Pourquoi le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable en Afrique de l'Ouest?
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概要
Les Nations unies mettent l'accent sur l'élevage nomade, en décrétant 2026 année internationale du pastoralisme. Cette pratique ancestrale permet de lutter contre la désertification et de protéger la biodiversité.
C’est l'un des plus vieux métiers du monde, apparu il y a des milliers d'années avec la domestication des premiers animaux, et aujourd'hui encore il fait vivre plusieurs centaines de millions de personnes partout sur la planète, dans les territoires souvent les plus arides, là où rien ne pousse ou presque, à part des chèvres. L’élevage nomade est mis en avant cette année par les Nations unies qui ont décrété 2026 année internationale du pastoralisme. « Le pastoralisme ne saurait être un vestige du passé, confirme Tamsir Mbaye, de l'ISRA, l'Institut sénégalais de recherches agricoles. C’est un système qui structure des territoires, qui protège des écosystèmes, mais surtout qui nourrit des populations. Fragiliser cette activité, c’est affaiblir notre sécurité alimentaire. » En Afrique de l’Ouest, dans la zone sahélienne en particulier, le pastoralisme nourrit ainsi des millions de personnes.
Le pastoralisme permet de se nourrir, également de se vêtir. Il est aussi un allié de la biodiversité. Il permet de lutter contre la désertification, de restaurer les sols grâce au passage des animaux – certaines herbes aiment bien qu'on les piétine. Ces animaux, comme vous et moi, font aussi caca, ce qui vaut presque de l'or. « Les déjections animales contribuent à enrichir naturellement les sols. C’est un fertilisant gratuit, recyclé sur place, souligne Tamsir Mbaye. Le pastoralisme contribue aussi à la lutte contre la désertification, en permettant de conserver des paysages ouverts, riches en espèces animales et végétales. Les troupeaux jouent un rôle-clé dans le transport des graines », et cela de deux manières. D'abord dans les excréments - on y revient toujours... Les graines voyagent aussi en s'accrochant aux poils des chèvres ou des moutons. C'est d'ailleurs en s'inspirant d'une de ces graines qu'on a inventé le velcro, les fameux scratchs.
Un modèle menacéMais le pastoralisme est aujourd'hui confronté au changement climatique qui perturbe le cycle des pluies, modifie les saisons d'une certaine manière. « L’assèchement des points d’eau est de plus en plus rapide », constate Tamsir Mbaye, coordinateur du Pôle pastoralisme et zone sèche (une coopération franco-sénégalaise), qui pointe aussi « la raréfaction des pâturages, tant en quantité qu’en qualité avec l’avènement d’herbes de mauvaise qualité, comme Diodia scandens », qu'on appelle njoja sur place, une mauvaise herbe, envahissante, qui peut être mortelle pour les vaches.
Le pastoralisme est menacé, et pas que par le changement climatique. Son espace rétrécit, en concurrence avec les terres agricoles. Les barrières humaines se multiplient, alors que la transhumance existait bien avant l'invention des frontières. On a aussi tendance à se méfier des nomades et il y a parfois des conflits... Mais malgré une image un peu archaïque, le pastoralisme est un modèle d'agriculture durable, et d'ailleurs cela fait 10 000 ans que ça dure.