Trump et les éoliennes: pourquoi tant de haine?
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概要
Ardent défenseur des énergies fossiles, le président des États-Unis attaque les énergies renouvelables. Les compagnies pétrolières et le gouvernement américain auraient même mené une campagne d'influence au sein du parlement européen.
On s'était dit que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé ici de Donald Trump, et puis l'actualité est venue à notre secours. C’était il y a trois jours : la justice américaine, sans se prononcer sur le fond, a autorisé la reprise du chantier d’un parc éolien en mer, face à New York. Il s'agit de la cinquième décision de justice en ce sens depuis que Donald Trump a décidé de bloquer tous les projets d’éoliennes signés sous la présidence Biden.
Donald Trump a un problème avec les éoliennes. À l'origine, il y a visiblement un traumatisme indépassable : il y a 5 ans, Donald Trump n’avait pas pu empêcher la construction d’un parc éolien en mer juste en face d’un de ses terrains de golf en Écosse… Les éoliennes, il trouve ça laid. Et il l’a encore répété il y a quelques jours, dans l’une de ses déclarations sorties de nulle part. « C’est la pire et la plus chère des énergies qui existe, et l’Europe est en train de se détruire avec ces stupides éoliennes qu'elle installe partout dans ses magnifiques régions qui possèdent certains des plus beaux paysages du monde, et elles ne font que détruire… », déclarait-il en mode « de quoi je me mêle », comme il l’avait déjà fait quelques jours plus tôt au Forum économique mondial de Davos.
Domination énergétique américaineMais pour Donald Trump, il n’y a pas que la dimension esthétique qui l’intéresse, ce n’est pas qu’une question de bon goût (et on sait qu’il s’y connait). Le problème des éoliennes, c’est qu’elles ringardisent ses chéris : le pétrole et le charbon. En Europe, les énergies renouvelables (solaire et éolien) ont produit pour la première fois l’an passé plus d’électricité que les énergies fossiles. Ce qui va à l’encontre de la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis, adoptée il y a quelques semaines. « L'objectif aujourd'hui de l'administration Trump et de Donald Trump est d'asseoir la domination énergétique. C'est un terme qui est repris dans cette Stratégie nationale de sécurité et donc de s'assurer que l'industrie fossile américaine ait des débouchés. Et c'est en ce sens que Donald Trump se prononce contre les énergies renouvelables en Europe », décrypte Swann Bonnier, le directeur du plaidoyer de l’association écologiste française Bloom.
Lobbies et ingérenceUne forme d’ingérence qui s’est concrétisée récemment au Parlement européen, selon les accusations publiées ce matin par Bloom, quand une alliance entre la droite et l’extrême droite a vidé de sa substance la directive sur le devoir de vigilance des entreprises – un texte qui engage les entreprises à prévenir notamment les atteintes à l’environnement et à respecter l’engagement européen de neutralité carbone en 2050. « On a eu tout au long de l'année 2025 une offensive concertée des lobbies de l'industrie fossile américaine et de l'administration Trump pour torpiller le devoir de vigilance. Certaines de ces entreprises se sont alliées dans une alliance qui réunissait ExxonMobil, Chevron, mais aussi TotalEnergies. Et ensemble, ces entreprises portaient auprès des parlementaires une stratégie selon laquelle le Parlement européen devait détruire le devoir de vigilance dans une alliance de droite et d'extrême droite, ce qui était du jamais vu », détaille Swann Bonnier.
L’ONG Bloom pointe en particulier le rôle joué par le rapporteur parlementaire de cette directive, l’eurodéputé suédois de droite Jorgën Warborn, un homme qui a multiplié les contacts avec le lobby pétrolier. « Jürgen Warborn a été le relais, le cheval de Troie des entreprises américaines et de l'ingérence américaine, puisqu'il a repris à son compte leur stratégie », accuse encore Swann Bonnier. L’union des droites se porte bien, l'internationale climatosceptique aussi, la planète sûrement un peu moins.