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Biopiraterie: pourquoi les plantes médicinales sont-elles menacées par les industries pharmaceutique et cosmétique?

Biopiraterie: pourquoi les plantes médicinales sont-elles menacées par les industries pharmaceutique et cosmétique?

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概要

La médecine traditionnelle utilise des dizaines de milliers plantes à travers le monde. Mais les savoirs ancestraux des peuples autochtones sont régulièrement pillés par les industries pharmaceutique, cosmétique et des compléments alimentaires. Une plante, c’est généralement assez léger, mais les plantes médicinales pèsent beaucoup financièrement. C'est un énorme marché, estimé à 400 ou 500 milliards d'euros pour toute la médecine traditionnelle, qui n'utilise d'ailleurs pas que les plantes. À l'occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, ce 3 mars, l'ONU met l'accent sur les plantes médicinales et aromatiques, avec un mot d'ordre : « conserver la santé, l'héritage et les moyens d'existence ». À lire aussiCôte d'Ivoire: les plantes médicinales, un recours quand le porte-monnaie est vide Pour l'immense majorité de la population mondiale, les plantes sont bien souvent le seul moyen de se soigner, dans les pays en développement. « 80% des personnes sur Terre commencent par avoir affaire à la médecine traditionnelle. Dans les pharmacopées traditionnelles, généralement il y a une majorité de plantes. On estime qu'on ramasse environ 30 000 plantes à fleurs dans le monde à visée thérapeutique. Cela représente effectivement quelque chose d'extrêmement important et on est sur un marché qui est en constante expansion, de 8 à 15% par an », précise Aline Mercan, médecin, phytothérapeute (qui soigne avec des plantes) et auteure d’un Manuel de phytothérapie écoresponsable. Médicaments plus chers Ces plantes médicinales représentent une richesse culturelle et un savoir ancestral transmis de génération en génération, généralement beaucoup plus abordables que les médicaments modernes. « C'est vrai qu’il est plus compliqué de faire une posologie, de doser une plante, une infusion, une décoction d'une plante traditionnelle que de le doser dans une pilule. Mais c'est aussi beaucoup moins cher. Il faut donc faire attention de ne pas enlever, de ne pas combattre cet usage pour favoriser uniquement des produits pharmaceutiques qui peuvent être très chers », relève Pierre Johnson, socio-économiste, spécialisé dans les filières végétales, et auteur de Biopiraterie : Quelles alternatives au pillage des ressources naturelles et des savoirs ancestraux ? À lire aussi1. Les médicaments dans le sud La biopiraterie est un terme inventé dans les années 1990 pour décrire une forme de privatisation du vivant, quand des entreprises déposent des brevets sur des molécules que contiennent des plantes par exemple, quand l'industrie pharmaceutique (et pas seulement elle) essaie de récupérer ces connaissances ancestrales. La pervenche de Madagascar en est l'un des exemples célèbres. « On a extrait de la pervenche des substances qui ont des effets anticancéreux. Évidemment, il n’y a pas eu du tout de bénéfices pour la population malgache. Mais c'est un cas assez particulier parce que de manière générale, ce ne sont pas les laboratoires pharmaceutiques qui gagnent le plus d'argent sur les plantes de la médecine traditionnelle, ce sont les laboratoires du complément alimentaire. Ce qui n’est pas du tout le même monde ! », pointe Aline Mercan. Cactus coupe-faim Les compléments alimentaires ont la cote, le marché est exponentiel ces dernières années, alors que les effets sur la santé sont parfois discutables. Et les méthodes aussi, comme en témoigne la biopiraterie d’une plante, le hoodia, consommée par le peuple San en Afrique du Sud. « Le hoodia est un cactus d'Afrique du Sud utilisé par les San qui ont des techniques de chasse où ils épuisent le gibier, raconte Aline Mercan. Pour ça, il faut soi-même être très endurant, ne pas manger et ne pas dormir. Et donc ce hoodia a été utilisé par l'industrie du complément alimentaire pour fabriquer des coupe-faim pour le marché du surpoids dans les pays du Nord. Les San n'ont pas touché grand-chose, quelque chose de tout à fait négligeable par rapport au marché que ça a généré. » Précisément 0,003 % du chiffre d’affaires... La convention de Nagoya, signée au Japon en 2010, et entrée en vigueur 4 ans plus tard, tente de réguler la biopiraterie, pour protéger notamment la médecine traditionnelle et les savoirs ancestraux. Deux chiffres résument le problème : 90% des ressources naturelles se trouvent dans les pays du Sud, alors que la quasi-totalité des brevets, 97%, appartiennent à des entreprises des pays riches. C'est là une autre « tradition » : la ressource est au sud, et les profits au nord.
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