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Quelles alternatives aux engrais chimiques?

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概要

La guerre au Moyen-Orient ne fait pas seulement flamber les prix à la pompe, mais aussi ceux des engrais. En effet, 30% des fertilisants chimiques viennent de la région du Golfe. Leur prix augmente comme celui du gaz, nécessaire à leur fabrication. De plus, les cargaisons entières d'engrais sont actuellement bloquées dans le détroit d'Ormuz. Sur les marchés agricoles béninois, les prix des fertilisants chimiques s’envolent. « Avant (le début de la guerre en Iran, ndlr) le sac de l’urée était à 12 000 francs CFA. Maintenant, il est à 20 000 francs CFA », constate Brunelle Guezodje, chargée de programme à l'Association nationale des femmes agricultrices. « Au Bénin, une grande partie des agriculteurs et agricultrices dépendent encore des engrais chimiques, notamment pour certaines cultures comme le maïs, le riz, le coton. Comme les sols s’appauvrissent, les agriculteurs se tournent vers les engrais chimiques à la recherche de rendements rapides. » Le prix d’un sac d’urée qui grimpe de 12 000 à 20 000 francs CFA, cela correspond à une augmentation de 66%. Et cette crise tombe au pire moment, puisque dans l'hémisphère Nord c'est le printemps et donc la saison des semis. À écouter aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Première option : la substitution Avec la crise causée par la guerre au Moyen-Orient, la question revient sur le devant de la scène. La première option, c’est la substitution. Elle consiste à remplacer les engrais chimiques par les engrais organiques. Et dans la plupart des pays du monde, la principale source d'engrais organique, ce sont les déchets issus de l'élevage, comme le fumier. « Seulement voilà : aujourd’hui la totalité des effluents d'élevage sont déjà utilisés en agriculture », fait remarquer Guy Richard. Directeur de recherche à l'Inrae, il réfléchit donc avec ses collègues à d'autres substituts, comme « une meilleure valorisation des urines d'origine humaine qui pourraient apporter entre 10 et 20% de l'azote aujourd'hui utilisé dans l'agriculture en France. Il faudrait récupérer ces urines dans les zones géographiquement denses : des manifestations sportives, des aires d'autoroute seraient des lieux où on pourrait facilement les collecter. » Pallier la pénurie actuelle d’engrais chimiques par des fertilisants organiques n’est donc pas aisé. La marge de manœuvre est réduite. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient : l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique Deuxième option : la reconception de l’agriculture La deuxième option est plus structurelle. Il s’agit de transformer le système agricole en se tournant vers des cultures dont les besoins en azote sont moindres. Les stars de ces cultures sont les légumineuses. « Elles n’ont pas besoin d'être fertilisées », explique Guy Richard, « et elles laissent, une fois récoltées et incorporées au sol, une dose d'azote dans le sol qui peut être valorisée par des cultures suivantes. » Une technique que conseille également Brunelle Guezodje aux agricultrices qu'elle accompagne au Bénin. Pourtant, cette transition vers l'agroécologie ne se fera pas du jour au lendemain. Les freins sont encore nombreux : « L'agroécologie, c'est une agriculture qui est exigeante », souligne l’agronome. « Les producteurs se disent que ça devient compliqué parce qu'il n'y a pas la main-d’œuvre. Il y a aussi des problèmes de marché : les consommateurs veulent acheter des produits agroécologiques au même prix que les produits conventionnels. » En Europe, les deux tiers de l’azote utilisé dans l’agriculture servent à cultiver l’alimentation des animaux de l’élevage. Se rendre moins dépendant des engrais chimiques passe donc également par une politique de rééquilibrage alimentaire entre les aliments à base végétale et ceux à base animale. À lire aussiLes agriculteurs français mis en difficulté avec la flambée des prix en raison de la guerre au Moyen-Orient La crise actuelle relance le débat « Les crises géopolitiques mais aussi climatiques se multiplient », souligne Ronan Groussier. Chaque crise « affecte l'agriculture au niveau local mais aussi les marchés mondiaux parce que cela crée souvent des déséquilibres de production » et menace la sécurité alimentaire, souligne le responsable agriculture au sein du Réseau Action Climat qui estime « qu’il est important de sortir enfin des dogmes d’une productivité théorique maximale à travers un modèle agricole intensif ». Des modèles d’agriculture durable seront plus résilients et robustes face aux crises à venir.
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