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En France, l'information économique face à sa concentration

En France, l'information économique face à sa concentration

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概要

En France, l'information économique est en grande partie concentrée entre les mêmes mains et, en ce qui concerne la presse, il n'y a plus qu'un seul propriétaire : Bernard Arnault. Une situation qui a fait réagir Reporters sans frontières et les syndicats de journalistes.

Le patron fondateur de LVMH possède le seul quotidien économique Les Échos, mais aussi L'Opinion, Investir, L'Agefi et, depuis le 1ᵉʳ janvier, l'hebdo Challenges, jusque-là contrôlé par Claude Perdriel, qui reconnaissait à ce titre une vision « sociale » du marché. C'est ce que spécifiait une charte signée avec la rédaction, mais depuis sa reprise par LVMH, cette charte a été dénoncée et c'est une vision « libérale du marché » qui est défendue.

En outre il n'est plus question de laisser aux journalistes le droit de valider la nomination de leur directeur de la rédaction. C'est le choix de l'actionnaire qui s'impose et ceux qui ne s'y retrouvent pas sont invités à exercer leur clause de cession. Pour cela, LVMH, qui a repris à l'euro symbolique un Challenges déficitaire de plus de 6 millions d'euros, propose aux journalistes de partir avec deux mois de salaire par année d'ancienneté. De source interne, 30 % d'entre eux l'envisagent. Seulement, les syndicats de journalistes ainsi que RSF ont décidé de porter l'affaire devant le Conseil d'État.

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Le règlement européen sur la liberté des médias

Ce règlement estime qu'il ne peut pas y avoir cession d'un média s'il n'y a pas d'évaluation préalable de la concentration. Le problème, c'est que ce texte, European Media Freedom Act, est entré en vigueur en août mais n'a pas été transposé en droit français, et ce malgré une proposition de loi déposée par la députée écologiste Sophie Taillé-Polian. RSF parle donc d'une « carence fautive de l'État ». Le juge des référés rendra sa décision la semaine prochaine, mais rien n'est gagné. Car la cession a maintenant eu lieu et il est difficile de revenir en arrière. L'affaire sera jugée au fond.

Au même moment, La Tribune, qui est devenue un média digital, va être réunie dans une rédaction unique avec la radio et la télé BFM Business, a annoncé le groupe CMA CGM. On y comptera une soixantaine de journalistes qui travailleront pour les deux médias avec, assure-t-on, « deux lignes éditoriales ». Pourtant, il y aura bien une seule direction avec, là encore, une concentration qui risque d'affecter le pluralisme et donc l'indépendance de l'information par rapport aux grandes puissances économiques. C'est ce que cherche à empêcher le règlement européen. Mais la mise en pratique n'est pas gagnée. On le voit aux Échos, où il n'y a pas eu un mot de la saisine du Conseil d'État à propos de Challenges.

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