Argentine: 50 ans après le coup d'État de 1976, la mémoire résiste
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概要
En Argentine, les petits-enfants de disparus reprennent le flambeau de la mémoire. Leurs grands-parents ont lutté contre la dictature dans les années 1970, leurs parents contre l’impunité dans les années 1990, eux luttent aujourd’hui contre l’oubli. Alors que le pays commémore ce mardi les 50 ans du coup d’État de 1976 sur fond de révisionnisme historique de la part du président Javier Milei, notre correspondant Théo Conscience est allé à la rencontre de cette nouvelle génération.
De notre correspondant à Buenos Aires,
On les reconnait au foulard blanc noué autour de leur tête. Comme chaque semaine depuis près de 50 ans, les Mères de la place de Mai entament une nouvelle ronde pour réclamer la vérité sur le sort de leurs enfants disparus pendant la dictature.
« C’est la ronde nᵒ 2501. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, elles n’ont jamais arrêté de venir. » Lucas Pedulla se joint régulièrement aux rondes hebdomadaires des Mères de la place de Mai. À 35 ans, il appartient au collectif Nietes, qui regroupe depuis 2019 des petits-enfants de disparus de la dictature. Son grand-père Juan Jorge Wehitt a été enlevé par les militaires en 1978.
« Le crime de disparition forcée est un crime qui continue de se perpétuer jour après jour, car chaque jour, ma mère attend de savoir ce qui est arrivé à son père. Donc pour moi venir ici, c’est une manière d'inscrire ce combat sur la durée », complète-t-il.
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« La mémoire, c’est quelque chose qui se transmet »Selon les organisations de défense des droits humains, la dictature a fait disparaître plus de 30 000 opposants entre 1976 et 1983. Un chiffre aujourd’hui remis en cause par le président ultralibéral Javier Milei, qui promeut une réécriture historique du récit de la dictature.
« Les discours négationnistes gagnent beaucoup de terrain, que ce soit au sein du gouvernement ou avec le président qui réhabilite de vieilles théories pour justifier ce qui s’est passé. » Rocco Bianchi Bolzan, 21 ans, est lui aussi petit-fils de disparu. Face au révisionnisme de Javier Milei, et alors que les Mères de la Place de Mai sont chaque année un peu moins nombreuses, le collectif Nietes se prépare à reprendre le flambeau de la mémoire, explique Lucas.
« Nous pouvons interpeller, raconter et expliquer l’importance de cette cause à des générations pour qui la dictature est quelque chose de lointain », explique Lucas Pedulla.
Pour toucher cette génération qui ne connaît la dictature qu’à travers les livres d’histoire, le collectif Nietes organise régulièrement des rencontres avec des collégiens et des lycéens. L’enjeu, explique Rocco, c’est de transformer l’Histoire en mémoire. « La mémoire, c’est quelque chose qui se transmet. Rien qu’en racontant une histoire à la première personne, on livre un témoignage qui permet l’empathie et l’identification, et on peut profondément toucher les gens. »
À côté de Rocco, Lucas Pedulla approuve. « Il faut cultiver la sensibilité », conclut-il.
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