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Trente ans après le dernier essai nucléaire français, quels effets sur la santé et la biodiversité?

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概要

La France a toujours sous-estimé, voire nié, les conséquences de ses essais nucléaires en Algérie et en Polynésie française. Le monde entier porte encore aujourd'hui la trace des essais réalisés par toutes les puissances nucléaires. C’était il y a tout juste 30 ans, le 27 janvier 1996 : la France effectuait son dernier essai nucléaire réel dans le Pacifique. L’histoire des essais nucléaires français, d’abord en Algérie, puis en Polynésie française, est celle d’un long mensonge d’État. Un mensonge répété encore par Jacques Chirac en 1995, quand il annonce, à la surprise générale, la reprise des essais en Polynésie, cinq ans après le moratoire décidé par François Mitterrand. « Vous savez que ces essais se passent dans le Pacifique-Sud, qu’ils ont lieu dans des conditions, euh, où, sans entrer dans des polémiques, il n’y a strictement aucune conséquence écologique », osait déclarer le président français, responsable d’une crise diplomatique majeure avec de nombreux pays du Pacifique, Australie et Nouvelle-Zélande en tête. Évidemment il n’en est rien : les essais nucléaires ont bien eu des conséquences sanitaires et environnementales. Entre 1960 et 1996, la France a réalisé plus de 200 essais nucléaires, tous dans des territoires colonisés : 17 en Algérie (dont certains après l’indépendance algérienne), et 193 en Polynésie (dont 46 dans l’atmosphère, le reste souterrains). Ce sont évidemment les essais réalisés en plein air qui sont les plus dangereux : les particules radioactives sont dispersées par les vents, et tout ne se passe pas toujours comme prévu. Ce fut le cas par exemple lors du dernier essai atmosphérique, tiré au-dessus de l’atoll de Mururoa, en 1974, l’essai Centaure. À lire aussiLes secrets des essais nucléaires français dévoilés Vingt-trois maladies « Au lieu de partir vers l’Est, le nuage radioactif est parti en direction de l’Ouest, directement vers l’île de Tahiti qui abritait la plus grande population, plus de 80 000 personnes, raconte Sébastien Philippe, professeur d’ingénierie nucléaire et physique à l’université du Wisconsin, aux États-Unis, et co-auteur d’une livre-enquête, Toxique, révélant il y a cinq ans, à partir de nombreux documents déclassifiés, le scandale sanitaire et environnemental des essais nucléaires français. Ce qu’on a pu démontrer, c’est qu’à l’époque toutes les personnes ont pu recevoir des doses supérieures au seuil d’exposition du public. Les risques étaient très bien connus, les retombées mesurées et les mesures ont été cachées au public. À l’époque, c’est "loin des yeux, loin du cœur », ironise-t-il. La quasi-totalité de la population polynésienne a subi des retombées radioactives, cancérogènes. Une liste de 23 maladies liées à la radioactivité a été établie. Le problème, c’est que les autorités françaises ont toujours avancé des taux de radioactivité jusqu’à 10 fois moins importants que la réalité, avec des conséquences pour l’indemnisation des victimes. Seulement un millier de victimes ont été reconnues, mais une proposition de loi arrive au parlement, avec des critères réévalués. Sur les essais en Algérie, la loi du silence est encore plus forte, alors que le parlement algérien, en votant une loi en décembre dernier sur la criminalisation de la colonisation française, demande des réparations pour les victimes algériennes. Sangliers radioactifs Ces essais nucléaires ont aussi entraîné des conséquences pour l’environnement. Quand on fait exploser une bombe 100 fois plus puissante que celle d’Hiroshima, le vivant disparait. « Sur les sites de tirs, il est clair que tout ce qui était à la surface de l’atoll, à l’intérieur du lagon, que ce soit la faune ou la flore, a été complètement décimé », souligne Sébastien Philippe. Les retombées radioactives ne sont d’ailleurs limitées ni dans le temps ni dans l’espace, comme une bombe à retardement. En Polynésie, le traumatisme est tel que des femmes ne veulent pas avoir d’enfants, de peur de leur transmettre des maladies. La puissance des essais souterrains a aussi provoqué des fractures dans les atolls. L’une d’elles est particulièrement surveillée, parce qu’en cas d’effondrement une vague engloutirait l’île la plus proche, habitée. À l'échelle mondiale, plus de 2 000 essais ont été réalisés par toutes les puissances nucléaires, et partout, on en trouve des traces encore aujourd’hui. Dans la nature, on a notamment mesuré de la radioactivité sur les carapaces de tortues et sur des sangliers en Allemagne. « Encore aujourd’hui, on peut le mesurer dans le sol, dans des troncs d’arbres, dans du vin, dans des abeilles, souligne Sébastien Philippe. C’est un peu partout. C’est une contamination qui est faible mais qui est là, qui fait de partie de ...
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