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Tourisme et climat: un cercle vicieux?

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概要

L'empreinte carbone du tourisme aggrave la crise climatique, qui elle-même menace le secteur. Dans un monde en voie de disparition, se développe un tourisme de « la dernière chance », le plus souvent au bout du monde... « Découvrez des destinations du bout du monde ou juste à côté de chez vous » : c’est l’invitation lancée aux visiteurs par le Salon mondial du tourisme qui s’ouvre aujourd’hui à Paris. Et autant dire d’emblée que la première option, la promesse du bout du monde, n’est pas très climato-compatible. Le tourisme est un accélérateur de la crise climatique, lui qui représente, à lui tout seul, 9% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais quand on est en vacances, on n'y pense pas forcément. « Dans le tourisme, on est sur une consommation qu'on qualifie d'hédonique, souligne Isabelle Frochot, maître de conférences à l'Université Bourgogne-Europe. C'est une consommation récompense, une consommation plaisir. Et dans la consommation hédonique, tous nos engagements et principes environnementaux passent à la trappe. » L'empreinte carbone du tourisme n'est pas près de diminuer. Le secteur touristique est sur une croissance annuelle de 4%. L’an dernier, on a battu tous les records, avec plus d'1,5 milliard de touristes dans le monde, selon l'Onu-Tourisme, un chiffre qui ne tient compte que du tourisme international, lorsqu’on voyage dans un pays étranger. L'Accord de Paris sur le climat exige que le secteur réduise ses émissions de 10% par an. On en est très loin, d'abord à cause du transport, qui représente 70% de son bilan carbone. Le transport, c'est d'abord l'avion, devenu moins cher que le train. Le trafic aérien mondial devrait d’ailleurs presque doubler d’ici 2050 et les promesses d’une aviation décarbonée restent pour l’heure des promesses. Plages en voie de disparition Tourisme et climat entretiennent en fait un cercle vicieux. « Le tourisme contribue à aggraver le climat qui lui-même contribue à fragiliser l'offre touristique. Ce sont les acteurs qui ont du mal à faire évoluer leur modèle et en même temps une demande touristique qui grandit ; des acteurs capitalistes qui profitent de cette manne et des consommateurs qui ne s'interrogent pas sur l'impact de leurs actes », résume Isabelle Frochot. Des destinations touristiques commencent ainsi à souffrir de la crise climatique. Certaines sont menacées par la montée des océans, comme les Maldives et la plupart de destinations insulaires. Dans les Caraïbes, près d'un tiers des hôtels sont à moins d'un mètre au-dessus du niveau de la mer. Partout dans le monde, des plages sont en train de disparaître. Le tourisme blanc (les sports d’hiver) est également menacé par le réchauffement climatique. Vacances en absurdie D’autres destinations enfin souffrent de canicules à répétition. En Méditerranée, l'été 2024 a été particulièrement catastrophique. « On a atteint des températures extrêmes de 48 ou 49°C avec des réservoirs d'eau à sec, des incendies allant jusqu'à la mer, jusqu'aux plages, avec des évacuations de touristes en Grèce. On a assisté à des épisodes très marquants qui ont incité, on le voit déjà, certains touristes à ne plus fréquenter certains lieux de Méditerranée au plus fort de la saison », relève Rémy Knafou, géographe – il publie dans une semaine Hypertourisme, le tourisme à l'épreuve de sa démesure (éditions du Faubourg). La crise climatique a même donné naissance à ce qu’on appelle « le tourisme de la dernière chance », quand on voyage pour voir ce qui est en train de disparaître à cause du changement climatique : les glaciers du Groenland, les ours polaires du Canada ou la Grande barrière de corail en Australie. « On développe des pratiques présentées à des touristes comme vertueuses qui consistent à contribuer au réensemencement des coraux, raconte Rémy Knafou. Ce qu'on oublie de dire, c'est qu'une bonne partie des touristes qui contribuent à cette action présentée comme vertueuse viennent de l'autre bout du monde et donc leur avion et les émissions de gaz à effet de serre contribuent à accélérer le blanchissement des coraux en question. C'est à la fois la satisfaction égoïste des touristes qui participent à ce mouvement et la recherche des profits pour les entreprises qui les font venir jusque-là. » Un autre cercle vicieux, pour de belles vacances en absurdie.
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