『Inondations en France ou au Maroc: que faire de toute cette eau?』のカバーアート

Inondations en France ou au Maroc: que faire de toute cette eau?

Inondations en France ou au Maroc: que faire de toute cette eau?

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る

概要

Toutes les solutions ne se valent pas pour récupérer l'eau des fleuves et rivières qui débordent, en prévision des sécheresses estivales.

De l'eau partout. Des fleuves et des rivières qui débordent, une « crue généralisée » qui dépasse « tous les records ». La France, mais aussi l’Espagne, le Portugal ou le Maroc sont touchées par des inondations provoquées par de fortes pluies sur une longue durée, un phénomène aggravé par le changement climatique. Face à ce trop d’eau qui inonde les territoires, et en pensant aux sécheresses estivales, il est tentant d’imaginer récupérer toute cette eau qui déborde. C’est en fait une très mauvaise idée.

« Cette eau n'est pas utilisable du tout en tant que telle, tout simplement parce que nous avons énormément de matériaux qui sont charriés, de matières en suspension, parfois même des déchets, et donc on a des risques sanitaires très importants », résume Emma Haziza, hydrologue et présidente du Mayane Resilience Center sur l'adaptation climatique.

L’eau qui tombe du ciel, en revanche, peut-être récupérée et stockée, mais à certaines conditions. « Récupérer au maximum de l'eau à l'échelle de ses toitures, c'est intelligent parce qu'on va la restituer dans son jardin avec un effet retard, explique Emma Haziza. En revanche, mettre des stockages à ciel ouvert comme l'exemple des bassines qui a été particulièrement polémique en France, c'est tout simplement laisser des eaux croupissantes dans une période de réchauffement climatique où il risque d'y avoir notamment des moustiques tigres », une espèce invasive en France, vecteur de maladies.

À lire aussiInondations: des crues record et «généralisées» dans l'ouest de la France

La réussite des barrages

En revanche les barrages ont fait leurs preuves dans le monde entier. Ils permettent de réguler l'eau – et ils peuvent même aussi produire de l'électricité, et c'est une énergie renouvelable. Au Maroc, les barrages sont l'une des colonnes vertébrales de l'économie parce qu'ils servent à irriguer l'agriculture quand il ne pleut plus. Mais il a tellement plu ces derniers temps que certains barrages sont au maximum de leur capacité et qu'il faut relâcher de l'eau, ce qui crée des inondations. En France, en amont de la Seine, toute une série de lac-barrages, d'immenses retenues d'eau, permettent d'agir sur le niveau du fleuve, hiver comme été.

« Non seulement cette eau va être récupérée et peut freiner les crues à l'aval, mais qui plus est c'est vraiment une eau qui va servir à ce que l'on appelle soutenir l'étiage, c'est-à-dire permettre un débit suffisant dans des périodes notamment de sécheresse intense. Et c'est plutôt une réussite parce que ce sont des zones de biodiversité, des zones totalement protégées qui, en même temps, vont permettre de réguler ces extrêmes », décrit l’hydrologue.

Face au changement climatique qui exacerbe les phénomènes, inondations et sécheresses, des solutions d’ingénieries sont imaginées, à l’image des « autoroutes de l’eau » qui consistent à apporter l’eau là où il en manque, sachant que la moitié des fleuves sont déjà détournés. Mais un fleuve, ça se respecte.

« Lorsqu'un fleuve se crée, ou une rivière, il est accompagné par une nappe qui est située en-dessous, qui permet de réguler le cycle de l'eau à l'échelle locale, et le cycle du carbone, précise Emma Haziza. Commencer à imaginer que l'on va prendre ces cours d'eau et qu'on va les transformer en tuyaux, c'est un peu comme se dire qu’on prend un corps humain, on prend la tête et le cerveau et puis on l'amène ailleurs. Et ce n’est pas grave pour le corps, on n'en a pas besoin... Il faut respecter le cycle de l'eau, il faut l'aider à ralentir. Il faut donner le plus long chemin possible à la goutte d'eau lorsqu'elle tombe sur le sol ». Car ce qui tombe au sol est un don du ciel.

まだレビューはありません