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La France a-t-elle perdu la guerre contre le frelon asiatique?

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概要

Malgré un plan d'action national doté de 3 millions d'euros, les autorités français peinent à éradiquer la colonisation du territoire par le frelon asiatique, une espèce invasive présente depuis une vingtaine d'années. Tueur d'abeilles, l'insecte provoque aussi des dégâts dans l'agriculture. Vingt-mille nids détruits en une année. La lutte, en France, contre les frelons asiatiques peut sembler importante, à l’image de la taille de leurs nids, d’énormes boules faites de fibre de bois mâché qui atteignent jusqu’à 80 centimètres de diamètre, généralement perchées dans les arbres. Et pourtant, le frelon asiatique se porte mieux que jamais, en France où il a mis à peine 20 ans pour coloniser la totalité du territoire, mais aussi toute l'Europe de l'ouest et une partie de l'Europe de l'est. Le frelon asiatique vient d’Asie, présent naturellement de l'Afghanistan jusqu'à l'Indonésie. En France, les premiers ont été aperçus en 2005, sans doute arrivés dans une cargaison de poteries chinoises. Et chaque année ils ont avancé de près de 100 kilomètres, sans parler du transport humain qui leur permet de faire des bonds de géant. Peur sur la ruche Cette grosse guêpe aux pattes jaunes, plus petite que le frelon européen, a été classée espèce exotique envahissante, ce qui autorise sa destruction. L’idée de faire la guerre à un animal peut paraître choquante. Mais une espèce invasive, par définition, n'a rien à faire là car elle vient perturber l'équilibre fragile de la nature. « Certains ont la vision d’une espèce vivante qu’il faut respecter en tant que telle. Mais elle n'a rien à faire dans un endroit donné, sachant qu'elle peut avoir des impacts très négatifs qui peuvent conduire à une diminution des populations d'insectes localement, voire la disparition de certaines espèces » souligne Eric Darrouzet, enseignant-chercheur à l'université de Tours, spécialiste des insectes sociaux dont font partie les frelons. Ce sont les apiculteurs, les premiers, qui ont tiré la sonnette d'alarme, en assistant, impuissants, à la disparition de leurs abeilles domestiques. Certaines sont attaquées et tuées par le frelon. Et d'autres, juste terrorisées à la vision d'un insecte deux fois plus gros, posté en embuscade devant la ruche, n'osent plus sortir butiner, et la colonie finit par mourir de faim. Des millions d'euros de pertes Mais les abeilles ne sont pas les seules victimes. « Dans les boulettes de proies que ramènent les frelons à leur nid et analysées par des chercheurs, on a trouvé plus de 150 espèces d'insectes. Dès que les frelons tombent sur un rucher, c'est du pain béni : il y a des dizaines de milliers d'abeilles, de proies potentielles. C’est super intéressant pour récupérer des protéines, pour ramener au nid et nourrir le couvain, les larves en développement », raconte Eric Darrouzet. Les frelons seraient responsables de la disparition prématurée de 20% des abeilles. Juste pour l'apiculture, les pertes se chiffrent en millions d'euros – plus de 5 millions d'euros de préjudice en 2025. Mais le frelon asiatique ne nuit pas qu’à l’apiculture, « il touche aussi d'autres secteurs agricoles, précise Eric Darrouzet, notamment la viticulture et les vergers, parce qu’il va attaquer les fruits avant maturation. On a des baisses de rendement des parcelles qui peuvent être catastrophiques. » Nids détruits, reines piégées Pour tenter d’éradiquer le frelon asiatique, les méthodes sont limitées : détruire les nids et tuer la future reine au printemps. « Si vous détruisez un nid, vous éliminez une colonie. Si vous éliminez la colonie avant fin août, elle ne produira pas de reproductrices. Le piégeage de printemps cible les reproductrices qui se réveillent après leur hivernage. La première chose qu'elles vont faire, c'est rechercher de la nourriture, donc du sucre sur des plantes pour se requinquer et reconstituer leurs réserves corporelles. Le piégeage repose donc sur des appâts sucrés », précise Eric Darrouzet. La semaine dernière, le gouvernement français a présenté un plan d’action national destiné à enrayer la progression du frelon asiatique, doté de 3 millions d’euros. Les espoirs de son éradication semblent abandonnés. « Le frelon est bien installé, confirme Eric Darrouzet. Donc éradiquer cette population invasive semble un peu compliqué. La seule chose que l'on peut faire, c'est d'essayer de diminuer le nombre de colonies pour qu'on ne soit pas trop embêté. » D'autant qu'un autre frelon vient de pointer le bout de son dard : le frelon oriental, un frelon originaire du sud de la Méditerranée, arrivé à Marseille il y a quatre ans. Lui aussi se régale des abeilles, entre autres. Mais lui, on peut encore arrêter sa progression.
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