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Pourrait-on vivre sans pétrole?

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概要

Que serait un monde sans hydrocarbure ? Le pétrole est partout. L'économie pourrait-elle fonctionner sans cet or noir dont l'humanité est dépendante depuis plus d'un siècle et demi ? Ce serait un film de science-fiction, une dystopie, un scénario-catastrophe dans un monde se réveillant un matin sans plus aucune goutte de pétrole. Que serait notre vie si le pétrole disparaissait complètement ? Sachant que le pétrole est responsable d’un tiers des émissions de CO2, la crise climatique serait presque réglée… Mais pour le reste, il n’y aurait plus de transport, on ne pourrait plus travailler, ce serait très vite la pénurie alimentaire, plus de médicament non plus… bref, le chaos. « On serait bien embêté, sourit Matthieu Auzanneau, le directeur de The Shift Project, un groupe de réflexion qui travaille sur la décarbonation de l’économie. Tout s’arrêterait en fait. Le pétrole, c’est ce qui permet de faire circuler le sang dans tout l’organisme économique mondial. Ce serait un cataclysme. À part pour quelqu’un qui vivrait en ermite, et encore : il serait content d’avoir des vêtements polaires bien chaud qui sont en général des dérivés de pétrole. Il y a très très peu d’activités humaines qui ne sont pas très directement ou indirectement liées au pétrole ». Oui, il y a du pétrole dans nos vêtements : les tissus synthétiques sont fabriqués avec du pétrole, et même pour produire un tee-shirt 100% coton bio, on a besoin d’hydrocarbure. Sans pétrole, pas de shampoing. Pour manger, il faut du pétrole : entre les engrais, les tracteurs, les pesticides et le transport, la nourriture consommée par une personne en une année représente 1 500 litres de pétrole. Même pour fabriquer une voiture électrique il faut du pétrole. En fait, depuis le milieu du XIXe siècle, nous sommes totalement accros. La désintoxication prendra du temps Pour autant, pourrait-on pourrait se passer de l'or noir ? La majorité du pétrole consommé aujourd’hui, c’est pour le transport (les voitures, les avions et les bateaux). Alors oui, on peut consommer moins de pétrole, sans revenir à l’âge de pierre, sans changer son mode de vie, il faut juste envisager une société plus douce et plus paisible. Voyager moins, acheter moins... « Il n’y a pas une fonction technique qui ne peut pas être remplacée par autre chose, assure Mathieu Auzanneau. Vous pouvez faire du plastique et des engrais avec autre chose que des hydrocarbures. Vous pouvez faire voler des avions avec des biocarburants. Ce n’est pas un problème de qualité, mais de quantité. Cela veut dire qu’il faut s’organiser pour avoir besoin de moins d’engrais, moins de carburant. Cela suppose simplement des politiques industrielles audacieuses. Mais tout est possible en fait ». Continuer à faire de la prospection pétrolière a-t-il alors un sens ? En France, un sénateur macroniste a déposé une proposition de loi discutée ce jeudi pour autoriser de nouveau l’exploitation pétrolière en Outre-mer, et en particulier en Guyane, pas loin des gisements vénézuéliens convoités par Donald Trump. C’est contre le sens de l’histoire. Simplement, se passer de pétrole, se désintoxiquer, va prendre du temps. Même le Giec, dans ses scénarios sur le réchauffement climatique, n'envisage pas un monde sans pétrole. C’est pour ça qu’on parle de transition écologique. « Pour éviter le chaos, on a besoin qu’il y ait de l’essence dans les stations-service. Sinon c’est la guerre civile, estime Matthieu Auzanneau. Donc tant qu’on a besoin de pétrole, il faut bien des puits de pétrole. Je ne dis pas qu’il faut relancer la prospection en France. Symboliquement, c’est un très mauvais message à envoyer. En revanche, ce serait se faire des illusions de se dire que la décarbonation de la société commence et se termine par arrêter de pomper du pétrole. Ça commence et ça se termine en réalité par s’organiser différemment. Le problème, ce n’est pas le buraliste, c’est le fumeur. Tant que le fumeur a besoin de cigarettes, heureusement qu’il y a des clopes chez les buralistes ». Le tabac, c’est comme le pétrole, c’est mauvais pour la santé. À lire aussiAllons-nous réussir à nous passer des énergies fossiles ?
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