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Y aura-t-il encore des JO d'hiver dans 50 ans?

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概要

Les Jeux olympiques de Milan-Cortina se déroulent sous la pression de la crise climatique. Le manque de neige provoqué par le réchauffement de la planète pourrait à terme menacer les compétitions de ski. Ce n’est pas la première fois que Cortina d’Ampezzo accueille les Jeux olympiques d’hiver. La station de ski des Dolomites, dans le nord de l’Italie, organisait déjà la compétition en 1956. Soixante-dix ans plus tard, des critiques se font désormais entendre sur l'impact environnemental de ces JO présentés pourtant comme « les plus responsables ». En 70 ans, la température là-bas, ou plutôt là-haut, a augmenté de 3,6°C, illustrant l’intensité du réchauffement climatique et les menaces qu’il fait aussi peser sur les Jeux olympiques d’hiver, qui ont besoin de neige et de froid. Le réchauffement climatique est généralement plus visible et plus rapide en montagne. « Ce sont des zones moins influencées par la présence de l'océan, explique à propos des Alpes françaises Carlo Carmagnola, chercheur associé à Météo France, au Centre d'étude de la neige. Il n’y a donc pas assez d’atténuation des écarts thermiques à cause des masses d’eau. Cela n’empêchera pas la possibilité d’avoir de très bonnes saisons de neige. Mais la probabilité d’en avoir est plus faible par rapport à celle d’aujourd’hui, qui est plus faible par rapport à celle des années passées. » C'est surtout en basse et moyenne altitude que la neige tend à disparaître, en dessous des 2 000 mètres. À terme, la saison des sports d'hiver devrait être raccourcie de deux mois – en 50 ans, on a déjà perdu un mois d'enneigement. À écouter aussi« Aucune évaluation environnementale stratégique »: aux JO de Milan-Cortina, la colère des écologistes De la neige par hélicoptère La situation ne devrait pas s'arranger si on n'arrive pas (ou si on n'essaie pas) à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Des chercheurs ont d'ailleurs fait le calcul : sur la trajectoire actuelle du réchauffement, parmi les 21 villes qui ont accueilli les Jeux olympiques d'hiver depuis 1924, seules quatre pourraient organiser la compétition en 2050, et même une seule en 2080, Sapporo au Japon. Face au manque de neige, les JO ont déjà expérimenté des solutions radicales, comme à Vancouver en 2010 : on était allé jusqu’à verser de la neige fraîche sur les pistes par hélicoptère… Les derniers JO d’hiver à Pékin étaient garantis 100% neige artificielle. Cette année, en Italie, on devrait utiliser quelques 2 millions de m3 d'eau pour fabriquer cette neige de production, comme on l'appelle aussi. D'immenses réserves d'eau ont dû être construites dans la montagne. Au risque d’entrer en conflit avec d’autres usages, comme l’eau potable. « On arrive à faire deux m3 de neige avec un m3 d’eau, ou un peu moins dans la pratique, puisqu’il y a des pertes. Il peut y avoir, et il y en a déjà, des tensions liées à l’eau. On bloque de l’eau, qui est ensuite restituée en bonne partie par la fonte. Mais cela change le bilan hydrologique parce qu’on la stocke », souligne Carlo Carmagnola. Les canons à neige artificielle ne seront d’ailleurs pas toujours la solution miracle : « On peut mettre des enneigeurs un peu partout mais si on n’a pas le froid pour les faire tourner, cela ne servira à rien. » 3,5 millions de tonnes de glace perdues Le bilan carbone de ces Jeux olympiques de Milan-Cortina est estimé à près d’un million de tonnes de CO2, ce qui représente, par exemple, 950 000 Paris/New York en avion. Un tel bilan pèse dans la crise climatique, et des chercheurs ont estimé que ces JO entraineraient la perte de plus de 3,5 millions de tonnes de glaciers. C’est le serpent qui se mord la queue : les JO accentuent le réchauffement climatique et aggravent donc le manque de neige dont ils souffrent. Mais dans le bilan carbone des jeux, et c'est valable pour tous les grands évènements, ce sont les transports et les infrastructures qui pèsent le plus. « Ce n’est pas tant la compétition en tant que telle, ce n’est pas tant la neige qu’on produit, c’est essentiellement le fait qu’il y ait beaucoup de gens qui bougent, qui se déplacent en avion, à quoi s’ajoute l’hébergement, etc. Si le même nombre de personnes se déplaçait et qu’on ne fasse pas de ski, l’impact CO2 serait presque identique. La question n’est donc pas les JO ; c’est la mobilité, le transport et globalement le tourisme », résume Carlo Carmagnola de Météo France. On en reparlera encore quand viendront les Jeux olympiques d'hiver 2030, en France. D'ici là, on aura peut-être gagné des médailles, et sûrement quelques dixièmes de degrés.
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