Au Moyen-Orient, l'environnement est-il devenu une cible de guerre?
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概要
L'Iran dénonce un écocide après les frappes militaires israéliennes sur ses dépôts pétroliers. En polluant l'air et l'eau, les bombes atteignent les populations civiles. Des impacts aggravés par la crise climatique.
Ils font désormais partie du paysage. D’immenses panaches de fumées noires s’élèvent dans le ciel de Téhéran, notamment, chaque fois que les armées d’Israël et des États-Unis bombardent l’Iran, c’est-à-dire chaque jour. L’air est irrespirable ; il pleuvait même du pétrole après les bombardements de dépôts pétroliers aux conséquences catastrophiques. Ils pourraient provoquer des marées noires souterraines, une pollution qui pourrait menacer des générations. Le chef de la diplomatie iranienne a dénoncé lundi « un écocide », un crime contre l'environnement. « En ciblant un dépôt de pétrole, on prive d'abord son adversaire de pétrole et on complique la gestion de sa propre population parce qu’ils n'ont plus d'énergie. Ensuite, ça peut polluer et l'air qui devient irrespirable et l'eau qui ne devient plus potable. Il y a donc cette approche de cibler l'environnement parce que cet environnement soutient une capacité de vie des populations », analyse Anne Sénéquier, chercheuse santé environnement climat à l'Iris, l'Institut de relations internationales et stratégiques.
Mais l'Iran n'est pas en reste en termes d'écocide. Le régime de Téhéran a également frappé des infrastructures pétrolières et gazières de plusieurs pays du Golfe, ainsi qu'une usine de dessalement d'eau. L'eau, c'est vital, et que ce soit de manière directe comme ici, ou de manière indirecte après les frappes sur les dépôts pétroliers iraniens, le résultat est le même. « L'humain sans eau ne tient pas trois jours. S'il n'y a pas d'eau, il n'y a justement pas de possibilité de continuer le conflit. C’est là où notre humanité s'exprime aujourd’hui de manière la plus cruelle qui soit, puisqu'on va essayer d'annihiler l'humanité même de l'adversaire. Et ça, c'est problématique », souligne Anne Sénéquier.
Du Vietnam au LibanProblématique mais pas nouveau, presque aussi vieux que la guerre. Dans la région, on se souvient de Saddam Hussein : l'annexion du Koweït est un échec, et de rage, l'Irak met le feu aux puits de pétrole et déverse en mer quelques six millions de barils de brut – la pire marée noire de l'humanité. Plus récemment, on a parlé d'écocide à Gaza. Le mois dernier, Israël, encore, a été accusé de larguer par avion sur le Sud Liban du glyphosate concentré, le puissant herbicide fabriqué par Monsanto, pour stériliser les terres agricoles et empêcher le retour des populations. Cinquante ans plus tôt, pendant la guerre du Vietnam, les États-Unis déversaient l'agent orange pour tuer la végétation, avec des effets sur l'eau, la santé, la biodiversité… ressentis encore aujourd'hui. L'agent orange, une autre production signée Monsanto...
Les crimes contre l'environnement peuvent frapper davantage les esprits aujourd'hui parce que ces écocides sont mieux documentés. Grâce aux satellites et à tous les outils mis en place pour mesurer la crise climatique, on peut voir en temps réels les pollutions et les atteintes à l'environnement. On sait aussi que les impacts ne sont plus limités dans le temps ni dans l'espace. Et dans un monde, une nature, plus fragiles qu'avant, les conséquences sont beaucoup plus fortes aujourd'hui. « On se retrouve aujourd'hui à appliquer des méthodes malheureusement qui ont toujours été les mêmes, mais qui sont démultipliées aujourd'hui par leur impact, que ça soit au niveau atmosphérique, au niveau des cycles de l'eau ou au niveau de la pollution. C'est là où ça dépasse peut-être le champ restreint que ça pouvait avoir auparavant », estime Anne Sénéquier, co-directrice de l'Observatoire de la santé mondiale à l'Iris. La politique de la terre brûlée est encore plus grave quand notre maison brûle.
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