans les ports. » L'Union européenne sacrifie les maquereaux pour protéger les pêcheurs, malgré les alertes scientifiques. La sauvegarde de l’emploi est un argument récurrent en oubliant qu'il n'y aura plus de pêcheurs quand il n'y aura plus de poissons. C'est aussi au nom de l'emploi, des agriculteurs, qu'on a voulu réintroduire des pesticides, comme les néonicotinoïdes, nocifs pour la biodiversité, les abeilles ou les vers de terre. Pour prendre l'exemple d'un autre pesticide, le glyphosate, ce désherbant industriel accusé de provoquer des cancers, l'Union européenne avait renouvelé son autorisation pour dix ans en disant qu'il y avait des lacunes dans les données, que certaines questions restaient en suspens... C'est une autre manière d'agir contre la science, en réclamant toujours plus de preuves alors que les preuves sont là, alors qu'on a n'a jamais autant produit de rapports. Court-terme Un aveuglement volontaire, pour ne pas voir les mauvaises nouvelle. Le premier rapport du Giec (les experts du climat), date de 1990 et on n'a rien fait pendant des années et des années. En 2021, même l'Agence internationale de l'énergie expliquait qu'il fallait arrêter tout nouveau projet gazier ou pétrolier pour respecter l'Accord de Paris sur le climat. Et pourtant, on continue comme avant. Les scientifiques éclairent la décision des politiques, mais les politiques ne prennent pas les décisions. Face à la science, le pouvoir joue la montre. À lire aussiPêche au thon: le jeu trouble de l'Union européenne dans l'océan Indien Politiques et scientifiques ne jouent pas dans la même temporalité. La science, c'est le temps long, quand la politique doit souvent agir à court terme et gérer de multiples contradictions. « Je ne pense pas que la politique se résume au court terme, mais force est de constater que dans la période très instable qu'on connaît en ce moment on n'arrive pas à faire émerger des propositions de réformes sur le temps long », constate Fabien Randrianarisoa, de Bloom, un peu désemparé. Les maquereaux, c'est vrai, ne votent pas aux élections.
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