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En Irlande, l'engouement pour la musique traditionnelle

En Irlande, l'engouement pour la musique traditionnelle

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概要

Une terre de conteurs et de chansons, partagées dans l’atmosphère feutrée d’un pub… La musique traditionnelle fait partie de cet imaginaire que l’on associe tous à l’Irlande ! Des airs transmis de génération en génération, portés par des instruments traditionnels… le tin whistle, le bodhrán, le violon, qui racontent l’âme d’un peuple. Et aujourd’hui, la folk irlandaise connaît un véritable renouveau. En ces temps incertains, les histoires difficiles d’autrefois trouvent un nouvel écho.

De notre correspondante à Dublin,

Eux, ce sont Madra Salach, les nouveaux chouchous du pays ! C’est dans un pub bien sûr que Paul, le chanteur du groupe, nous a donné rendez-vous : « Madra, ça veut dire “chien” et Salach veut dire “sale” ». Donc, on s’appelle « sale clébard » ! « Je voulais choisir un nom en langue irlandaise ! »

À part le nom, toutes leurs chansons sont pour l’instant en anglais. Comme leur dernier titre, « Blue and Gold », qui parle de jeux à gratter ! Un geste peut-être anodin, mais plein d’espoir, et qui peint en réalité un portrait très actuel de la société irlandaise : « Tu achètes ce genre de tickets et tu te mets à rêver : si je gagnais beaucoup d’argent, qu’est-ce que j’en ferais ? En fait à Dublin c’est quasi impossible de faire quoi que ce soit sans argent, et puis la crise du logement est hors de contrôle ! », explique-t-il.

« L’histoire irlandaise a été profondément marquée par l’exil. Or, encore aujourd’hui, à cause du coût de la vie, même s’il y a du travail ici, les jeunes quittent le pays en masse à cause du coût de la vie ! Même si ce n’est pas aussi traumatisant qu’à l’époque de la Grande Famine, des personnes sont contraintes de partir aujourd’hui, alors qu’elles préféreraient peut-être rester. » Et c’est pour ça, d’après Paul, que les vieilles chansons traditionnelles résonnent avec toujours autant de force aujourd’hui.

Trad Fest à Dublin en est un exemple. Avec 150 concerts en cinq jours, le festival montre que la musique irlandaise est tout sauf un héritage figé. Martin Harte est l’un de ses organisateurs : « La musique folk, la musique traditionnelle, repose avant tout sur l’art du récit. Beaucoup de chansons du répertoire folk parlent de guerre, de famine, de discrimination et de répression. Ce sont des thèmes qui trouvent un écho aujourd’hui, dans un monde traversé par tant d’angoisses… Des groupes comme Madra Salach ou Lankum se sont ré-appropriés ce style, à leur manière, le tout accompagné d’instruments traditionnels. Et c’est devenu très populaire auprès d’une nouvelle génération, qui n’a pas forcément grandi en écoutant ces sonorités. »

À la Waltons School of Music de Dublin, John, enseignant, a d’ailleurs observé un engouement croissant chez les jeunes pour l’apprentissage du bodhrán, ce tambour traditionnel irlandais : « La musique trad, c’est un peu comme le blues au Sud des États-Unis. Ça vient de la pauvreté. En Irlande, il suffisait de deux ou trois personnes réunies dans une pièce pour faire la fête ! Tant qu’il y avait un feu, une flûte, un violon ou bien un bodhrán ! »

Pas de bodhran chez Madra Salach, mais un harmonium, une sorte d’accordéon. Preuve que les instruments traditionnels reviennent aussi en force.

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