À Madagascar, les métiers de l'économie informelle: les porteurs d'eau [2/3]
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概要
À Antananarivo, ouvrir le robinet est devenu un calvaire. Dans une capitale qui a largement dépassé ses capacités d'accueil, le réseau d'eau est à bout de souffle. Pour des millions de Malgaches, l'eau a désormais un prix : celui de l'effort physique et d'une économie de l'ombre qui pèse sur les plus modestes.
De notre correspondante à Antananarivo,
Dans le quartier d’Anjanahary, l'eau est une marchandise que l'on traque une partie de la nuit. Pour Hoby, mère de famille, le coût de ce marché informel est devenu insupportable. « Depuis trois ans, il n'y a plus d'eau courante. On peine à s'en procurer, on dort près des bornes-fontaines ! Si on ne peut pas le faire, on doit payer des porteurs 1 000 ariary par bidon, environ 20 centimes d'euros. J'ai dû cesser de travailler : mes dépenses pour l'eau équivalaient à mon salaire, dénonce Hoby. C'était plus rentable de quitter mon emploi pour chercher l'eau moi-même. »
Ce marché est alimenté par des hommes comme Mayer. Porteur d'eau, il est l'un des rouages de cette économie grise qui pallie les insuffisances de la Jirama, la compagnie nationale d'eau et d'électricité. « Le débit est trop faible, c'est coupé, il faut attendre des heures, témoigne Mayer. Je cherche l’eau même pour des foyers raccordés à la compagnie d’eau et d’électricité, la Jirama, mais où il n'y a pas de pression. Ils doivent recourir à mes services pour avoir de l’eau. »
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La soif, une taxe invisible pour les plus précairesPayer dix fois le prix officiel pour un bidon d'eau : une réalité que l'État ne peut occulter. On admet, à demi-mot, que ce système D est devenu la béquille indispensable d'une population assoiffée. « La problématique majeure, c'est que les infrastructures en eau à Madagascar sont toutes vieilles. Les ménages ne peuvent pas se passer de cette économie informelle afin de s'assurer de leur approvisionnement en eau, confirme Romuald Mara, directeur général au ministère de l’Eau. C'est à partir du moment où les gens puisent l'eau sur ces points d'eau et qu'ils la revendent après que ça crée des prix très variés selon les conditions de distance, de transport, etc. »
Une impuissance qui fait les affaires de l'informel. Contactée, la Jirama, compagnie nationale d’eau et d’électricité, indique miser sur une modernisation des infrastructures à l'horizon 2028. En attendant, dans les quartiers de la capitale, la soif reste une taxe invisible de plus en plus difficile pour les plus précaires.
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